Elle était âgée de 73 ans, mais en faisait beaucoup moins. Ce n’était pas juste une question d’apparence, c'était aussi l’énergie débordante qu’elle dégageait encore. Domiciliée à Petite-Rivière, Lea Adelaide avait une santé de fer et un dynamisme à toute épreuve. Pour sa famille, elle était un véritable pilier dans la maison, veillant avec bienveillance à ce que tout y tourne à la perfection. Tous s’accordent à dire qu’elle aurait vécu encore longtemps si elle n’avait pas été brutalement renversée par une moto dans sa localité le jeudi 3 septembre. Au bout de seulement trois jours d’hospitalisation, elle a fini par pousser son dernier soupir, laissant derrière elle un époux, des enfants et des petits-enfants effondrés.
Chacun des matins de Lea Adelaide commençait par sa marche rituelle pour aller chercher le pain à la boutique du coin, située à quelques dizaines de mètres de son domicile, sur la route principale de Petite-Rivière. Le jeudi 3 septembre, comme d’habitude, elle avait donc quitté la maison aux alentours de 6 heures pour aller faire ses achats. Hélas, c’est alors qu’elle était en chemin qu’elle a été renversée par un deux-roues. D’après ses indications aux membres de son entourage pendant son hospitalisation, ce serait au moment de traverser la route près d’un passage pour piétons qu’une moto circulant en direction de Canot l’aurait percutée de plein fouet.
Comme elle était connue des habitants de sa localité, des témoins de la scène ont immédiatement alerté son époux James, qui s’est rendu sur les lieux accompagné d’autres proches. «Mo madam ti gagn kou dan so lerin ek so latet. Mo'nn demann kondikter motosiklet-la kouma sa finn kapav arive, li'nn zis reponn mwa ki li ti pe prese dan sa ler-la. La police a ensuite dû intervenir pour éviter tout dérapage.» Les minutes suivantes, la septuagénaire, de même que le conducteur de la moto impliquée, ont été conduits à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo pour y recevoir des soins. Si le motocycliste a eu plus de chance, Lea Adelaide, en revanche, a dû être admise. «So basin ti eklate avek kou ki li finn gagne», relate James.
Tout laissait pourtant présager qu’elle finirait par s’en remettre. «Elle était toujours consciente. Elle ne pouvait pas bouger mais arrivait tout de même à parler. C’est elle qui m’a indiqué que le motocycliste l’avait renversée pile au moment où elle allait traverser la route», explique son époux. Trois jours après son admission, soit le dimanche 6 septembre, Lea Adelaide avait donné l’impression à ses proches d’aller beaucoup mieux. «Kan nou finn al get li dan ler vizit, li ti pe koz pli bien ki bann zour presedan. Kan nou finn kit li nou'nn ale, nou pa ti kone ki sete dernye fwa ki nou ti pe koz avek li.» En effet, quelques heures plus tard, son état de santé s’est drastiquement déterioré. Elle a fini par rendre son dernier souffle aux alentours de 17 heures. Une autopsie pratiquée par le Dr Prem Chamane, médecin légiste de la police, a attribué son décès à un shock due to injuries to pelvis with myocardial infarction.
Avec son décès, ce sont plusieurs vies qui se retrouvent à jamais chamboulées car pour les membres de sa famille, «se limem ki ti lakle nou lavi ek mayon for nou fami». Maman de quatre enfants, dont une fille décédée il y a plus d’une vingtaine d’années, Lea Adelaide avait pris à sa charge la fille de cette dernière, qui souffre d’un handicap. «Elle l’a recueillie alors qu’elle n’avait qu’un an et demi et est aujourd’hui âgée de 25 ans. Se mo madam ki ti pe okip li, donn li so manze, begn li. Nous avions réaménagé toute la maison pour elle. Suite au décès de mon épouse, nous avons dû nous séparer d’elle et la ramener chez son père, qui a refait sa vie, car il n’y a plus que des hommes sous notre toit. Cela me brise le cœur mais nous n’avons pas pu faire autrement», s’attriste James. Il décrit son épouse comme une femme «douce, calme, qui a toujours été aux petits soins pour les membres de son entourage».
Pour éviter que d’autres familles vivent la même tragédie, il lance un appel aux conducteurs pour «plus de courtoisie au volant». Son neveu Curum abonde dans le même sens et lâche : «Enn sel lavi ena, pa zwe avek li.» James tient également à ce que des mesures soient prises pour éviter d’autres accidents sur cette route très fréquentée de Petite-Rivière, telles que l’installation de feux de signalisation et plus de présence policière aux heures de pointe. «Bizin fer travay-la kouma bizin. Finn ler pou lalwa pli sever ek aret bann dimounn ki pa respekte li.» Les funérailles de Lea Adelaide ont eu lieu le lundi 7 septembre.
Par ailleurs, le conducteur de la moto impliquée – un habitant de Plaine-Lauzun âgé de 49 ans – a été appréhendé suite au décès de la septuagénaire. Il a dû comparaitre devant le tribunal pour sa mise en accusation provisoire pour homicide involontaire. L’enquête suit son cours pour faire la lumière sur les circonstances de cette tragédie.