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Brigitte Michel : «Les associations comme AILES ont leur raison d’être»

10 ans ! Dix années depuis que l’ONG AILES (Aides, Infos, Libertés, Espoirs et Solidarité) opère. Exposition de photos, témoignages de bénéficiaires, lancement  d’un carnet de santé à l’intention des bénéficiaires, animation musicale et cocktail ont marqué cet anniversaire célébré le 6 décembre dernier. Brigitte Michel, la responsable, revient sur son engagement et sur ces années de combat.

Quand vous regardez dans le rétroviseur du passé, comment pouvez-vous résumer les dernières dix années ?

 

En 2009, au tout début du mouvement AILES, nous n’étions pas très confiants de la durée et de l’impact du travail que nous allions effectuer.  En 2019, nous sommes plus que  jamais convaincus que nous sommes une organisation utile et que nous avons notre raison d’être.  Les populations vulnérables ont besoin d’organisations comme la nôtre pour les aider à accéder aux traitements et aux droits.

 

Quels ont été vos trois plus beaux moments de ces années de combat ?

 

En 2014, notre projet de Home Based Care for People Living with HIV a été validé par le DCP/EU. Ce projet est devenu notre programme et le plus beau combat que nous avons mené jusque-là.  Ces fonds nous ont permis d’aller à la rencontre des personnes séropositives, là où elles sont et de les aider à devenir autonomes. 

 

Nous avons acquis de la formation et grâce à ces fonds, nous sommes plus forts et équipés pour lutter contre les injustices et les inégalités auxquelles font face les personnes séropositives. Nous avons aussi été très contents de la réintroduction du programme de la méthadone annoncée par le Dr Husnoo car ce programme permet aux usagers de drogues d’avoir accès à un traitement fiable et de reprendre une vie normale.

 

Et votre plus grand regret ?

 

Quand l’ex-ministre de la Santé avait arrêté le programme sur la méthadone. La stigmatisation et la discrimination auxquelles font face les populations vulnérables les font fuir le traitement.  Nous avons eu 18 décès en 2018 et 28 décès en octobre 2019. Le stigmatisme et la discrimination empêchent les personnes séropositives d’aller vers le traitement et elles meurent chez elles, ne pouvant supporter d’être ignorées et rejetées. Pourtant, il y a des médicaments qui sont faciles à prendre et qui peuvent rendre la personne indétectable.  Je regrette le décès de nos militants Yassine, Covilen et Anjou, morts au combat.

 

Comment s’annonce cet anniversaire spécial ? Quelles sont les activités qui seront organisées ?

 

Nous pensons que nous devons rendre hommage à toutes ces personnes avec lesquelles nous travaillons, aux personnes qui nous ont quittés, aux bailleurs qui nous ont soutenus pendant des années, au staff et volontaires, etc.  Nous prévoyons entre autres de faire une exposition de photos, allant de 2009 ­­– année où nous avons commencé – à 2019. Nous prévoyons aussi le lancement d’un carnet de santé qui permettra aux personnes séropositives de connaître le nom de leur ARVs, le taux de CD4 et la charge virale, leurs dates de rendez-vous, entre autres.

 

Qui dit anniversaire, dit vœux… Que peut-on souhaiter à l’ONG ?

 

Que les objectifs d’UNAIDS 90-90-90 soient atteints, c’est-à-dire, 90% de personnes testées, 90% de personnes traitées et 90% de personnes indétectables. Que le personnel hospitalier traite les populations vulnérables avec humanité et respecte leur droit. Je parle là des usagers de drogues, des personnes vivant avec le VIH et des travailleuses du sexe. Souhaitons aussi que la communauté des usagers de drogues et personnes vivant avec le VIH continuent à nous faire confiance et à utiliser nos services. Nous souhaitons également que l’État reconnaisse les efforts d’AILES et sa contribution dans la lutte contre le VIH/VHC.

 

Quels sont vos grands défis pour l’avenir ?

 

Nous travaillons sur un grand projet avec PILS & Kinouete qui nous permettra de travailler avec les détenus et ex-détenus et de les réintégrer dans le continuum de soins. Il nous faut aussi soutenir le plaidoyer pour  la légalisation du cannabis. Les drogues de synthèse disparaîtront si le cannabis est légalisé ou dépénalisé. La dangerosité des drogues de synthèse incite les personnes à devenir plus agressives. Elles causent pas mal de souffrances chez les personnes qui l’utilisent et chez les parents qui sont désespérés par l’état de leurs enfants.

 


Bio express

 

Brigitte Michel a fréquenté le collège Notre Dame et a travaillé comme responsable dans plusieurs entreprises. Elle a trois enfants et elle a eu un déclic quand un de ses proches, âgé de 18 ans, s’est retrouvé dans l’enfer de la drogue. Sa bataille a alors commencé.