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Metro Express : Les Mauriciens entrent dans une nouvelle ère

Noëmi Alphonse, Anndora Julie Asaun et Loïc Bhugeerathee ont pris place à bord de l’Urbos 100.

C’est fini les réticences et les critiques (du moins pour le moment). Après des mois de travaux, le Metro Express a été accueilli en véritable star, le jeudi 3 octobre, à l’occasiondu soft launch. Que ce soit les premiers passagers ou ceux qui sont venus voir Mauricio, tous étaient subjugués. 

Premiers passagers : un souvenir inoubliable

 

Parvati Rampersad présentant fièrement sa carte d’accès au métro.

 

Un privilège. Une chance. Ce jour-là, ils s’en rappelleront probablement toute leur vie. Après plus de 60 ans, un train a de nouveau circulé à Maurice et ils en faisaient partie. Alors que de nombreux Mauriciens attendaient patiemment l’arrivée de Mauricio sur les rails, eux ont été choisis pour être les premiers passagers du Metro Express. Des étudiants des collèges de la région, des travailleurs sociaux, des sportifs, des personnes atteintes de handicap et des citoyens lambda ont ainsi pu monter à bord en primeur. 

 

Dès leurs premiers pas dans les wagons de l’Urbos 100, ces invités triés sur le volet ont vécu un moment fort en émotion. Le temps de ce trajet de quelques minutes seulement, tous ont découvert avec fierté et excitation ce nouveau moyen de transport. Traversant Richelieu, Barkly, Beau-Bassin et Vandermeersch pour ensuite arriver à la gare de Rose-Hill où avait lieu une fête populaire, ils en ont pris plein les yeux.

 

Hans Ansah, collégien de 15 ans à l’Ébène SSS Boys, n’est pas près d’oublier cette expérience. «C’est extraordinaire. Je suis très content d’être là.» Dès son entrée dans le Mauricio, il a été émerveillé par la propreté et la modernité de l’appareil. «Ça prouve que Maurice avance dans la bonne direction et marche avec son temps. Nous vivons dans un monde technologique et notre Metro Express n’a rien à envier à ceux d’autres pays.» Tout ce qu’il espère maintenant, c’est que les Mauriciens sauront bien l’entretenir. «J’espère que ça restera toujours propre et que les usagers ne vont pas l’abîmer, comme c’est le cas souvent dans les bus.»

 

À ses côtés, son ami Akil Bia, 17 ans, a lui aussi beaucoup apprécié ce trajet inaugural. «C’est la première fois que j’entre dans un tram. C’est top !» C’est, dit-il, un tournant dans l’histoire du pays. «Je crois que nous allons toujours nous rappeler cette date.»

 

À l’arrivée du tram à la station de Rose-Hill, tous les passagers ont été surpris par l’accueil qui leur a été réservé. Entre le Police Band et les majorettes qui assuraient l’animation, ils ont tous eu le sentiment de faire partie de quelque chose d’exceptionnel. «Au début, j’étais un peu réticent. J’avais un peu peur mais j’ai été surpris par sa stabilité. C’est un succès», affirme Yann Jhugroo-Cangy, étudiant au John Kennedy College.

 

Mégane Marie, élève au New Devton College, a été impressionnée par la modernité et la rapidité du Metro Express. «C’était super de pouvoir faire partie de ce premier voyage. C’est une chance.» Un peu plus loin, Parvati Ramparsad n’a pas non plus caché sa joie. Assise confortablement sur un siège, elle balaie du regard chaque rue, donnant l’impression de profiter du voyage. «Bahut khushi, bahut khushi ! Je suis très contente. Je suis une vieille grand-mère et j’ai pu entrer dans le Metro.»

 

À l’autre extrémité du wagon, les sportifs n’ont pas hésité à partager leur expérience sur les réseaux sociaux. Si le nageur Bradley Vincent a partagé son invitation avec ses followers, les handisportives Noëmi Alphonse et Anndora Julie Asaun ont posté plusieurs photos sur leurs pages respectives. Anndora se dit, elle, fière d’avoir pu représenter les personnes vivant avec un handicap lors d’un si grand événement. «Je suis vraiment très heureuse d’être là. C’est un honneur pour moi car cela prouve que nous pouvons utiliser ce type de transport.»

 

Par contre, la seule interrogation de Noëmi Alphonse a été de savoir comment les personnes en fauteuil roulant vont faire pour arriver jusqu’au métro, étant donné que les trottoirs, dit-elle, ne sont pas accessibles. Néanmoins, cela n’enlève en rien au fait que l’Urbos 100 est tout à fait adapté aux handicapés. «C’est super ! Comme vous le savez, nous avons beaucoup de mal à voyager par le bus. Le fait qu’ils aient pensé à rendre le Metro Express accessible nous touche.» C’est, assure-t-elle, une vraie avancée pour Maurice.

 


 

 

Mauricio sur les rails, l’euphorie

 

Mala Soobul et Sookwantee Moochiit ont voulu prier pour la prospérité de Mauricio.

 

Ils ont attendu pendant des heures et cela, malgré la pluie, juste pour le voir. Que ce soit à Beau-Bassin, à Chebel ou à Vandermeersch, les Mauriciens se sont massés le long du tracé du Metro Express pour assister à sa première sortie officielle. Un moment empreint d’émotions où les interrogations et les contestations étaient bien loin. À la gare de Rose-Hill, ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement pour vivre l’arrivée de Mauricio de près. Sur les visages, l’enthousiasme et la fierté en disaient long sur l’état d’esprit des Mauriciens. Ils étaient là, agglutinés autour des rambardes de protection, perchés sur des bâtiments ou encore nichés dans les autobus. Smartphones à la main, ils ont tout fait pour ne pas en rater une miette et immortaliser ce moment qui marque l’Histoire du pays.

 

Dans la foule, Mala Soobul et Sookwantee Moochiit, deux habitantes de Vacoas, ne sont pas passées inaperçues. Drapées dans leur plus beau sari, elles sont venues à Rose-Hill avec une idée bien précise en tête. «Nous voulons prier pour le métro et les Mauriciens. Vous pourriez parler au Maire pour qu’il nous laisse passer, s’il vous plaît ?» lance Mala. Avec leurs plateaux, leurs fleurs et leurs camphres, elles ont essayé en vain d’approcher la plateforme et le Premier ministre mais c’était sans compter avec la vigilance des policiers qui veillaient au grain. «Pour nous, c’est comme un rêve. Jamais nous n’avions imaginé voir un tel avancement dans notre pays et pourtant, aujourd’hui, c’est arrivé. Nous voulons prier pour la prospérité du Metro, pour que tout se passe bien.»

 

Comme elles, d’autres auraient bien voulu l’approcher de plus près. Denise Aza et Anne-Marie Nuckchady savent bien qu’elles devront faire preuve de patience avant de pouvoir prendre place à bord. En attendant, elles sont arrivées tôt à la gare de Rose-Hill afin de trouver la meilleure place et avoir une meilleur vue sur la star du jour. «Nous ne pouvions pas rater un tel moment. C’est une vraie fierté de voir que le Metro Express est là. C’est un grand jour», confie Anne-Marie. Ce qui est sûr, poursuit Denise, c’est qu’elles ont hâte de faire le trajet. «C’est extraordinaire ! C’est quelque chose que nous avons l’habitude de voir à la télé et là, c’est chez nous. Pour le moment, on ne sait pas si nous allons payer ou pas. Mais je pense qu’aujourd’hui, tout le monde est content.»

 

Dans l’assistance, de nombreux jeunes avaient aussi les yeux rivés sur la plateforme. Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils voyaient le Metro Express. Deepak et Diya Ramchurn, 14 ans tous les deux, sont venus accompagnés de leur grand-mère. Pour rien au monde, ils n’auraient raté un tel événement, même si, comme tout le monde, ils auraient préféré faire partie du voyage. «C’est extra. Le Metro est grand et long. Il a l’air confortable. C’est très joli et, en plus, il pollue moins», affirme Diya. Deepak, lui, se voit déjà bien installé à bord de Mauricio pour une petite virée jusqu’à Port-Louis. «C’est super. C’est la première fois que je vois ça. Je suis impatient de monter dedans.» ! Pour cela, il lui faudra attendre encore un mois. 

 


 

 

 Pravind Jugnauth a le vent en poupe 

 

 

L’autre star du jour, c’était bien lui. Une fois hors de l’Urbos 100, le Premier ministre a descendu les escaliers pour aller à la rencontre des Mauriciens qui étaient venus assister à l’arrivée de Mauricio. Acclamé par cette foule en délire, Pravind Jugnauth a eu droit, l’espace de quelques minutes, à un véritable bain de foule. Après quelques poignées de mains, il a repris l’escalator pour se rendre de nouveau sur la plateforme et procéder à l’achat symbolique de la ME Card en déclarant : «Monn gagn mo tiket pou prosenn eleksion.» Tout le long du parcours, le sourire et la bonne humeur du PM ne sont pas passés inaperçus. Entre quelques selfies avec les étudiants, il s’est même laissé aller à un peu d’humour en s’improvisant photographe ou encore receveur auprès des étudiants à qui il a demandé de voir les tickets. Un épisode qui n’a pas manqué de les faire rire. Plus tôt, au dépôt de Richelieu, Pravind Jugnauth procédait au soft launch du Metro Express. Dans son discours, le chef du gouvernement a évoqué l’avancée historique du pays. «C’est l’aboutissement d’un rêve de 30 ans qui devient réalité. La population voit comment nous transformons Maurice et comment nous améliorons la vie de tout le monde. Nous sommes une nation. Aujourd’hui, nous faisons l’histoire.»

 


 

Mauricio, gratuit en novembre 

 

 

Après le soft launch du Metro Express, Mauricio s’apprête à passer plusieurs autres tests pendant tout le mois de d’octobre. Entre-temps, les ouvriers s’activent à terminer le chantier à Port-Louis. Le Metro Express sera accessible au public à partir du 1er novembre. Le trajet sera gratuit jusqu’au 1er décembre. À partir de là, des tarifs seront appliqués. Tout ce qu’on sait pour le moment, c’est que le prix sera proche de celui du ticket d’autobus. Des distributeurs de tickets seront disponibles dans chaque gare. Deux types de tickets seront en vente : le ticket à usage unique et la ME Card.

 

Mauricio, qui roulera entre 6 heures et 22 heures, pourra transporter 307 passagers dont 229 debout et 78 assis. Sept stations sont sur le trajet : Rose-Hill Terminal, Révérend Lebrun Station, Beau-Bassin Station, Nelson Mandela Station, Black-River Station, St.-Louis Station et Victoria Station. Le trajet jusqu’à Port-Louis se fera en 19 minutes et le public n’aura que 30 secondes à chaque arrêt pour entrer ou sortir du tram. Celui-ci devrait rouler à une vitesse de 25 km/h dans les régions urbaines et 70 km/h dans les zones dégagées. Climatisés, les wagons disposent de wi-fi et de caméras de surveillance.

 


 

Narendra Modi  : «Le symbole d’un engagement fort» 

 

 

Le Premier ministre indien a procédé, via visioconférence, au lancement du Metro Express en compagnie de Pravind Jugnauth. Narendra Modi s’est dit heureux que Maurice détienne désormais son métro à lui. Pour lui, c’est définitivement un atout touristique et économique. Dans la foulée, il a aussi procédé à l’inauguration du nouvel hôpital ENT. «Ces projets vont servir le peuple mauricien et sont le symbole d’un engagement fort de l’Inde pour le développement de Maurice.» Dans son discours, il a salué Pravind Jugnauth en le qualifiant de Premier ministre visionnaire. «Je tiens à le remercier pour sa coopération qui a été la clé pour la réalisation de ces projets», a-t-il déclaré, avant de souligner que l’Inde continuera à soutenir Maurice dans d’autres projets.