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Trafic de stupéfiants | Jonathan, ex-dealer : «Je suis tombé dans l’enfer de la drogue à 14 ans»

Pour ne plus être soumis aux tentations, il a pris un emploi come garde-chasse et vit en pleine nature.

Issu d’un milieu modeste, il s’est laissé séduire par une manière facile de gagner de l’argent, quitte à mettre de côté son intégrité, ses ambitions, sa santé. Il a commencé à vendre de la drogue à ses camarades d’école et autres avant de devenir lui-même consommateur. Une plongée dans un univers impitoyable dont il a réussi à sortir avec peine. En marge de l’arrestation de deux adolescents de 15 ans pour trafic de drogue, il nous raconte son calvaire et lance un vibrant appel à d’autres jeunes qui se sont laissé tenter ou qui voudraient le faire.
 

La drogue n’arrête pas de faire parler d’elle à Maurice ! Les trafiquants et les arrestations sont légion. Ces derniers jours, plusieurs individus ont été arrêtés pour trafic de drogue. Mais deux d’entre eux ont particulièrement attiré l’attention ; ils n’ont que 15 ans (voir hors-texte). Ces adolescents sont soupçonnés d’avoir été utilisés par les gros poissons afin de détourner l’attention des enquêteurs. D’après certaines sources bien informées, il s’agirait d’une stratégie utilisée depuis plusieurs années par les trafiquants. Jonathan*, un ex-dealer que nous avons rencontré, le confirme. Lui-même a commencé dans le «métier» à 14 ans, faisant l’intermédiaire entre les gros poissons et les consommateurs. Et durant plus de dix ans, entre deal et consommation de drogue, il a vécu un cauchemar avant de trouver la volonté de s’en sortir. Aujourd’hui, à 29 ans, il est clean et nous raconte son enfer et sa rédemption.

 

C’est à plusieurs kilomètres de l’endroit où il a grandi que nous rencontrons Jonathan. Cela fait environ huit mois qu’il a changé d’adresse, de numéro de téléphone et de mode de vie. Aujourd’hui, il vit entouré de plantes, d’animaux et… de boue. Surtout en cette période hivernale et pluvieuse. Bien qu’il n’apprécie pas forcément son nouveau domicile, les circonstances de la vie ne lui ont pas laissé d’autre choix. Loin de la drogue, de l’argent mal gagné, des tentations en tous genres et de tous les ennuis que lui a apportés cet univers au fil des années, il mène une vie tranquille au beau milieu des bois, dans un chassé où il a pris de l’emploi comme garde-chasse.

 

Quand son cauchemar a commencé, Jonathan n’avait que 14 ans. Il était alors étudiant dans un collège d’État des Plaines-Wilhems et avait des projets plein la tête pour réussir sa vie. Mais issu d’une famille modeste et entouré au quotidien de camarades beaucoup plus chanceux financièrement que lui, il s’est laissé tenter. «Ce sont la pauvreté et le manque de plein de choses que les autres avaient, et pas moi, qui m’ont poussé à prendre cette décision», confie-t-il. «Mes amis possédaient des chaussures et des sacs tendance, et je ne pouvais pas me permettre tout cela. Ma famille avait le strict minimum ; nous ne manquions pas de l’essentiel mais je voulais plus. J’ai donc franchi le pas, en me laissant influencer par certaines personnes de mon entourage.»

 

D’autres étudiants…

 

Dans sa localité, la plupart de ses amis étaient des trafiquants ou des consommateurs de drogue. «Cela n’a donc pas été difficile pour moi d’intégrer ce monde. Ce n’était pas compliqué d’avoir des clients fidèles et de me procurer le ravitaillement nécessaire.» À l’époque, il n’est pas le seul étudiant à faire du trafic de drogue. «D’autres dans la même situation que moi le faisaient aussi. Ils venaient des quatre coins de l’île et me mettaient facilement en relation avec des fournisseurs d’autres régions. Nous vendions pour leur compte et touchions un pourcentage sur l’argent récolté.» Parmi ses clients, des gens de sa région mais aussi des étudiants de son école. «Vu que certains élèves consommaient de la drogue, ils me poussaient à faire ce qu’ils n’osaient pas, soit s’en procurer ailleurs, et étaient satisfaits d’avoir leur dose. Et lorsque l’argent a commencé à entrer, je suis devenu inconscient et j’ai oublié les risques que je prenais.»

 

Pendant trois ans, son petit commerce fonctionne bien, sans anicroche. Mais il se rend bien compte qu’il ne peut pas continuer ainsi. À 17 ans, après avoir pris part aux examens du School Certificate (SC) pour la seconde fois, Jonathan décide de ne pas poursuivre ses études secondaires pour se lancer dans des cours en mécanique dans une institution privée, bien décidé à prendre sa vie en main. «J’avais décidé d’arrêter le trafic. J’ai utilisé l’argent gagné au fil des années pour payer mes études.» Mais, au bout de deux ans, la somme est épuisée. Et il ne peut pas entamer sa troisième année. C’est à ce moment-là qu’il se laisse à nouveau tenter par ce monde qu’il a décidé de quitter définitivement. «J’ai non seulement recommencé le trafic mais je me suis aussi mis à consommer mon propre poison. J’ai dû trouver de l’argent pour les dépenses de la maison, aider mes parents et me nourrir, mais aussi pour me procurer mes doses d’héroïne.»

 

Esclave de ce cercle vicieux, Jonathan rencontre, bien évidemment, pas mal d’ennuis avec les forces de l’ordre et se retrouve aujourd’hui avec un casier judiciaire chargé. «Vu que je trafiquais, j’ai souvent été amené à faire des choses dont je ne suis pas fier.» Il a été interpellé, notamment, pour possession de gandia, possession de graines de cannabis et possession d’héroïne, mais aussi pour des cas d’extorsion, d’enlèvement et d’agression. «J’ai dû user de toutes sortes de ruses lorsque les clients ne payaient pas. Et cela m’a même déjà conduit à faire de la prison.» Et à cause de cela, il ne peut pas trouver un travail dans le domaine qu’il aime, l’un de ses plus grands regrets : «Malgré mon potentiel sur le plan éducationnel, je n’arrivais pas à trouver un emploi décent vu que cela figurait sur mon certificat de moralité.»

 

Son enfer dure des années et ce n’est finalement qu’à l’âge de 24 ans que surviendra le déclic qui le poussera à vouloir changer de vie. «J’ai fini par me rendre compte que j’avais beaucoup à perdre ; que j’avais depuis plusieurs années déjà une petite amie qui m’aimait, me soutenait et me comprenait, et que je ne voulais plus la voir souffrir. Je ne voulais pas l’abandonner pour aller séjourner en prison.» Pour ce faire, la première étape, dit-il, est d’accepter que l’on a un problème et de se faire aider. Il se rend donc en cure de désintoxication afin de ne plus être dépendant de ce poison. Toutefois, le combat s’est avéré bien plus difficile qu’il l’avait imaginé.

 

Entre 2014 et 2018, Jonathan connaît beaucoup de hauts et de bas. Après son passage au centre de désintoxication, la tentation est toujours là, à portée de main. «J’avais fait l’erreur de remettre les pieds dans ma localité. J’étais toujours entouré des mêmes personnes qui m’avaient entraîné dans ce milieu la première fois. À plusieurs reprises, j’ai faibli et consommé de la drogue.» Ce qui lui vaut un deuxième séjour en désintoxication. C’est lorsqu’il a finalement accepté le poste de garde-chasse au milieu des bois et qu’il a quitté sa ville qu’il a été sauvé. Et depuis ces huit derniers mois, c’est loin de tous ceux qui sont dans le milieu qu’il se reconstruit petit à petit.

 

L’histoire de chacun est différente, précise-t-il. «Ce par quoi je suis passé m’a appris à ne pas juger les autres car nous ne savons rien du cheminement de ceux qui se laissent séduire par cet univers. Cela m’a permis d’avoir une autre perspective sur la vie.» Il espère de tout cœur que d’autres, particulièrement les adolescents, se rendent compte que «quand quelque chose est trop beau pour être vrai, cela veut dire qu’il y a un piège quelque part». Son conseil : «Il faut savoir dire non dès la première fois. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et pour réparer ses erreurs.» Car le monde de la drogue, quoi qu’il y paraisse, n’est jamais constructeur mais destructeur. Même s’il faut attendre plusieurs années pour s’en rendre compte.

*Nom modifié

 


 

Dean Rungen, travailleur social : «Proposer aux jeunes d’autres alternatives dans la vie…»

 

Il n’est pas resté insensible à l’arrestation des deux jeunes de 15 ans pour trafic de drogue la semaine dernière. Dean Rungen, travailleur social, est très chagriné «de voir des jeunes arriver à ces extrémités». «Malheureusement, le manque d’éducation et la pauvreté les poussent à commettre de tels délits pour se faire de l’argent, se désole-t-il. Ceux qui ne réussissent pas sur le plan académique cherchent la facilité et se tournent vers le trafic de drogue parce qu’ils ne voient aucune autre alternative. Et certains parents sont même d’accord parce que cela permet à leurs enfants de ramener de l’argent à la maison.»

 

Dean Runghen estime que la solution serait «des écoles spécialisées fondées pour venir en aide à ceux qui échouent ; afin qu’ils puissent avoir d’autres alternatives dans la vie». D’après lui, ceux qui tombent dans l’enfer de la drogue «doivent aussi bénéficier d’un suivi continu. Ils ont besoin d’aide, il nous faut savoir les écouter pour trouver la source du problème. Il faut croire en eux et en leurs capacités». Très actif dans le centre Lakaz A, le travailleur social invite ceux âgés entre 15 et 25 ans à rejoindre son équipe le temps d’un week-end résidentiel les 2, 3 et 4 août au Foyer Fiat. «Nous aborderons des sujets tels que la drogue, le VIH sida et le capacity building and self-esteem.» Ceux intéressés peuvent venir récupérer la fiche d’inscription au centre.

 


 

Saisie de haschisch sur une Française : trois Mauriciens arrêtés

 

Ils ignoraient qu’ils se jetaient dans la gueule du loup lorsqu’ils se sont présentés à La City Trianon, le mardi 2 juillet. Jean Benoit Rousseau, un superviseur de 24 ans, Noël Timothée Tron, un coiffeur de 23 ans, et Ratish Seesurun, un superviseur de 25 ans, ont été appréhendés par les limiers de la brigade antidrogue lorsqu’ils sont venus récupérer un colis au cours d’une opération de livraison contrôlée ce matin-là. Une accusation provisoire d’importation de drogue a été logée contre eux. Leur arrestation fait suite à la saisie de drogue sur une Française de 34 ans à l’aéroport, quelques jours plus tôt. Le samedi 29 juin, Fatoumata Souare a été interpellée pendant qu’elle empruntait le Green Channel, après sa descente d’avion, à l’aéroport SSR. Soumise à une fouille corporelle, une certaine quantité de cannabis et de haschisch a été découverte dissimulée dans la paire de leggings qu’elle portait. Interrogée, elle a déclaré qu’elle devait toucher 4 000 euros, soit environ Rs 160 000, pour transporter cette drogue. Elle a accepté de collaborer avec les enquêteurs ; une opération qui a conduit à l’arrestation des trois amis.

 


 

Les trafiquants avec «ledan platinn» et chiens de race traqués

 

Ceux qui exposent leurs signes extérieurs de richesse n’ont qu’à bien se tenir. Car l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) est sur leur piste ! Parmi ceux qui seront inquiétés, les présumés trafiquants et/ou «blanchisseurs» d’argent provenant du trafic de drogue qui ont des «ledan platinn» à profusion ainsi que des chiens de race qui coûtent plusieurs milliers de roupies. 

 

L’ICAC, qui poursuit son action visant à casser les reins de ceux mouillés dans le commerce de produits illicites, a effectué trois descentes fructueuses, le vendredi 5 juillet. Lors d’une d’entre elles, les hommes de l’ICAC ont eu du mal à entrer chez le suspect, un homme de 31 ans, à La Tour Koenig, car sa cour était gardée par deux chiens de défense, un American Staffordshire Terrier et un Rottweiler, plus connu comme l’Amstaf ou le Rott. Les limiers soupçonnent l’homme d’avoir acheté ces deux molosses avec de l’argent émanant d’un trafic illicite. Une fois à l’intérieur, ils ont saisi plusieurs horsepower ainsi que des cellulaires et des ordinateurs portables. La commission anticorruption pense qu’il a dissimulé plusieurs véhicules dans la nature.

 

Lors d’une autre descente à Riche-Terre, l’ICAC a procédé à l’arrestation d’un couple chez qui elle a recueilli plusieurs bijoux de valeur ainsi qu’un tout-terrain immatriculé en 2018. La commission soupçonne le monsieur, fiché comme ancien trafiquant notoire, d’être propriétaire de plusieurs voitures sous des prête-noms, une pratique courante dans le milieu de la drogue.

 

Un concessionnaire de voitures de Port-Louis a aussi été interpellé. L’homme, déjà inquiété dans une précédente affaire, est soupçonné de blanchiment d’argent. Un autre suspect, habitant Pailles et directeur d’un magasin de meubles, est, lui, recherché. L’Intelligence Cell de l’ICAC a des informations compromettantes contre lui. La commission a entre-temps saisi une voiture lui appartenant, évaluée à Rs 1,5 million et ayant subi plusieurs modifications.

 

Ce qui est sûr, c’est que l’ICAC ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. L’organisme va poursuivre sa série d’actions dans les jours à venir. L’objectif est de limiter la marge de manœuvre des trafiquants de drogue. D’autres suspects sont déjà dans le collimateur des limiers. L’Intelligence Cell de l’ICAC n’a pas eu trop de mal à les cibler dans la mesure où les suspects se sont trahis eux-mêmes par leur train de vie et les signes extérieurs de richesse.

 

Après l’identification des suspects, les enquêteurs s’attaquent désormais au trafic de chiens de race qui serait une spécialité des trafiquants de drogue qui ont des «ledan platinn» et s’avérerait un business hautement lucratif. Les limiers veulent savoir comment ces suspects financent l’achat et l’élevage de ces chiens de race, aussi utilisés pour assurer la sécurité des trafiquants, alors qu’ils sont sans emploi fixe. Mais il s’avère que les chiens ainsi que les dents en métaux divers (or, argent, platine, etc.) seraient financés notamment avec de l’argent issu de vols à la tire effectués par des toxicomanes qui ont ensuite échangé leur butin contre leurs doses quotidiennes.

 

Jean Marie Gangaram

 


 

Deux ados de 15 ans en détention pour possession de substances illicites

 

Ils ont tous les deux 15 ans mais leur âge n’est pas la seule chose qu’ils ont en commun. Récemment, deux adolescents de 15 ans ont été appréhendés pour trafic de drogue à un jour d’intervalle. Ils sont toujours en détention et devraient donner leur version des faits incessamment.

 

Le premier, domicilié à Cap-Malheureux, a été appréhendé chez lui le jeudi 27 juin. Le fait qu’il mène un train de vie luxueux alors qu’il ne travaille pas depuis qu’il a abandonné ses études a attiré l’attention des enquêteurs. À la mi-journée, les limiers de la division Nord de la brigade antidrogue ont débarqué chez lui pour une fouille. Un verre contenant une certaine quantité de drogue synthétique, des feuilles d’aluminium renfermant cette même drogue, 60 doses d’héroïne, deux plants de cannabis mais également un rouleau de feuille d’aluminium et une paire de ciseaux portant des traces de drogue synthétique, soupçonnés d’avoir servi à l’emballage de la drogue, ont été saisis dans sa chambre à coucher. Sollicités, ses proches n’ont pas souhaité témoigner. «Zot pe fer koumadir linn touy enn dimounn», nous ont-ils lancé, très virulents. L’adolescent est actuellement détenu au centre de détention de Petite-Rivière.

 

Le vendredi 28 juin, toujours à la mi-journée, c’est à un arrêt d’autobus, à Bambous, qu’est survenue la fouille. Suite à des renseignements précis, les limiers de la brigade antidrogue ont vérifié le contenu du sac à dos d’une étudiante habitant à Cité EDC, Rivière-Noire. Elle avait, dans son sac, 21 doses de drogue synthétique. Son entourage n’a pas non plus voulu commenter les faits. D’ailleurs, lorsque nous les avons sollicités, ils se sont montrés hostiles. «Nou latet deza ase fatige koumsa. Nou pena nanye pou dir. Ale ek pa revinn ankor», nous ont-ils déclaré sur un ton menaçant. L’adolescente est, pour sa part, détenue au Correction Youth Centre.

 

Le service de presse de la police précise que les deux jeunes ont été détenus, bien qu’ils soient mineurs, parce qu’une enquête est toujours en cours. Ils n’ont pas encore donné leur version des faits. «Bien souvent, les mineurs sont autorisés à rentrer chez eux après avoir payé une caution. Mais lorsque le délit commis est bien plus grave, l’avis du directeur des poursuites publiques est sollicité. Dans ce cas bien précis, les deux mineurs ont été placés en détention parce que l’enquête n’est pas terminée.» Les mineurs, explique notre interlocuteur, bénéficient d’un traitement spécial. «La loi nous interdit de les garder en détention avec d’autres prisonniers. De plus, durant leur séjour, ils sont suivis par des officiers de la Child Development Unit et bénéficient d’un counseling afin qu’ils puissent être remis sur les rails.» Enfin, afin de passer inaperçus, les mineurs ne sont jamais menottés lorsqu’ils se présentent en cour et sont accompagnés de policiers en civil.