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Dev Sunnassy : «Le changement viendra des PME»

Dev Sunnassy : «Le changement viendra des PME»

L’ancien président de la MITIA (Mauritius IT Industry Association) et actuel président de Smart Citizen a créé la SME Chamber of Commerce & Emerging Industry. Un projet de collaboration entre les PME multi-sectorielles. Il explique les objectifs de cet organisme.

Quelle est l’idée derrière la SME Chamber of Commerce & Emerging Industry ?

 

J’avais déjà travaillé sur ce projet il y a deux ans. J’avais ainsi commencé à étudier le problème des PME dans plusieurs secteurs. Cela me tient à cœur. En faisant ces différentes études, je me suis rendu compte que les PME étaient isolées. Personne ne s’occupait de ces entreprises, pas même les autorités ! Si on prend par exemple ce qui se passe dans le centre de Rose-Hill, on constate que la situation est catastrophique. Le chiffre d’affaires des commerçants a chuté de 60 % à 80 %. Plusieurs ont mis la clé sous le paillasson. Ce problème est lié directement à l’employabilité des jeunes.

 

C’est-à-dire…

 

Le secteur des PME emploie 300 000 personnes, c’est-à-dire 55 % de la population active. Ces dernières années, les cas de jeunes ayant des difficultés à trouver un emploi sont devenus courants. Quand un jeune est au chômage, cela crée un problème au niveau de la famille. Les parents travaillent, ou l’un des deux parents travaille, et se retrouvent avec un jeune adulte à charge. Puis, il y a aussi le problème de la drogue et de l’insécurité, qui gagnent du terrain et affectent les jeunes.

 

J’étais ainsi à l’époque le président de la MITIA. Quand j’avais pris la présidence en 2014, on avait 20 membres et j’avais fait de sorte que les PME, dans le secteur informatique, soient partie prenante de l’association. De ce fait, une petite compagnie pouvait travailler avec une plus grande ou une moyenne entreprise en sous-traitance, ce qui permettait à certaines grandes entreprises d’avoir recours à des petites entreprises locales. Une façon de les aider à grandir en évitant de sous-traiter avec d’autres compagnies se trouvant à l’étranger. C’est important pour notre avenir de viser l’Afrique. Plus on tarde, plus vite les autres se tourneront vers l’Afrique et cela deviendra difficile pour nous.

 

Aujourd’hui, les économistes confirment ce que j’avais dit quelques années de cela : si l’État ne fait aucun effort au niveau de l’export, on se dirigera vers un trou. J’avais déjà fait un projet à l’époque au niveau de la MITIA et du ministère des Finances en 2015-16 pour réunir plusieurs secteurs.

 

Pourquoi venir de l’avant avec une telle initiative, maintenant ?

 

Le dernier Budget de Pravind Jugnauth m’a quelque peu forcé à faire quelque chose. On entend et constate que les pêcheurs, boulangers ou encore petits planteurs sont en difficulté. Je me suis donc demandé comment les faire travailler ensemble pour que chacun apprenne de l’autre et que tous en sortent gagnants. Le 27 juin 2019, à l’occasion de la Journée internationale des PME, l’association Smart Citizen, avec d’autres regroupements de PME, ont donné suite aux difficultés que rencontrent les différents secteurs économiques. Après avoir constaté une chute du nombre d’employés dans différents secteurs et le manque de soutien des différents gouvernements les dix dernières années, ils ont décidé de collaborer pour la mise en place d’une chambre de commerce pour les PME et industries émergentes. Il est ainsi grand temps de compter sur nous-mêmes et non sur les différents gouvernements qui, eux, ont des intérêts ailleurs.

 

Existe-t-il une plateforme active qui soutient les PME ?

 

La majorité d’entre elles sont en grande difficulté. Et il n’y a aucune plateforme active qui les soutient (conseil, légal, HR, stratégies, achats groupés…). Les PME ont vu leur «marché traditionnel grappiller» par autrui. Le trickle-down economics ne marche plus.  Les associations de PME ne sont pas écoutées par les autorités. La SME Chamber of Commerce and Emerging Industry a été lancée et un Memorandum of Understanding signé par les membres fondateurs qui sont : Judex Rampaul, du syndicat des pêcheurs, Sunghoom Kreepalloo, secrétaire général de la Small Planters Association, Prakash Permal de l’association des commerçants de BBRH, Nasser Moraby de l’association des propriétaires de boulangeries, Swadeep Mosaheb de la Manufacturing Jeweller’s Association, Raj Appadu, du Front Commun des petits commerçants, et Arjoon Zanzar de l’association des auteurs et compositeurs mauriciens et moi-même.

 

Votre message aux associations de PME ?

 

Je les invite à rejoindre la chambre de commerce et d’industrie, les différents secteurs comme le textile, la construction, les femmes entrepreneures. En travaillant ensemble, ils sortiront tous gagnants. Puis, ils pourront agrandir leur marché. Pour la deuxième étape, je compte travailler avec des institutions nationales qui vont venir aider notre association sur les plans de l’innovation, de la formation et de l’export parce que je ne fais plus confiance aux institutions gouvernementales. Il y aura du nouveau à partir du mois de septembre. Je l’annoncerai correctement en temps et lieu, quand les accords seront signés. Je prépare aussi un workshop pour bientôt, avec le maximum d’associations. Comme on dit, ensemble on va plus loin.

 

Vous vous intéressez au secteur secteur du PME.  Pourquoi lui venir en aide à travers la politique ?

 

J’ai toujours évolué loin de la sphère politique. Je n’ai jamais suivi la politique. Je n’ai pas d’amis politiciens et je ne connais personne qui soit dans un parti politique. Ça ne m’intéresse pas, non plus. Mais on sait tous que tout changement arrive par la politique, sinon on demeure comme un simple spectateur. C’est pour cette raison que j’ai choisi de m’engager dans la vie politique, il y a deux ans. Sinon, j’aurais été réduit à passer ma vie à me plaindre.

 

Aujourd’hui, j’évolue avec 100 % Citoyen. Il n’y a rien qui différentie le gouvernement Ramgoolam de celui de Jugnauth dans la façon de diriger le pays. Ils ont tous les deux protégé l’élite économique du pays. Ce qui fait que les plus petits doivent rester petits et continuer à s’endetter. C’est ce que j’appelle une politique de l’endettement.

 

S’il n’y a pas une autre voie, une autre organisation qui va nous permettre de grandir dans un modèle bottom-up, je ne sais pas ce que l’avenir réserve à notre pays. Je suis persuadé que le changement viendra des PME. C’est un secteur qui a besoin de plus d’innovations. Quand tu es petit et que tu n’as aucun soutien, tu es obligée de te débrouiller. Il fallait un third eye pour regarder les choses de l’extérieur et venir donner un coup de main.

 

Mais les autorités ne cessent de venir de l’avant avec des initiatives, facilités, grants, pour encourager les PME…

 

Qu’est-ce qui est le plus important ? L’accès à la finance ou l’accès au marché ? Si tu n’as pas de marché, forcément tu vas t’endetter. Je travaille, par exemple, avec l’association des commerçants de BBRH. Et quand on discutait, il a été question de rebranding pour améliorer notamment le look des magasins. Mais les commerçants nous ont dit : pourquoi investir de l’argent dans des travaux alors que les gens ne viennent plus ? Le manque de parking à Rose-Hill pose aussi problème, tout comme l’insécurité. L’État a échoué à ses responsabilités.