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Interdiction des téléphones en classe : une mesure bien accueillie

4 avril 2026

À partir du deuxième trimestre, le ministre de l’Éducation Mahend Gungaparsad entend renforcer l’application des règles encadrant l’usage des téléphones portables et autres appareils connectés en milieu scolaire. Avec l’entrée en vigueur prochaine des Education (Control and Use of Personal Mobile Devices in School Premises) Regulations 2026, ces dispositifs seront interdits en classe. Annoncée depuis l’année dernière, cette mesure vise, selon le ministre, à instaurer un environnement d’apprentissage plus sécurisé, en limitant notamment le cyberharcèlement et les sources de distraction. Alors que ces nouvelles dispositions, actuellement en phase de finalisation, doivent bientôt être soumises au State Law Office et au Cabinet, nous sommes allés à la rencontre de jeunes étudiants, de parents d’élèves et d’enseignants afin de recueillir leurs avis sur ce changement qui pourrait transformer le quotidien dans les écoles.

Chanaelle Ramchelawon, étudiante en Grade 12 : «Je suis plutôt favorable à cette mesure»

«Dans mon école, au collège de Lorette de Rose-Hill, les téléphones sont déjà interdits sans la permission des professeurs. C’est donc une règle à laquelle je suis habituée, et je trouve qu’elle aide beaucoup à mieux se concentrer en classe. Je pense que la mesure proposée par le ministre est une bonne idée, car elle peut réellement améliorer l’attention et la discipline des élèves. Le téléphone peut aussi parfois être utilisé pour du cyberharcèlement, même pendant les heures de classe. Le fait d’en limiter l’usage peut donc contribuer à réduire ce type de problème. En même temps, je considère que le téléphone reste un outil utile, notamment pour effectuer des recherches ou travailler sur des projets, mais uniquement lorsque le professeur en donne l’autorisation.»

Yoan Mangue, étudiant en Grade 11 : «Une initiative réfléchie et bénéfique pour le milieu éducatif»

«Cette mesure vise avant tout à créer un environnement d’apprentissage plus sain, structuré et propice à la concentration. En tant qu’élève, j’ai pu constater que l’absence de téléphones en classe réduit considérablement les distractions. Les élèves sont davantage attentifs, participent plus activement et s’impliquent pleinement dans leur apprentissage. Cette décision contribue également à inculquer des valeurs essentielles telles que la discipline, le respect et la responsabilité. Toutefois, il est important de reconnaître que les nouvelles technologies peuvent être des outils pédagogiques utiles lorsqu’elles sont utilisées de manière encadrée. Une utilisation contrôlée et guidée par les enseignants pourrait ainsi compléter efficacement cette démarche.»

Marie-Paule Jelin, parent d’élève : «Un environnement d’apprentissage plus propice à la réussite»

«Personnellement, je suis très favorable à l’adoption de cette nouvelle mesure. Elle permettra de promouvoir un apprentissage mieux encadré, où les élèves seront plus concentrés en classe, ce qui pourrait même améliorer leurs performances académiques. Par exemple, mes enfants, une fois en classe, éteignent leur téléphone portable et le remettent à leur professeur, qui le range ensuite dans une boîte jusqu’à la fin des cours. Cette pratique favorise une meilleure attention et limite les distractions. Beaucoup d’élèves ont tendance à rester constamment accrochés à leur téléphone, ce qui nuit à leur concentration. Il existe également des cas de cyberharcèlement. Cette mesure pourrait donc contribuer à réduire ces dérives.»

Hillary Christophe, enseignante dans une école secondaire : «Une mesure nécessaire pour un cadre d’apprentissage plus sain»

«Je suis favorable à la restriction des téléphones portables à l’école. Aujourd’hui, de nombreux adolescents sont constamment absorbés par leur usage, ce qui entraîne des distractions et une baisse de concentration en classe. De plus, leur utilisation peut favoriser des phénomènes comme le cyberharcèlement. Dans l’établissement où je travaille, les téléphones sont collectés chaque matin après l’appel. Cette mesure permet aux élèves de se déconnecter de leur environnement numérique pendant les heures de cours et de se recentrer sur leurs apprentissages. Les effets observés sont positifs : les élèves se montrent plus attentifs, participent davantage et se concentrent mieux. Cette initiative contribue ainsi à instaurer un cadre d’apprentissage plus sain, plus apaisé et plus sécurisant.»

Shynee Raumessur, étudiante en école supérieure : «Promouvoir une école plus saine et plus sécurisante»

«Dans la réalité, cette décision pourrait vraiment faire une différence. Les téléphones prennent souvent toute l’attention : messages, réseaux sociaux, photos. Il devient difficile pour un élève de rester concentré et de suivre le rythme du cours. En limitant leur utilisation, on favorise une présence plus active en classe et une meilleure qualité d’apprentissage. Cette mesure vise également à réduire les comportements en ligne blessants susceptibles de nuire au bien-être des élèves. Même si certains estiment que la technologie peut enrichir l’enseignement, cette démarche veut surtout encadrer son usage. Cela semble aller dans le sens d’une école plus saine et plus sécurisante.»

Christina Chan Meetoo, Senior Lecturer in Media & Communication, University of Mauritius : «Ce ne sont pas les téléphones mais les usages addictifs des applications qui posent problème»

«Ce n’est pas tant le téléphone portable que les applications que nous y utilisons de manière addictive qui posent problème. La tendance dans plusieurs pays est de limiter, voire interdire l’utilisation des téléphones à l’école en raison des effets néfastes des réseaux sociaux sur la psychologie et les comportements, affectant la concentration et le bien-être des jeunes. L’auteur Jonathan Haidt a beaucoup écrit sur ce qu’il appelle «The Anxious Generation», un effet délétère qui semble corroboré par certains rapports internes des plateformes elles-mêmes. Un autre auteur, Cory Doctorow, explique que ces entreprises font de l’enshittification, terme qu’il a forgé pour décrire les stratégies commerciales malhonnêtes des grosses entreprises technologiques pour nous emprisonner dans leurs filets. Au-delà du contrôle, il faut idéalement proposer une responsabilisation et un accompagnement pédagogique pour les jeunes, pour qu’ils aient une meilleure compréhension du modèle de fonctionnement des plateformes, des différents acteurs qui y sont et de leurs motivations, et aussi des risques associés aux comportements types. On peut aussi aborder les questions de protection de ses données, d’atteinte aux droits des autres, au respect de ses camarades et du personnel… Les problématiques sont multiples et susceptibles d’évoluer au fil du temps, avec de nouveaux usages qui n’arrêtent pas d’être inventés.

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