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Par Sabine Azémia
7 juin 2015 14:29
Ils ne baisseront pas les bras jusqu’à ce que le gouvernement prenne une décision pour assurer leurs emplois. Ils se sont donné rendez-vous hier à Rose-Hill, et ont marché de la poste à la municipalité en scandant des slogans comme «sov nou lemplwa, pran kont zordi tansyon dime ou» pour se faire entendre.
Beaucoup, parmi ces employés, vivent dans l’incertitude et réclament plus d’assurance de la part des membres du gouvernement. «Nous avons des familles à nourrir, nous vivons dans la crainte au quotidien, ne sachant pas ce que demain nous réserve, nous demandons juste qu’on nous garantisse nos emplois», clame Issmed Allybocus qui travaille depuis quatre ans pour la compagnie Courts.
Même son de cloche de la part de Bruno Cotte, qui est chez Courts depuis 20 ans. «Je participe à cette marche pour que le gouvernement réagisse. On n’arrive plus à travailler correctement. Je suis dans la section warehouse, on n’a même pas de carburant à mettre dans les véhicules. On n’arrive pas à réorganiser notre stock. Nous sommes dans le flou. Nous sommes stressés par cette situation, en sus de la difficulté à joindre les deux bouts à la maison. À la fin du mois, nous recevons notre salaire en retard et nous devons payer des pénalités sur toutes nos factures. Nous espérons que les autorités vont réagir au plus vite», confie Bruno.
Eric Cadressen, un ex-employé d’Apollo Bramwell, a lui aussi tenu à être présent. «Je suis là pour montrer à mes collègues qu’il est nécessaire de militer pour nos droits, que les syndicats sont là pour nous. Il ne faut plus vivre dans la crainte. Nous devons militer pour nos intérêts. À la fin de juin, on sait que certains vont perdre leur emploi. Je suis pour la justice et non la dictature. J’espère que le gouvernement trouvera une solution pour les employés au plus vite», nous lance-t-il.
Une employée d’Apollo Bramwell dénonce, elle, l’injustice et la dictature qui règne sur son lieu de travail. «Nous vivons un énorme stress au quotidien, certains managers nous balancent qu’on pourrait être mis à la porte du jour au lendemain. Cette atmosphère lourde devient insupportable !»
Pour le syndicaliste Reaz Chuttoo, du CTSP, il est important que les employés se réunissent. «Nous n’attendons pas de la sympathie des membres du gouvernement, encore moins la charité. Nous nous sommes regroupés aujourd’hui pour les travailleurs qui sont victimes de licenciement dans le pays. À partir d’aujourd’hui, une synergie se crée et on espère que le gouvernement sera à l’écoute. De plus, les travailleurs d’Air Mate entameront une procédure de grève légale si le gouvernement ne réagit pas. Zis enn reklam nou pe done zordi.» Il faut, absolument que le gouvernement réagisse, dit-il : «Nous savons qu’il y aura d’autres casualties à venir, et on espère que le gouvernement développera une ligne de communication qui ouvrira la voie à une négociation.»
Les employés présents à la manifestation n’attendent qu’une chose, qu’on leur garantisse leurs emplois et leurs conditions de travail car pour le moment, ils vivent «dans la crainte». Un prochain rassemblement aura lieu le dimanche 21 juin à Rose-Hill, à partir de 15 heures.
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