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5 décembre 2016 14:28
Encore un soir. Encore quelques heures, encore des moments de bonheur… pour oublier le temps qui passe – au gré d’une petite marche sous les étoiles de Port-Louis – en s’imprégnant de l’âme de la capitale. Oublier le soleil qui darde fort ses rayons, le bruit des moteurs ou des klaxons, oublier le rush ou les longues files de voitures et aller à la découverte de la capitale autrement… sous les couleurs de Porlwi by Light. Inauguré vendredi, il tire sa révérence aujourd’hui. Il ne vous reste donc qu’une ultime soirée pour découvrir l’ambiance de ce «festival dan kapital»qui en est à sa seconde édition.
Si pour certains qui y étaient l’année dernière, la comparaison est immédiate, «entre les bonnes et les moins bonnes notes»,d’autres en ont pris plein les yeux au cœur de la capitale qui s’est transformée en scène artistique géante et a brillé de mille feux. Visite guidée de Porlwi à travers les yeux de quelques fans de cet événement haut en couleur qui, en sus de mettre en lumière la capitale, met aussi en exergue le puits de talents et de jeunes créatifs que possède le pays.
«Il ne faut pas hésiter. C’est quelque chose à vivre au moins une fois dans sa vie»,lance Shiva Mooneesamy, que nous rencontrons au cœur de la place d’Armes. Avec sa famille, Kristie et Aruvee, il arpente librement l’avenue principale bordée de palmiers qui, le temps d’une soirée, se sont parés de leurs habits de lumière et accueillent des personnages différents, reflets de la société mauricienne.
«Ce n’est pas tous les jours qu’on peut profiter ainsi de la capitale, prendre le temps de déambuler dans les rues, à l’aise», explique ce père de famille. Dans leurs yeux à tous les trois : des étincelles et de l’émerveillement.
Le regard est tout autre sur les immeubles, ces sites historiques et autres bâtiments archi vus : «On n’a peut-être pas le temps, en pleine journée, de bien regarder ce qui nous entoure. À travers ce festival, on redécouvre notre belle capitale»,souligne l’épouse de Shiva avant que la petite famille ne poursuive son chemin au cœur de Porlwi by light.
De la place d’Armes, cap sur le Jardin de la Compagnie, à La Chaussée. Bercés par des chants d’oiseaux et autres sons mélodieux, les visiteurs s’enfoncent pour découvrir ce lieu qui, le temps d’une escale, est aussi sous les feux des projecteurs. L’espace respire la sérénité. Venant de Balaclava, Jean-Philippe Goix et sa famille n’ont pas hésité à répondre «présent» à cette invitation à entrer dans la lumière de Port-Louis. «C’est pour beaucoup une façon de connaître plusieurs aspects de l’île», dit Jean-Philippe.
«Le lieu a un tout autre cachet le soir»,souligne, pour sa part, Sophie Wong qui, entourée de ses proches, n’aurait raté cet événement pour rien au monde : «C’est bien de se dire que le pays peut organiser des événements d’une telle envergure. J’ai eu la chance de découvrir des lieux que je ne connaissais pas comme l’ancienne prison.»Si, pour elle, Port-Louis devient une grande fête – entre animations musicales diverses et variées – le temps du festival, c’est aussi l’occasion appréciée de passer un moment en famille et de profiter d’un spectacle haut en couleur et accessible à tous.
Derrière chaque attraction, un travail, un artiste. Comme la magie qui a opéré au cœur de l’ancienne prison, mêlant littérature et art plastique le temps de trois soirées. Un peu plus loin, c’est le théâtre de Port-Louis qui prend vie en pleine nuit. Entre jeux de lumières saisissants et autres tableaux, le bâtiment s’anime dans toute sa splendeur. Les surprises aussi sont au rendez-vous d’une rue à l’autre : entre le food market, à côté de la cathédrale Saint-Louis, le street artqui habille des facades entières, les installations interactives, scénographiques et autres, les avenues de la capitale font la part belle à l’art.
Au cœur d’un Caudan entre ébullution et explosion créative, ce sont les cultures de l’île qui sont racontées. Les bâtiments historiques se réinventent. À l’instar du parking d’IBL, cet ancien terminal ferroviaire qui, sous les projecteurs de Porlwi by light, se montre dans tous ses états. Quand la technologie se mêle à une cause culturelle, cela donne des nuages de sphères, des miroirs digitaux, des marionnettes interactives et des murs sensoriels qui en mettent plein la vue.
Ce n’est pas Jamiil Oozeerally, Rookayya Jaulim, Sabiihah Jaulim et Djaber Deljior qui diront le contraire. «C’est lors de tels événements que l’on se rend compte qu’on a de très beaux lieux dans la capitale. Par ailleurs, cette édition de Porlwi by lightdémontre aussi que nous avons beaucoup de talents chez nous. Les attractions sont magnifiques et j’invite les Mauriciens à venir découvrir ou redécouvrir Port-Louis», confie Jamiil Oozeerally. Depuis un an, dit-il, il attendait avec impatience cet événement. Tout comme Rookayya.
«Ceux qui viennent doivent se préparer un minimum à rester coincés dans les embouteillages. Il faut prendre son mal en patience mais après l’attente, on est récompensé. On peut profiter d’un Port-Louis loin de son brouhaha de la journée avec moins de pollution, mais comportant une bonne dose de magie et de féérie en plus»,souligne la jeune femme, complètement sous le charme du parking d’IBL.
D’un point à l’autre, pas le temps de se perdre. Les panneaux d’indication, bien présentés et visibles, dirigent vers les mille et une facettes de la capitale. Destination : le Grenier (derrière la Poste centrale) qui se présente dans tout son éclat, sous une autre lumière. Le lieu, un ancien entrepôt portuaire construit entre 1929 et 1934, regorge de créativités et de clins d’œil aux traditions de notre pays.
«Porlwi by Light, c’est aussi apprendre beaucoup de choses. J’ai vu plusieurs objets qu’on utilisait dans le passé», nous confie le jeune Yoanne sous le regard approbateur de sa tante Rosemay Larosée. «On regarde, on observe, on s’impreigne. On voit, on entend, on expériente», dit cette habitante de Cité La Cure, fière d’habiter un Port-Louis dans tout son éclat, qui se raconte et se dévoile autrement, le temps d’un festival. «Je conseille à tous les Mauriciens de venir y participer»,lâche cette fan de Porlwi by Light. Pour elle, c’est une «découverte à vivre»…
Xavier-Luc Duval, ministre de Tourisme : «Cet événement qui nos permet de voir Port-Louis avec un autre regard est devenu rapidement un rendez-vous majeur.»
Astrid Dalais, directrice du festival : «L’année dernière, les festivaliers célébraient la capitale. Cette année, la capitale célèbre le peuple.»
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