Le 15 juillet dernier, elle a été jugée coupable de complicité dans le cadre du meurtre de son beau-père Indurduth Auckloo à une majorité de huit jurés contre un. Le lundi 27 juillet, soit près de neuf ans après ce crime sordide, le tribunal a enfin tranché. Henna Auckloo a ainsi été condamnée à 25 années d’emprisonnement ; une sentence prononcée par la juge Prameeta Goordyal-Chittoo. Le temps qu’elle a passé en détention préventive sera déduit de sa peine.
Cette tragédie, rappelons-le, remonte au 14 septembre 2017, à Résidence St-Luc, Forest-Side. Après une violence altercation avec son fils Akash, Indurduth Auckloo, âgé de 64 ans au moment des faits, a été agressé mortellement, notamment à coups de couteau et de marteau. Une autopsie a établi qu’il avait eu les côtes brisées et qu’il comptait au moins de sept plaies profondes causées par arme blanche, dont l’une lui ayant sectionné une artère principale. Le lendemain des faits, Akash, considéré comme l’auteur du crime, a été retrouvé pendu dans un verger à Camp-des-Embrevades, à Pamplemousses, où il s’était réfugié avec son épouse Henna Auckloo. Cette dernière a, quant à elle, été appréhendée pour complicité.
Durant le procès, Henna Auckloo a nié toute culpabilité et a indiqué qu’elle continuerait de se battre pour prouver son innocence. Défendue par Me Hamid Jagoo et son équipe, elle dit s’être évanouie au moment des faits et prétend avoir agi sous la contrainte de son mari. Elle s’est ensuite appesantie sur la vie difficile qu’elle avait eue jusqu’ici. Elle est issue d’une famille modeste et son père a toujours été le sole provider et continue de s’occuper d’elle jusqu’à présent, tandis que sa mère est une femme au foyer. Elle était l’aînée d’une fratrie de trois enfants, jusqu’à ce que sa plus jeune sœur se donne la mort durant la pandémie de Covid-19.
Détentrice d’un School Certificate, d’un Higher School Certificate et d’un Diploma in Health Care, elle travaillait dans le domaine médical auparavant mais n’a pas été en mesure de décrocher un emploi durant la période où elle avait été libérée sous caution. Elle était donc restée à la maison et s’était occupée de sa mère malade. Elle a indiqué qu’au-delà du fait que la mort tragique de sa sœur et la santé fragile de sa mère l’avaient beaucoup affectée, elle n’avait pas, non plus, eu une vie heureuse lorsqu’elle vivait sous le toit de ses beaux-parents. Elle a réclamé la clémence de la cour en faisant ressortir qu’elle avait toujours respecté les conditions de sa remise en liberté et qu’elle n’avait jamais eu de démêlés avec la justice avant cette affaire. Elle a aussi indiqué qu’elle regrettait amèrement de ne pas avoir été chercher de l’aide le jour du drame, au lieu de tenter d’arracher le marteau des mains de son beau-père.
La poursuite, représentée par Me Audrey Stephen, a, cependant, fait ressortir que la jeune femme n’avait pas collaboré avec les enquêteurs et qu’elle avait menti à plusieurs reprises. Elle a soutenu qu’Henna Aukloo n’avait pas agi en tant que simple spectatrice puisqu’elle aurait non seulement remis le couteau utilisé pour commettre le crime à son époux, mais aurait également empêché les voisins d’intervenir lorsque son beau-père a appelé à l’aide. L’enquête a aussi révélé que la jeune femme avait participé au nettoyage de la scène de crime après les faits et fui les lieux en voiture avec son époux après l’avoir aidé à envelopper le corps.
En prenant en considération tous les éléments mentionnés, la juge Prameeta Goordyal-Chittoo a indiqué qu’elle ne pouvait pas «overlook the seriousness of the offence committed by the accused. The Court views with utmost concern the assistance lent to the main author by the accused who was no less than the daughter-in-law of the deceased who died at the hands of his son. The accused is a person whom the deceased would normally be expected to trust». Elle a jugé qu’il était impératif qu’un signal fort soit envoyé, lui infligeant ainsi une sentence de 25 années d’emprisonnement.