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We-Recycle lance Plastiloop

Un projet innovant au service du recyclage

7 février 2026

Cela fait dix ans que l'association est à l'oeuvre pour promouvoir le tri des déchets et la collecte des plastiques.

Réduire la pollution en donnant une seconde vie au plastique. C’est l’objectif de l’association We-Recycle qui lance PlastiLoop, un projet de micro-usine mobile visant à recycler des plastiques post-consommation contaminés, tout en sensibilisant le public au recyclage et à une consommation plus responsable.

Depuis 2016, We-Recycle se spécialise dans la collecte de plastiques recyclables et de cannettes destinés au recyclage. L’ONG poursuit plusieurs missions : promouvoir le recyclage à Maurice, éviter que Mare-Chicose, l’unique dépotoir de l’île, ne soit submergé, encourager une île Maurice durable et sensibiliser la population à l’importance du tri des déchets. Cette année, cela fait donc dix ans que We-Recycle multiplie les actions pour mener sa mission à bon port. Si tout a commencé avec un 4x4 et un trailer à collecter les plastiques recyclables de quelques bennes dans le district de Rivière-Noire, le réseau s’est vite agrandi avec les poubelles de la région ouest, d’autres bennes publiques et, en 2022, l’extension à collecter des poubelles du district de Savane et à travers Maurice.

Au-delà de la collecte, We-Recycle a une vraie présence sur le terrain, étendant ses activités à la sensibilisation et à l’éducation, nous explique Stéphanie Jacquin, la responsable de l’ONG. «Nous avons commencé à faire de la sensibilisation dans les entreprises, dans les collèges et, dernièrement, dans les écoles primaires. Donc, ces quatre dernières années, nous avons été régulièrement présents pour sensibiliser les Grades 5 et 6. Nous avons aussi un programme pour les écoles secondaires qui est dédié aux plastiques et un programme plus poussé pour l’éducation tertiaire et les entreprises. Au cours de ces dernières années, on a fait des efforts pour aller vers les communautés vulnérables et leur parler des problèmes causés par une mauvaise gestion des déchets, notamment les déchets plastiques, et tous les soucis que cela peut causer à l’environnement et à la santé.»

Au fil des années, We-Recycle a consolidé sa crédibilité et son expertise, collaborant désormais avec des institutions publiques et des partenaires privés, participe à des comités gouvernementaux sur la gestion des plastiques et l’économie circulaire, et contribue activement à des initiatives nationales pour une île Maurice plus durable. «Nous avons le soutien du ministère de l’Éducation. Il y a deux ans maintenant, nous avons été choisis pour siéger sur le Plastic Management Committee du ministère de l’Environnement. Nous avons aussi été sélectionnés pour faire partie du comité technique sur l’économie circulaire du Mauritius Standard. Et nous sommes signataires du Global Tourism Plastic Initiative depuis fin 2024.»

Autant de chemin parcouru en dix ans qui conforte l’équipe de We-Recycle dans le bien-fondé de ses actions. C’est fort de cela que, dans le cadre de son 10e anniversaire, l’association a décidé d’aller encore plus loin dans son engagement en mettant sur pied un projet innovant qui porte le nom de PlastiLoop. Il s’agit d’une micro-usine qui a pour objectif de transformer les emballages plastiques post-consommation contaminés en PEHD et polystyrène (bouteilles Yop, bouteilles Perette, petits pots de yaourt) en matières premières utilisables, bouclant ainsi la boucle de l’économie circulaire locale, mais aussi de sensibiliser à la consommation durable, aux bonnes pratiques de tri des déchets et au recyclage des plastiques, en permettant aux visiteurs d’observer les opérations de la micro-usine.

Pour financer cet important projet, une campagne de levée de fonds est actuellement en cours sur la plateforme Small StepMatters. We-Recycle a besoin de Rs 385 000 pour financer l’achat d’un générateur qui lui permettra d’être mobile pour opérer la micro-usine qui se trouvera dans un conteneur placé dans différents endroits du pays. «Nous faisons appel à la générosité du public pour acquérir un générateur. Cela permettra à notre micro-usine de fonctionner et de se déplacer pour aller à la rencontre du public. Toute contribution est la bienvenue, et nous invitons les Mauriciens à soutenir cette initiative. Si une entreprise souhaite s’impliquer pour rendre la micro-usine pleinement opérationnelle, nous serions ravis de compter sur son appui via ce crowdfunding.»

Une micro-usine

L’initiative, explique Stéphanie Jacquin, remonte à 2024. «Au tout départ, nous avions établi une relation avec Maurilait qui souhaitait mettre une benne de tri pour certains de ses packagings, notamment les Yop et les Perettes, afin de les récupérer pour les faire entrer dans le système de recyclage. Donc la première benne de tri a été posée à Cœur-de-Ville-Tamarin, et comme nous sommes déjà collecteurs là-bas, donc il était tout naturel que nous travaillions en collaboration avec Maurilait et avec Cœur-de-Ville pour la collecte de ces petits packagings.»

Après quelques collectes, le projet s’est toutefois heurté à une contrainte importante. «Aucun recycleur n’a voulu prendre ces petits packagings parce qu’ils contiennent encore des résidus de produits laitiers, donc c’est du plastique contaminé. Du coup, c’est des contraintes supplémentaires pour enlever ça des bouteilles et faire entrer le plastique dans le recyclage. On s’est retrouvés avec une certaine quantité de bouteilles de Yop et de Perette et on ne savait pas trop ce qu’on pouvait en faire puisqu'aucun recycleur ne voulait les prendre.»

Après discussions avec l’équipe de Maurilait, une idée a pris naissance : avoir une petite station de lavage pour au moins essayer de rendre les containers un peu plus propres et retirer les étiquettes et l’aluminium. «C’était resté au stade de discussion jusqu’à la visite de Plastic Odyssey en avril 2025. La venue de l’équipe a précipité un peu le projet avec le soutien technique de Plastic Odyssey auquel Maurilait a fait appel. Donc, on a pu établir une petite chaîne de production, soit une séquence pour opérer le broyage, le nettoyage... Et voilà, Maurilait a mis une équipe sur pied pour travailler sur la micro-usine. We-Recycle a fait don d’un de ses conteneurs et plusieurs partenaires se sont joints au projet : Pen Recycling qui a fourni des équipements seconde-main, dont une machine à laver pour le séchage ; High Technolab qui a mis des portes et des fenêtres dans le conteneur ; Mutopia Limited qui a apporté un soutien relationnel et technique en faisant la mise en relation entre Plastic Odyssey et Maurilait. Aujourd’hui, PlastiLoop répond à un besoin urgent.»

«PlastiLoop a toute sa place dans le paysage local, car avec cette micro-usine qui va permettre de recycler des déchets contaminés, notamment dans la station de lavage avec un système de flottement, on est capable de récupérer le plastique du packaging, alors que les étiquettes et l’aluminium broyés coulent au fond du bassin d’eau. C’est une petite révolution dans le sens où on arrive à faire à petite échelle un traitement qui permet de récupérer des plastiques qui, autrement, finiraient dans le dépotoir.»

PlastiLoop, poursuit Stéphanie Jacquin, se distingue de deux façons par rapport aux initiatives de recyclage existantes. «Premièrement, ce n’est pas une unité de recyclage à grande échelle. Le broyeur et la station de lavage permettent de traiter de petites quantités de plastique. On ne peut pas traiter des plastiques qui ont été utilisés pour stocker des produits chimiques dangereux. On pourra traiter uniquement des plastiques ayant contenu des produits alimentaires, éventuellement des produits cosmétiques ou de nettoyage pas dangereux. Et l’idée aussi, avec cette micro-usine, c’est de l’utiliser comme un outil pédagogique et de démontrer qu’avec des technologies assez simples, on peut quand même recycler un peu plus que ce qu’on fait aujourd’hui.»

Tout l’intérêt est de pouvoir éviter que ces déchets se retrouvent à Mare-Chicose en faisant en sorte qu’ils retrouvent une deuxième vie. «Il existe désormais une solution pour recycler les yaourts à boire et les petits pots de yaourt : il ne faut plus les jeter dans la poubelle ordinaire, mais les déposer pour le tri et le recyclage. L’idée est de réduire la présence de plastique recyclable dans les dépotoirs et la nature, tout en montrant qu’il est possible de donner une deuxième vie au plastique pour créer des objets utiles. Ce plastique peut également servir d’outil pédagogique pour sensibiliser aux possibilités du recyclage et à l’impact environnemental de la production de déchets.»

Pour Stéphanie Jacquin, cette démarche invite aussi à réfléchir à la façon de consommer. Face à la surconsommation, dit-elle, il est essentiel de penser dès le départ à la manière de gérer les objets et emballages une fois qu’ils ne sont plus utiles, et ainsi promouvoir une consommation plus responsable.

**Comment soutenir l'initiative ? **

Seule plateforme de financement participatif mauricienne dédiée uniquement aux projets à but non lucratif, Smallstepmatters.org a fait du développement durable l'une de ses priorités au fil des 10 dernières années. Reconnue comme institution charitable, Small Step Matters soutient des citoyens et des associations et permet à des donateurs individuels et des entreprises (avec leur contribution CSR) de participer ensemble à des levées de fonds en ligne en temps limité. 

Vous pouvez ainsi y contribuer au projet de PlastiLoop comme suit :

Par Juice : Small Step Matters est accessible facilement via Pay a Merchant. Merci de spécifier la référence suivante avec la donation : PlastiLoop 

Numéro de compte MCB - Small Step Matters : 000444289887. Ref : PlastiLoop 

Numéro de compte IBAN pour les donations depuis l’étranger : MU59MCBL0944000444289887000. Ref : PlastiLoop 

Pour les contributions CSR, contact entreprises : manager@smallstepmatters.org

Chaque roupie compte pour opérer cette micro-usine le plus rapidement possible ! 

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