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Oliver Thomas : «Les Mauriciens sont fatigués de retrouver les mêmes visages, les mêmes personnes sur l’échiquier politique»

Il est l’un des nouveaux visages qui se sont lancés en politique et qui souhaitent se présenter aux prochaines élections législatives dans la circonscription no 20. Âgé de 26 ans, il nous explique sa démarche…

Qu’est-ce qui pousse un jeune de 26 ans à vouloir se lancer dans la politique ?

 

Tout d’abord c’est par amour pour mon pays. J’ai perdu mes parents dès un jeune âge mais on s’est bien occupé de moi. Je ne dis pas cela pour qu’on s’apitoie sur mon sort, mais, de par ce que j’ai vécu, mon sens d’appartenance n’est pas envers une famille de sang : il est envers la nation mauricienne. J’ai grandi dans cinq familles différentes jusqu’à l’âge de 19 ans quand j’ai pris mon envol, où j’ai emmenagé seul dans un appartement. Pendant tout ce temps, j’ai côtoyé différentes familles, différents visages, différentes façons de penser. C’est tout cela qui me donne envie de faire quelque chose pour le pays. C’est l’amour que j’ai, que je porte en moi, pour mon île, qui m’a donné envie de me lancer dans la politique, et d’essayer de proposer quelque chose de différent, une autre façon de faire.

 

Parce que vous n’approuvez pas la façon de faire de nos politiques actuellement ? 

 

Je ne suis pas là pour dire ce qui est bon et ce qui n’est pas bon. En fin de compte, tout est subjectif. Il y a des personnes qui, pendant des années, ont adhéré à ce qui se fait, alors que d’autres n’y adhèrent pas. Moi, je veux proposer une alternative. J’ai essayé de faire de mon mieux avec les compétences que j’ai pour montrer cette alternative. Par exemple, à travers le recyclage, ou encore à travers ma marque de vêtements : Serge Thomas. Tout cela, pour démontrer que le pays, que les jeunes peuvent avancer différemment à travers des petites choses concrètes. Je ne suis pas là pour venir montrer qui que ce soit du doigt et critiquer. Je ne suis pas ce genre de personne. Pour ma marque de vêtements, par exemple, j’aurai pu faire quelque chose de banal, mais j’ai eu envie de faire quelque chose de plus poussé avec un standing international. Pour moi, c’est une façon d’encourager d’autres personnes à suivre le pas. En racontant mon expérience, je me dis que ça peut inspirer et que d’autres pourront se dire, «il a commencé petit et tout est possible».

 

La politique, une marque de vêtement, une mission citoyenne et écologique… Ce n’est pas un peu trop d’engagements ?

 

Trop ? Moi, je pense que je n’en fais pas assez. C’est pour cela que j’essaye de regrouper le maximum de personnes pour qu’elles puissent venir m’aider dans mes différentes activités. Pour moi, tout ce que je fais, c’est des chemins que je devais emprunter. Pourquoi ma marque de vêtements ? Comme je l’ai dit, c’est pour inspirer. Je viens démontrer qu’on peut y arriver, qu’on peut avoir une source de revenus et aussi pour avoir une certaine crédibilité. Je ne veux pas qu’on dise de moi que je suis juste quelqu’un qui est apparu et qui ne cesse de dire qu’il a sa place dans la politique. Je veux qu’on dise de moi que je suis quelqu’un qui a accompli des choses.

 

Comment finance-t-on une campagne à 26 ans, quand on est un candidat indépendant ?

 

J’avance grâce à l’aide des amis. Nou enn pays traser. Je pense qu’on peut toujours trouver les moyens de faire quelque chose si on a envie de le faire. Et c’est ma façon de penser depuis que je suis tout jeune. Je compte sur le public et mes amis pour m’aider. Et, comme je suis un passionné, et que je mets beaucoup de cœur dans ce que je fais, je trouve toujours les moyens de faire ce que je veux faire et cela grâce à mon business ou encore grâce au salaire que je touche.

 

Vous n’êtes pas le premier à faire ce pari de vous lancer dans la politique et de briguer les suffrages en tant que candidat indépendant. Pourquoi pensez-vous que vous êtes différent de ceux qui ont tenté l’aventure avant vous ?

 

J’espère surtout que je ne serai pas le dernier. Qu’est-ce que j’ai de différent ? Je ne pense pas que je sois différent physiquement, mentalement ou intelligemment. Mon vécu n’a pas été facile. Je me sens le plus souvent attiré envers l’humain parce que mon affinité n’est pas envers l’argent, ni envers ma profession. Je ne suis pas un carriériste. Mon but dans la vie est très simple. Je me dis que si je peux laisser mon empreinte, une empreinte positive sur quelqu’un. Je pense que c’est ce qui peut faire une différence : le fait de vouloir contribuer à changer la vie d’autres personnes et non pas que cela bénéficie à mon intérêt personnel.

 

Que proposez-vous donc pour changer la vie des Mauriciens ?

 

En tant que futur candidat indépendant, ma voix au Parlement est déjà réduite, si jamais je suis élu. Je ne peux donc pas proposer des amendements de lois que je ne pourrais honorer. J’ai travaillé sur quelques idées, quelques propositions qui, selon moi, peuvent changer la vie des Mauriciens. Parmi elles, c’est quelque chose qui est directement liée à l’écologie et la démarche verte. Par exemple, j’ai une proposition pour alléger le trafic dans la région de Beau-Bassin. Par exemple, j’ai une proposition sur le trajet de KFC au rond-point de Gool que je voudrais transformer en un genre de boulevard.

 

Puis, comme il y a beaucoup de points de restauration à Beau-Bassin, je voudrais mettre sur pied une idée d’incubateur pour les différents commerces dans la région. L’incubateur pourrait fournir d’autres façons de voir le commerce et non pas uniquement se focaliser sur la nourriture. Par exemple, on peut voir émerger un business pour le recyclage de plastique. L’idée, c’est aussi de les accompagner dans toutes les étapes de la création d’un business, un peu comme un citizen advice bureau mais plus tourné vers l’entrepreneuriat. Un autre point que je défends : c’est de planter un million d’arbres à Beau-Bassin. Ce sont des idées qu’on peut accomplir sans être au Parlement et je commence à travailler dessus. Un autre projet que j’ai, c’est de proposer, en collaboration avec la municipalité de la région, le tri sélectif. Je pense qu’on pourrait racheter le plastique que les gens jettent. On pourrait utiliser ce fonds pour créer 5 000 poubelles sur un prototype de poubelle sur lequel je travaille actuellement.

 

Et vous, ne vous retrouvez-vous pas dans ce que proposent actuellement les partis politiques ?

 

J’ai été approché par plusieurs partis politiques mais mon but, d’où mon slogan Krwar, j’ai mon site Krwar.com, c’est de démontrer notamment à la jeunesse mauricienne, qu’on peut réaliser des choses en partant de très peu.

 

Comment se passe votre campagne ?

 

Je suis sur le devant de la scène mais j’ai aussi un Campaign Manager, un Community Manager et j’ai aussi quelqu’un qui m’accompagne sur le terrain. Je fais moi-même les vidéos que je monte et je publie. J’ai un Creative Director et que un Website Designer. Je n’ai pas les moyens de faire des meetings mais j’ai pris un bureau à Beau-Bassin pour pouvoir accueillir ceux et celles qui veulent me voir. Je vais faire des podcasts et je vais aussi faire du porte-à-porte. On peut me suivre sur ma page Facebook Oliver Thomas et sur mon site. J’ai envie que les gens puissent croire en mes capacités. Je suis un novice, je viens sans expérience, sans artifice. Je veux aider les gens dans l’entrepreneuriat, je veux les conseiller, comment faire pour décrocher un prêt, comment les accompagner dans les cités…

 

Pourquoi est-ce que les Mauriciens devraient voter pour vous ?

 

Les Mauriciens sont fatigués de retrouver à chaque fois les mêmes visages, les mêmes personnes sur l’échiquier politique. Les projets que j’ai ne vont pas provoquer un changement éphémère mais un changement dans la durée. Les Mauriciens doivent me faire confiance et croire en moi. Pour l’instant, je ne suis pas grand-chose mais si on me donne l’opportunité d’aider les Mauriciens et de pouvoir être proche d’eux, je pense qu’on peut arriver à faire des choses sur le long terme. J’ai commencé petit, j’ai commencé avec uniquement mon ambition et quand je vois qu’une de mes vidéos a atteint 300 000 vues, je trouve que c’est encourageant. Certaines personnes ont dit que j’étais fou.

 


 

Bio express

 

Au niveau secondaire, Oliver Thomas a étudié jusqu’à la Form V, Level 1. Puis, il a commencé à travailler et en même temps il a fait un diplôme en marketing au Charles Telfair Institute. Il a travaillé dans plusieurs compagnies : dans l’hôtellerie, dans le transport et la logistique, dans l’assurance, dans l’immobilier et dans un centre d’appels. Il a un certificat en Sciences politiques et il est en 2e année de Droit. Il est actuellement en train de collaborer avec l’Université de Maurice pour développer une brique à base de plastique. Elle sera moins chère, plus légère et plus isolante. «Je gagne ma vie en recyclant le plastique», dit-il.