J–4

Publicité

Mpox : une circulation sous surveillance

2 mai 2026

Selon les données consolidées de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 54 800 cas confirmés de Mpox et 221 décès ont été recensés à l’échelle mondiale entre janvier 2025 et janvier 2026.

Ces derniers mois, le Mpox poursuit une circulation contrastée à l’échelle mondiale, avec des foyers actifs notamment en Afrique et des cas sporadiques ailleurs. À Maurice, des cas importés rappellent la vigilance nécessaire. Dans ce contexte, les lieux très fréquentés, comme les espaces de travail, imposent des précautions pour limiter toute transmission.

Ce sont quatre lettres dont on entend beaucoup parler ces derniers temps. Le Mpox, longtemps relégué à des zones endémiques d’Afrique centrale et longtemps surnommé «variole du singe», continue de dessiner une géographie sanitaire contrastée. Les symptômes du Mpox incluent fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires et ganglions enflés. Une éruption cutanée apparaît ensuite, avec des lésions ou pustules sur le visage, les mains ou le corps. Des frissons et un malaise général peuvent accompagner ces signes avec parfois des douleurs dorsales et des démangeaisons qui surviennent.

Si la flambée mondiale de 2022 appartient désormais au passé, les derniers mois confirment une réalité plus nuancée : celle d’un virus qui circule toujours, à bas bruit dans certaines régions, mais avec des poussées localisées qui inquiètent les autorités sanitaires. Les instances internationales parlent ainsi d’une dynamique mondiale encore active. Entre janvier 2025 et janvier 2026, plus de 54 800 cas confirmés et 221 décès ont été recensés à l’échelle mondiale, selon les données consolidées de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon les données officielles, une majorité de ces infections (environ 66 %) se concentre toujours sur le continent africain, berceau historique de la maladie, où le virus – notamment le clade Ib – continue de circuler activement. Et si la tendance globale est à une légère baisse dans certaines régions, l’épidémie reste loin d’être maîtrisée. Ainsi, depuis 2023, une nouvelle vague liée à ce clade plus préoccupant a provoqué des dizaines de milliers de cas, principalement en Afrique centrale. D’une région à une autre, les autorités sanitaires veillent.

En Europe, une circulation faible mais persistante a été notée. Entre août 2024 et février 2026, plus de 185 cas de clade Ib ont été recensés dans l’Union européenne. Ces derniers mois, la Suisse a fait face à une circulation limitée mais persistante du virus. Les autorités sanitaires décrivent ainsi une situation globalement stable, marquée par des cas sporadiques, mais un signal plus récent retient l’attention : l’apparition du clade Ib, un variant plus préoccupant. Depuis fin 2025, plusieurs pays comme la France, l’Espagne ou le Portugal signalent une reprise modérée des contaminations, signe que le virus continue de circuler en arrière-plan.

Selon les derniers chiffres, le continent africain reste l’épicentre du Mpox. Des pays comme la République démocratique du Congo, l’Ouganda ou le Burundi concentrent une large part des cas, même si une tendance à la baisse est observée. Mais, selon les professionnels de la santé, cette amélioration relative ne doit pas masquer les fragilités structurelles : accès limité aux tests, systèmes de santé sous pression, campagnes de vaccination encore incomplètes. Le virus continue ainsi de se diffuser dans plusieurs pays, parfois de manière silencieuse.

Les autorités veillent

À Madagascar, le pays comptait déjà près de 800 cas confirmés début 2026, avec une propagation dans la majorité de ses régions. Cette situation alimente les inquiétudes dans toute la zone de l’océan Indien, en raison des flux de population et des échanges fréquents. À La Réunion, le virus a refait surface début 2026. Entre janvier et mars, environ sept cas ont été recensés, dont plusieurs importés directement de Madagascar. Certes, si le Mpox n’est plus une urgence mondiale comme en 2022, il demeure une menace sanitaire réelle. Selon des organismes de santé mondiale, la coexistence de foyers actifs en Afrique, de résurgences en Europe et d’extensions régionales, comme dans l’océan Indien, rappelle une leçon essentielle : dans un monde connecté, aucun virus ne reste longtemps confiné. La vigilance doit ainsi être de mise.

Et à Maurice, les autorités veillent au grain. Deux cas confirmés ont été enregistrés dans l’île en avril. Selon les autorités, il s’agit de cas importés, tous deux liés à des voyageurs revenant de Madagascar, actuellement un foyer actif dans la région. Comme la densité de personnes joue un rôle, les lieux de travail peuvent favoriser la transmission dans certaines conditions, ce qui explique l’importance de s’en protéger. Le Dr Shahil Dawreeawoo, M.D., MSc OH (UK), Occupational Health Physician et médecin du travail, conscientise sur la nécessité de prendre des précautions sur les lieux de travail.

«Le Mpox est une maladie infectieuse virale qui se transmet principalement par contact étroit, direct et prolongé avec une personne infectée ou des objets contaminés. En milieu professionnel, le risque de transmission reste faible dans les environnements de bureau courants, mais peut augmenter dans les situations impliquant un contact physique, le partage d’objets contaminés et des pratiques d’hygiène inadéquates», explique le médecin.

Pour lui, la transmission du virus sur le lieu de travail peut être évitée : «Le risque est faible dans les environnements de bureau classiques, mais il augmente en cas de contact direct, d’exposition prolongée et de pratiques d’hygiène insuffisantes. Une approche structurée de la santé au travail, combinant contrôle de l’exposition, protection et surveillance sanitaire, est essentielle pour protéger les travailleurs et maintenir la sécurité sur le lieu de travail…»

*«Le risque d’infection dépend de l’intensité et de la durée du contact, ainsi que des conditions d’hygiène*», souligne le Dr Shahil Dawreeawoo.

Dans le contexte actuel, avec des cas qui ont été répertoriés dans l’île ces derniers temps, les objectifs actuels sont de prévenir la transmission du virus, définir les niveaux de risque d’exposition, mettre en œuvre des mesures efficaces de prévention et de contrôle des infections, assurer une surveillance sanitaire appropriée des travailleurs exposés et guider les décisions relatives à l’aptitude au travail : «Le Mpox est principalement une infection transmise par contact et n’est pas considérée comme transmissible par voie aérienne dans des conditions de travail courantes. Les modes d’exposition sont : contact direct peau à peau avec des lésions, contact avec des liquides biologiques, contact avec des objets contaminés tels que les vêtements, serviettes, équipements, et exposition prolongée en face à face (gouttelettes respiratoires).»

Selon le Dr Dawreeawoo, les risques sont élevés en cas de contact direct avec des lésions ou des liquides biologiques sans PPE (Personal Protective Equipment), de manipulation de matériel contaminé sans protection, de contact physique étroit ou d’exposition à risque modéré : proximité prolongée (< 1 mètre), espace de travail partagé ou réunions prolongées dans des espaces clos, notamment. «Le risque d’infection dépend de l’intensité et de la durée du contact, ainsi que des conditions d’hygiène, et non simplement de la présence sur le même lieu de travail», précise le médecin.

Et quelles sont les mesures immédiates à prendre après l’identification d’un cas ? «Il faut isoler immédiatement le cas suspect ou confirmé, orienter la personne vers un hôpital ou un établissement de santé approprié avec une note médicale, informer le médecin du travail, le responsable de la sécurité et de la santé et la direction. Il est aussi important d’effectuer la recherche des contacts sur le lieu de travail. Il faut également procéder au nettoyage et à la désinfection des zones touchées», ajoute le Dr Shahil Dawreeawoo tout en énumérant les mesures de protection : «Il faut respecter une hygiène des mains rigoureuse, éviter tout contact direct avec les lésions suspectes, utiliser un équipement de protection individuelle approprié lorsque cela est nécessaire, par exemple des gants en cas d’exposition par contact et un masque médical lors d’interactions étroites…»

Selon le médecin du travail, il est conseillé d’instaurer des mesures d’hygiène sur le lieu de travail : *«Il est nécessaire de mettre en place une politique interdisant les poignées de main, d’encourager les salutations sans contact, de veiller au nettoyage et à la désinfection fréquents des surfaces fréquemment touchées : bureaux, poignées de porte, claviers, téléphones, boutons d’ascenseur. Il est aussi conseillé de mettre à disposition des installations adéquates pour l’hygiène des mains : savon, eau, gel hydroalcoolique. Il est également recommandé d’éviter de partager des objets personnels tels que les serviettes, vêtements, téléphones ou encore les fournitures de bureau, entre autres mesures… *»

Car, même si la situation n’est pas alarmante, selon le médecin, prévenir,c’est guérir…

Publicité