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Festival AI4GOOD Maurice 2025

Des gagnants entre technologies et éducation

6 décembre 2025

Les lauréats ont proposé des créations autour d'oeuvres littéraires.

Un mois de novembre qui a été intense à l’Institut français de Maurice. Si l’évènement Novembre numérique a beaucoup rythmé le mois dernier l’institut avec exposition et autres concerts, il a aussi été question d’intelligence artificielle pour le bien de tout un chacun, avec la nouvelle édition de ce festival qui vise les étudiants, avec une soirée de clôture qui a couronné plusieurs gagnants dans plusieurs catégories.

AI juste partout. Mais ici, AI4GOOD ! C’est en tout cas le nom de ce festival qui allie créativité, engagement et réflexion sur l’avenir de l’éducation au temps de l’intelligence artificielle. Et le vendredi 28 novembre, c’était le clap de fin pour cette édition 2025 dont le thème était Education & Innovation : Art Hybride et Culture Locale. En tout, ce sont plus de 240 élèves et étudiants issus d’établissements scolaires et associatifs de l’île qui ont participé à cette édition 2025, en venant avec plusieurs équipes dans trois catégories pour nous proposer des courts films, des créations hybrides, des photos animées, etc, avec le palmarès suivant :

PIXEL EXPLORERS (catégorie 11 – 15 ANS) : Équipe Art Ignition (Ecole du Nord secondary)

CODE BREAKERS (15 – 19 ANS) : Équipe The Bots (Collège Labourdonnais)

FUTURE DIRECTORS (19 – 25 ANS) : Équipe Les Pirogues Lumineuses (Université des Mascareignes).

Les deux premières catégories ont proposé une création AI autour du livre Le Silence des Chagos de Shenaz Patel, tandis que Les Pirogues Lumineuses se sont attardées sur le livre Paul et Viriginie.

Des gagnants en tout cas très enthousiastes à en croire leurs responsables. Patricia Meslier-Chedumbrum, prof d’Arts Plastiques de l’Ecole du Nord Secondary dira que «c’était une opportunité pour les élèves d’explorer l’art hybride, un espace créatif où l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle dialoguent pour raconter des histoires porteuses de sens. Ce projet autour de l’exil des Chagossiens a profondément touché les participants, qui ont exprimé un mélange d’émotion, de curiosité et de respect devant un pan de notre histoire qui résonne encore aujourd’hui. À travers la création de vidéos courtes, les élèves ont découvert que l’IA peut devenir un outil sensible et engagé, lorsqu’elle est utilisée avec conscience, intention et humanité. Elles ont également été guidées dans la découverte d’auteurs mauriciens, notamment Shenaz Patel, dont l’œuvre «Le Silence des Chagos» a nourri leur réflexion et enrichi leur regard.» 

«Un terrain d’exploration» 

Mehtaab Bukhuth, du Collège Labourdonnais, dira pour sa part que «j’ai beaucoup apprécié l’approche intersémiotique du concours : les participants devaient transformer un texte en images et le rendre vivant grâce aux outils d’IA générative. Notre création, intitulé Le Dernier Voyage, a été inspirée d’un passage de l’œuvre de Shenaz PATEL, Le Silence des Chagos, qui raconte le vécu de Raymonde, habitante de Peros Banos (…) Ce texte regorge d’émotions que nous avons mises en avant dans notre vidéo. D’ailleurs, au Labourdonnais College, nous avons déjà en place des applications s’appuyant sur l’IA agentique. Ces applications permettent l’élève d’analyser des textes en dialoguant avec les personnages littéraires, et c’est ce qui nous a permis de bien cerner les émotions du texte. Dès le lancement du concours, j’ai senti chez les participants une curiosité vive ; à travers le travail sur leur court métrage animé, ils ont découvert que la technologie n’est pas un raccourci, mais un terrain d’exploration qui exige réflexion, intention et sensibilité.»

Finalement, Sabeena Dowlut, doyenne de la faculté des TIC à l’Université des Mascareignes déclare que « Le défi n’était pourtant pas simple : l’événement coïncidait avec la fin du semestre pour nous, une période particulièrement intense pour nos étudiants, entre échéances de projets, travaux en continu et évaluations. À cela s’ajoutait un thème littéraire ambitieux, qui représentait un véritable challenge pour des étudiants principalement issus des filières informatiques. Grâce à l’implication de toutes les composantes de la Faculté TIC, au soutien essentiel de notre responsable du centre des Humanités Numériques, et à la motivation de nos étudiants, nous avons pu relever ce défi avec succès.»

Chaque école repart avec comme prix une imprimante professionnelle pour l’établissement. Lors de la cérémonie de clôture, il y a aussi eu une conférence-débat sur le thème L’éducation et la formation à l’ère de l’IA – réapprendre et apprendre.

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