Un nouveau site pour renforcer la visibilité et l’inclusion
Aller toujours plus loin. Depuis 1970, l’engagement de l’Association de Parents d’Enfants Inadaptés de l’Ile Maurice (APEIM), qui a récemment célébré son 55e anniversaire d’existence, ne cesse d’évoluer. Cette année, l’ONG a multiplié les activités afin de proposer un service encore plus inclusif. L’association, qui a su s'imposer comme un acteur majeur du paysage social en devenant une référence en termes de prise en charge de ceux souffrant d’un handicap mental, a récemment lancé son nouveau site web, une idée qui a émergé durant les célébrations entourant ce 55e anniversaire.
Ce nouvel outil digital ambitionne de réunir sur une seule plateforme interactive les dernières actualités de l’association, les informations sur les projets en cours, une fonctionnalité d’accessibilité qui permet d’adapter la lecture à des personnes ayant des besoins spécifiques et toutes les données nécessaires en ce qui concerne les nouveaux services Callithea. L’objectif de ce nouveau site web, explique Julien Quenette, directeur adjoint de l’APEIM, est d’accentuer la visibilité autour de l’association et de professionnaliser davantage son travail. «Nous avons voulu travailler sur un positionnement à long-terme visible afin de mettre davantage en lumière les causes que nous portons à l’APEIM et subséquemment, de renforcer nos efforts de plaidoyer pour les capacités, l’inclusion et les droits des personnes avec handicap intellectuel.» Il s’adresse ainsi à un public large afin de mieux faire connaître les services de l’APEIM et les enjeux auxquels l’ONG est amenée à faire face. «Si l’on resserre un peu la cible, il s’adresse également aux familles que nous suivons, ainsi qu’aux partenaires étatiques, privés, financiers et associatifs avec lesquels nous travaillons.»
Après avoir travaillé pendant plusieurs mois sur l’élaboration de ce site web, ce nouvel outil marque une évolution dans l’image que l’association souhaite projeter. «Sur le plan visuel, nous avons voulu qu’il reflète l’identité que nous construisons depuis quelque temps, mais aussi notre volonté de professionnalisation. Il est important pour nous de valoriser le niveau de structuration de nos services, qui est aujourd’hui un moteur essentiel du secteur associatif, et de déconstruire l’idée selon laquelle les associations reposeraient principalement sur le bénévolat.» Si aujourd’hui, comme la majorité des associations, l’APEIM est confrontée à un manque de ressources qui limite la mise en place d’une stratégie digitale comme elle le souhaiterait, elle avance néanmoins progressivement en fonction des moyens disponibles.
Les prochaines priorités
Parce qu’il y a toujours du travail à faire et de nouvelles avenues à explorer pour s’améliorer, l’APEIM poursuit son engagement avec plusieurs projets actuellement en chantier. Le plaidoyer, explique Julien Quenette, reste au cœur de leur mission. «Notre priorité est la mise en place d’une politique nationale plus inclusive pour les adultes en situation de handicap intellectuel. L’APEIM travaille activement à renforcer ses structures internes car les mois qui viennent correspondent à une transition de direction.»
Il y a aussi, poursuit-il, la formation qui reste au cœur des préoccupations. «Nous aurons une formation animée par Clémence Gabarros, coordinatrice pédagogique et formatrice d'Unapei Formation, France. Cette formation visait à renforcer les pratiques d’accompagnement favorisant le pouvoir d’agir et la participation des personnes en situation de handicap intellectuel.» Dans cette même dynamique d’innovation sociale, le centre Callithea sera appelé à proposer à un public externe comprenant éducateurs spécialisés, instituteurs et professionnels du secteur de l’éducation et du médical/paramédical, des programmes de renforcements des capacités dans le domaine de l’accompagnement des enfants en situation de handicap intellectuel. Le Callithea Café sera aussi appelé à évoluer. «Nous travaillons actuellement sur une réorganisation stratégique avec un alignement des activités vers une mission pédagogique menant vers l’emploi dans le secteur de la restauration, afin de répondre de manière plus ciblée aux besoins et aux parcours des bénéficiaires.»
Enfin, un voyage à Rodrigues est prévu. «Une première mission visera à accroître les partenariats sur Rodrigues et développer des programmes de formation adaptés aux réalités locales. Ces initiatives traduisent la volonté de l’APEIM de conjuguer innovation pédagogique, inclusion sociale et plaidoyer, afin d’offrir aux bénéficiaires un accompagnement toujours plus complet et porteur d’avenir.»
Callithea Learning Centre : l’autodétermination au cœur de la formation

Ce projet est le dernier né de l’APEIM, qui espère, à travers ce centre dédié à la formation du personnel et des bénéficiaires, accentuer son engagement auprès des personnes vivant avec un handicap intellectuel. Au début du mois de mai, l’APEIM et Inclusion Mauritius ont ainsi organisé, au Callithea Learning Centre de l’APEIM, à Trianon, une formation de 14 heures intitulée «Posture d’accompagnement et Autodétermination». Animée par Clémence Gabarros d'Unapei Formation (France), elle a réuni 22 professionnels du secteur de l’inclusion. Cette formation retranscrit la volonté de l’APEIM à poursuivre sa dynamique de formation continue, entamée fin 2025 avec le lancement du Callithea Learning Centre et la venue de l’ADAPEI Réunion. Cette formation a été pensée et articulée autour des besoins qui se sont fait ressentir sur le terrain. Cette formation a ainsi abordé les fondements de l’autodétermination tout en faisant le lien avec le cadre légal, la posture professionnelle et les enjeux éthiques liés à la qualité de vie des bénéficiaires et de leurs proches. Pour Jocelyne Beesoon, «cette formation marque une étape importante dans le renforcement de l’autonomie, de l’inclusion et du respect des droits des personnes accompagnées à Maurice. Portée par un fort engagement collectif, elle ouvre la voie à une dynamique positive et structurante pour l’avenir du secteur.»
Rapport annuel 2025 : entre défis et réalisations
L’année dernière a été une année importante pour l’APEIM qui, à travers les célébrations de son 55e anniversaire, a réussi, souligne Julien Quenette, à mettre en lumière plus de cinq décennies d’engagement auprès des personnes en situation de handicap intellectuel et de leurs familles. Depuis le début de cette année, l’ONG a poursuivi son travail avec la consolidation de ses services d’intervention précoce, de suivi médico-social et de formation à l’autonomie pour les jeunes adultes.
Ces derniers mois ont été, confie notre interlocuteur, chargés mais aussi remplis de challenges. «L’un des principaux défis reste la forte demande pour les services destinés aux adultes de plus de 20 ans, alors que les places disponibles demeurent limitées. Le recrutement et la rétention de professionnels spécialisés représentent également un enjeu majeur et les questions liées au financement pérenne des services restent une préoccupation importante pour les ONG du secteur. Aussi, nous constatons une augmentation des demandes de bilans et d’évaluations qui nous sont adressées, alors que certaines de ces situations pourraient être prises en charge au sein du milieu scolaire, notamment celles tombant sous l'égide du SENA.»
Aujourd’hui, souligne Julien Quenette, le manque de ressources et de professionnels formés dans certains établissements spécialisés fait peser la pression sur les structures comme l’APEIM. Malgré tout, l’association maintient le cap et arrive à mesurer son impact de plusieurs manières, notamment à travers le suivi individualisé des bénéficiaires, l’évolution de leur autonomie, leur participation sociale ainsi que l’accompagnement des familles. «Les retours des parents, des professionnels et des bénéficiaires eux-mêmes constituent également des indicateurs essentiels dans l’évaluation de nos actions.»