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Les proches de Jean-Luc Jonjon, poignardé : «Nous voulons connaître les raisons derrière ce drame»

Stephanie espère que la police fera la lumière sur les raisons de l’agression mortelle de son frère.

L’atmosphère est lourde et pesante à Camp-Carol, Grand-Baie. Les regards sont tristes. Ce-la, depuis le départ tragique de Jean-Luc Jonjon, 26 ans, plus connu sous le nom d’Abraham. Le jeune homme a été agressé à l’arme blanche le samedi 1er juin et n’a pas survécu à ses blessures. Une autopsie a attribué son décès à une stab wound to the heart. D’après les premiers recoupements des enquêteurs, une histoire de drogue serait à l’origine de ce drame. Un suspect a été arrêté et est passé aux aveux. Toutefois, l’entourage de la victime dément la thèse d’une agression avec pour toile de fond une histoire de drogue.

 

Les yeux larmoyants, la gorge nouée, Stephanie Estazar revient difficilement sur la tragédie qui a touché sa famille. Une tragédie qui la sépare de son frère, qu’elle a retrouvé il y a quelque temps seulement. En effet, ce dernier avait retrouvé la liberté sous caution il y a quelques semaines, après avoir purgé une peine de prison de quelques mois pour vol. Cette fois, elle le sait, elle ne retrouvera pas son frère. Celui-là même qu’elle a vu gisant sur l’asphalte, inerte, baignant dans une mare de sang. «Il a été poignardé au cou, aux reins, au visage et avait des égratignures aux pieds. Son agresseur s’est vraiment acharné sur lui», confie notre interlocutrice qui se repasse en boucle ces images.

 

Pourtant, quelques minutes avant le drame, poursuit Stephanie Estazar, son petit frère et son cousin Jean-Denis Ayacooty, 24 ans, discutaient, assis sur une brique en face de son domicile. «Je m’étais rendue à la boutique du coin pour acheter des cigarettes. Je ne m’étais pas absentée pendant longtemps. Avant que je n’aie le temps de rentrer, l’un de mes cousins, qui habite également la localité, m’a appelée pour me demander de rentrer au plus vite parce que mon frère était très blessé.» Paniquée, elle se précipite chez elle et découvre son frère au sol. Jean-Denis Ayacooty, lui, est blessé. Sollicité, le SAMU aurait mis beaucoup de temps avant d’arriver sur les lieux, selon l’entourage de Jean-Luc Jonjon. Et une fois sur place, les médecins n’ont pu que constater le décès du jeune homme. Quand à Jean-Denis Ayacooty, il est conduit à l’hôpital où il est admis.

 

Une histoire de drogue

 

Durant les heures qui suivent, un suspect, Hans Rougeot, un habitant de la localité âgé de 28 ans, se rend à la police et avoue avoir agressé mortellement Jean-Luc Jonjon. Le couteau qui a servi à agresser ce dernier est, elle, retrouvée non loin de la scène de crime. Soumis à un feu roulant de questions, Hans Rougeot explique qu’il était venu à la rencontre de Jean-Luc Jonjon parce qu’il n’aurait pas été satisfait de la drogue qu’il lui aurait vendue plus tôt, ce jour-là. Mais au moment où il lui aurait réclamé son argent, dit-il, la situation se serait envenimée. Devant le refus de Jean-Luc Jonjon, il aurait sorti un couteau pour l’agresser. Il s’en serait aussi pris à Jean-Denis Ayacooty parce qu’il se serait interposé entre les deux avant de prendre la fuite. Une accusation provisoire de meurtre a été logée contre lui.

 

Toutefois, pour l’entourage de Jean-Luc Jonjon, cette agression «n’a rien à voir avec une his-toire de drogue, même si nous ignorons encore comment la dispute est survenue. Mais nous voulons connaître les vraies raisons derrière ce drame». Selon Stephanie Estazar, son petit frère et Hans Rougeot ne se connaissaient pas. «J’ai souvent vu cet homme dans la localité, mais je ne l’ai jamais vu adresser la parole à mon frère», soutient-elle. Qui plus est, ajoute-t-elle, «depuis sa sortie de prison, Abraham se tenait à carreau. Il cumulait des petits boulots et voulait changer de vie. Il rêvait de se stabiliser, de se marier et d’avoir des enfants. Il n’aurait jamais fait quelque chose qui puisse de nouveau le conduire en prison».

 

Son rêve le plus cher était d’arriver à économiser suffisamment d’argent à travers la pêche, son activité favorite, afin de terminer la construction de sa maison. Un rêve qui s’est envolé lorsqu’il a été agressé mortellement le samedi 1er juin. Alors sa sœur compte sur la police pour faire la lumière sur cette affaire.

 

Quant à Jean-Denis Ayacooty, il a déclaré à la police qu’il ne connaissait pas le motif de cette agression mortelle. Le jeune homme n’a pas non plus été en mesure de faire ses adieux à son cousin, dont les funérailles ont eu lieu la veille. Le mardi 4 juin, il a obtenu sa décharge de l’hôpital, mais a dû comparaître en cour le même jour car il était recherché pour une affaire de vol. Il a ensuite été reconduit en cellule, sa famille n’ayant pu régler sa caution. Une famille en quête de vérité quant à la disparition d’un des siens…

 


 

Hans Rougeot participe à une reconstitution des faits

 

Il est retourné sur le lieu du drame, à Camp-Carol, Grand-Baie, le mercredi 5 juin. Ce matin-là, Hans Rougeot a participé à un exercice de reconstitution des faits afin d’indiquer aux enquêteurs l’endroit où il a mortellement agressé Jean-Luc Jonjon qui se trouvait en com-pagnie de son cousin, dans la soirée du samedi 1er juin. Il a aussi expliqué aux enquêteurs ses moindres faits et gestes, avant d’être reconduit en cellule policière.