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La Caz Lespwar : La formation, un outil pour se mettre debout

Christiane Pasnin, coordinatrice de La Caz Lespwar, est heureuse du résultat de cette formation.

Des ateliers de fleuriste… C’est ce qu’a récemment lancé La Caz Lespwar de Caritas Solitude pour des jeunes filles et des femmes sans emploi. Donner à celles-ci le maximum de connaissances pour qu’elles puissent joindre les deux bouts, c’est l’objectif de ce programme.

Abattre les barrières de la précarité en misant sur l’autonomisation des femmes à travers la formation et leur capacité à entreprendre. C’est dans cette optique que La Caz Lespwar, un programme de Caritas à Solitude, met en place des ateliers de formation et d’accompagnement pour celles issues de milieux difficiles. L’idée est de leur ouvrir les portes de l’entrepreneuriat à travers un apprentissage qui vise à les habiliter. Des ateliers de fleuriste destinés à des jeunes filles et des femmes sans emploi venant des régions de Solitude, Triolet et Pointe-aux-Piments ont ainsi été lancés récemment.

 

Depuis que cette formation a commencé, il y a environ quatre mois, une quinzaine de femmes ont pu en bénéficier. Chaque mercredi, elles se rencontrent au siège de l’association, à Solitude, pour acquérir le maximum de connaissances. Avec Marie-France Manuel, qui a longtemps exercé dans le domaine comme formatrice, elles apprennent à connaître les différentes variétés de fleurs, les styles de créations florales ainsi que les techniques pour monter des bouquets. «Lorsque j’ai pris ma retraite, je me suis dit que je devais partager mon expérience avec d’autres femmes. C’est comme ça que j’ai pris contact avec Caritas pour voir ce qu’on pouvait faire. Le but, c’est de donner à ces femmes le maximum de connaissances et qu’elles puissent à leur tour se lancer», déclare Marie-France Manuel.

 

Du côté de La Caz Lespwar, explique Christiane Pasnin, coordinatrice de La Caz Lespwar – Caritas Solitude, ce projet est venu apporter de nouvelles perspectives et opportunités pour les femmes de la région. «On est tous en train de chercher de nouvelles activités pour permettre à nos bénéficiaires de se former et de pouvoir se mettre debout sur leurs pieds. Lorsque Marie-France Manuel nous a approchés, nous avons été immédiatement séduits par le projet.»

 

En plus du jardin communautaire – les bénéficiaires y plantent des légumes qu’elles revendent ensuite pour gagner leur vie – qui est un vrai succès, les ateliers de fleuriste proposent de nouvelles débouchées pour celles qui ont souvent du mal à garder la tête hors de l’eau. Pour Christiane Pasnin, l’idée derrière ces ateliers de formation et de création florale est de permettre aux bénéficiaires de gagner en indépendance et en autonomie. C’est pour cela que tout est mis en place pour qu’elles reçoivent tous les outils possibles afin qu’elles puissent à leur tour s’en sortir et avancer au quotidien en trouvant du travail ou en se mettant à leur compte. «Il faut qu’après ça, elles arrivent à gagner leur vie mais auparavant, il faut qu’elles soient formées. Chaque mercredi, elles viennent et l’apprentissage se passe très bien. Une de nos bénéficiaires a d’ailleurs récemment trouvé un emploi dans un hôtel. C’est encourageant pour les autres et pour nous car ça nous montre que nous sommes sur la bonne voie.»

 

Patience  Béa Chavry, 22 ans, est la maman de deux filles, âgées de 2 ans et 7 mois. Il y a quatre mois, c’est à travers une amie qu’elle a appris que La Caz Lespwar lançait des cours de fleuriste pour les femmes de la région. Une information que la jeune femme, qui rêve de devenir fleuriste, interprète comme un signe. Elle y a vu l’espoir d’un lendemain meilleur. «Ce n’est pas facile tous les jours. Sans emploi, ce n’est vraiment pas évident de s’en sortir, surtout quand il faut s’occuper de deux enfants. Heureusement que ma fille vient au centre d’éveil de Caritas. Avec cette formation, j’espère pouvoir aller de l’avant et garantir un meilleur avenir pour mes deux enfants et ma famille», confie-t-elle. 

 

Elle qui n’avait aucune connaissance des fleurs avant de commencer cette formation est aujourd’hui heureuse d’apprendre et de monter des bouquets, même si, dit-elle, c’était un peu compliqué au début. «Mais avec le temps et la patience, tout vient naturellement. Aujourd’hui, j’aime beaucoup ça.» Depuis qu’elle participe aux ateliers de fleuriste mais aussi de jardinage dans le jardin communautaire, Béa Chavry est beaucoup plus optimiste face à l’avenir. «Je veux plus que jamais travailler. Avec ce cours, je pourrai peut-être lancer mon business et gagner ma vie. Ce serait merveilleux. Avec le jardinage, j’ai aussi appris plusieurs choses, par exemple, comment planter des petits trucs à la maison pour limiter les dépenses.»

 

Face à l’enthousiasme des bénéficiaires mais aussi du public, qui a pu découvrir les créations des bénéficiaires sur la page Facebook de La Caz Lespwar – Caritas Solitude, l’équipe a désormais de nouveaux projets en tête. «Nous postons souvent des photos de ce que font les bénéficiaires sur notre page et plusieurs personnes se sont montrées intéressées à acheter les créations ou à passer des commandes. On se dit : pourquoi ne pas se lancer ?» lance Christiane Pasnin.

 

Aujourd’hui, avec Marie-France Manuel, elle envisage de cultiver des fleurs dans le jardin communautaire du centre ou encore d’ouvrir un atelier de création et une petite boutique où les Mauriciens pourraient commander et acheter des bouquets. À travers ça, les femmes pourraient avoir une source de revenus qui leur permettrait d’assurer de meilleurs jours à leur famille.