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Par Elodie Dalloo
12 février 2026 11:13
Lors de l’audience précédente, qui s’était tenue le 22 janvier, leur absence du tribunal avec suscité de vives réactions. Cités comme témoins dans l’affaire John Mick Martingale, cinq gardiens de prison, dont trois membres de la Prison Security Squad (PSS), avaient manqué à l’appel malgré une convocation officielle. Le magistrat avait donc averti que s’ils ne se présentaient pas à la prochaine séance, ils pourraient être sanctionnés pour outrage à la cour. Ce jeudi 5 février, les travaux de l’enquête judiciaire instituée pour faire la lumière sur la mort suspecte du détenu John Mick Martingale, retrouvé pendu dans sa cellule à la prison de Beau-Bassin en septembre 2024, ont enfin pu se poursuivre avec l’interrogatoire du gardien de prison Kritish Ghoorah.
Questionné par Me Ricky Bhookun, Senior State Councel, le Prison Officer a fait la chronologie des événements survenus le jour où John Mick Martingale a été retrouvé mort. Il a indiqué qu’il effectuait une patrouille aux alentours de 20h30 lorsqu’il a surpris le jeune homme avec un cellulaire. Lors de la fouille de sa cellule, la victime n’aurait opposé aucune résistance et leur aurait remis l’appareil. Il n’aurait montré aucune trace de violence physique ou morale. Le gardien de prison a aussi tenu à préciser que la victime lui avait déjà fait part de son envie de se suicider auparavant, ne souhaitant pas être détenu dans le punishment ward après que des cigarettes ont été trouvées en sa possession.
John Mick Martingale, rappelons-le, avait été appréhendé à l’aéroport le 29 octobre 2022 alors qu’il rentrait de Belgique. Deux Ukrainiennes, sur lesquelles avait été saisie de la cocaïne liquide équivalant à Rs 40 millions, avaient déclaré avoir agi à sa demande. Détenu à la prison de Beau-Bassin depuis, il se serait donné la mort dans sa cellule en septembre 2024. Bien que l’autopsie du Dr Ananda Sunnassee, médecin légiste de la police, a conclu à une asphyxie par pendaison, les proches du trentenaire ont entamé des démarches pour une contre-autopsie, refusant de croire qu’il s’était suicidé. Les services du médecin légiste sud-africain Sipho Mfolozi ont donc été sollicités et son rapport a fait état de traumatismes contondants, d’une obstruction des voies respiratoires et d’une compression du cou, laissant supposer que la victime serait morte par étouffement.
Présent au tribunal, Me Rama Valayden, l’avocat de la famille, déplore n’avoir pas reçu le rapport du médecin légiste Ananda Sunnassee jusqu’ici. Il s’insurge également contre un autre fait : «Monn rod koz de-trwa kestion me bann-la finn dir mwa li pa posib (…) Le Directeur des poursuites publiques doit permettre à l’avocat de la famille de poser des questions ; il s'agit de la vie de quelqu’un. Kifer zot pe zwe kasiet avek sa bann zafer-la ? Li kontrer a lord de transparans.» Les travaux se poursuivront le 19 février.
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