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Frustration : l’accepter pour mieux la gérer

13 juin 2023

Une envie de lasagne ? Et il n’y a que du bouillon bred…? Mince ! Après une dure journée à s’occuper de tout, vous sentez la colère bouillir en vous comme du fromage fondu en fin de cuisson. Vous ne savez pas d’où elle vient cette émotion, pourquoi elle vous remplit et ne laisse pas la place à autre chose. Bienvenue au monde adulte, bienvenue au règne de la frustration. Cet exemple est anodin, banal même. Mais vous avez compris le concept. La frustration fait partie de nos vies. Elle s’invite continuellement dans notre quotidien, nous laissant parfois drainés/es, amers/amères et insatisfait/es. C’est pour cela que pour notre bien-être, et celui des autres, nous avons appris à la canaliser, à ne pas la laisser s’exprimer. À ne pas permettre au babani de prendre le contrôle. Chacun/e a ses propres stratégies. Elles sont efficaces ou pas. Et pas tout le temps. Pour vous aider, voici des pistes pour mieux gérer votre frustration, d’où qu’elle vienne.

 

PS : Nous ne parlerons pas ici de l’incapacité à tolérer la frustration qui peut engendrer des problèmes réels et étouffants pour l’entourage de ceux et celles qui ont du mal à accepter que le monde ne va pas toujours comme ils/elles le souhaitent.

 

Une histoire de contrôle. Le monde est fait de situations qui ne vont pas dans notre sens. Qui ne se passent pas comme nous le voulons. La frustration naît donc de cette perte de contrôle face à ces choses qui refusent de se complaire à nos attentes : «La frustration est une preuve et une épreuve : la preuve de la réalité en tant que source d’insatisfaction et l’épreuve de devoir s’en accommoder», explique le psychanalyste Claude Le Guen au magazine Psychologies (https://bit.ly/psyfrus). «La frustration est une émotion de caractère/valence négative (il est désagréable de la ressentir), mais comme toutes les émotions, elle remplit sa fonction. La frustration est le résultat de ne pas obtenir ce que nous voulons ou espérons ; elle nous indique qu’il existe une bonne distance entre ce que nous aimerions et ce que nous avons, et que cette distance nous importe», peut-on lire sur le site Nos Pensées (https://bit.ly/frusnospen). La frustration vient aussi de la comparaison, estime Helen Monnet, l’auteure du Petit Cahier d’Exercices pour Dépasser sa frustration : «La comparaison est liée à la vie en société. Aujourd’hui, elle est surdéveloppée à cause d’un certain nombre de modes, d’usages, de normes. A priori, elle est sans fondement car nous sommes des êtres uniques et donc, par définition, incomparables et irremplaçables en tant que tels.»

 

Accepter pour mieux relâcher. Pas de lasagne ? Ce n’est pas grave ! Vous vous rattraperez bientôt quand vous aurez le temps de cuisiner ou d’aller au restaurant. Pour ne pas laisser la frustration prendre le pas sur votre vie, il faut bien accepter les émotions qu’elle provoque en vous. La psychanalyse n’arrive pas à se mettre d’accord entre ce qui vient avant : la frustration provoque colère et tristesse ou c’est la colère et la tristesse qui provoquent la frustration ? Une histoire d’œuf et de poule : vous aurez vite envie d’une omelette ! Revenons à l’essentiel : la tolérance face à ce qui nous embête. Prendre de la distance par rapport au moment. Et le magazine Psychologies résume bien ce nécessaire travail sur soi : «Cette tolérance fait partie d’un apprentissage permanent qui se met en place dès l’enfance. Oui, la pluie est en train de ruiner ce magnifique projet de pique-nique. On peut choisir de se lamenter toute la journée ou de ruminer sa colère contre la météo. Ou on peut choisir d’improviser (...)» Trouver des solutions et opter pour le verre à moitié plein, plutôt que complètement vide. Même si ça a l’air d’un cliché rebattu à l’infini : «Il n’en reste pas moins que l’acceptation est également un formidable outil de résilience dans des conditions de vie douloureuses, des situations de frustration plus existentielles. Nous pouvons choisir de rester en colère contre la vie qui nous impose la maladie, le chômage, le handicap, le célibat, le deuil. Ou choisir de "faire avec" en ne laissant pas l’amertume s’installer.»

 

La responsabilité pour reprendre le contrôle. Il n’y a plus de papier toilette au moment où vous en avez le plus besoin = colère, énervement, agacement contre la personne qui n’a pas «refill» et situation cocasse (il vaut mieux en rire). Vous pouvez laisser la frustration vous ensevelir sous des amas de bad feelings et de «blues» votre journée ou vous pouvez engager votre responsabilité ; à partir de maintenant, vous prévoirez plus de rouleaux dans les toilettes. Placer votre responsabilité dans la situation permet de mieux gérer la frustration. En y mettant du vôtre, vous reprenez le contrôle : «Si nous nous privons de voyages à l’autre bout du monde parce que nos convictions écologiques nous interdisent de trop utiliser l’avion, nous ne sommes pas dans la frustration. Nous pouvons ressentir des regrets, de la nostalgie, voire de la tristesse. Mais si nous nous positionnons dans la responsabilité de notre choix, si cette privation tient du renoncement, nous ne sommes plus dans la frustration insupportable.» Cela permet, également, d’accepter et de comprendre que tous nos désirs ne sont pas réalisables. Et qu’il en va de notre responsabilité de l’accepter et de distinguer les désirs, les besoins et la réalité.

 

Communiquer… Pour ne pas rester dans le silence si c’est l’autre qui provoque de la frustration chez vous, il faut apprendre à dire les choses. Sans blesser, sans heurter. Partager, expliquer pour espérer créer un changement, tout un étant conscient/e qu’il n’aura, peut-être, pas lieu (ce n’est pas dans votre contrôle). Il vaut mieux prendre le temps de se calmer avant de réagir. Prendre de la distance et sa part de responsabilité dans la situation avant de s’exprimer dessus.

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