Une affaire qui éclabousse définitivement la Junior Minister, que nous avons essayé de joindre en ce samedi, en vain. Par contre, l’avocat de Gulshan Govind, Me Rouben Mooroongapillay, nous a déclaré, la concernant : «Véronique Leu Govind n’a pas à être inquiétée pour le moment.» Il a aussi précisé que l'enquête n'en était qu'à ses débuts. Sollicité, le DASP Suhail Lidialam, du Police Press Office (PPO), abonde dans le même sens. «Chaque cas est spécifique. Tout dépend de l’orientation que prend l’enquête. Si les explications d’un suspect laissent supposer que les membres de sa famille n’étaient pas au courant de ce qu’il avait en sa possession, ils n’ont pas à être inquiétés.»
Le Premier ministre Navin Ramgoolam n’a pas manqué de commenter cette affaire dans les médias. Il a notamment déclaré que l’enquête se déroulera sans «ingérence politique» tout en réaffirmant son combat contre la drogue. Il a aussi dit qu’il respectait le principe de la présomption d’innocence et qu’il continuera de suivre l’évolution de l’affaire avant de décider de la marche à suivre concernant la Junior Minister.
Le parti des Nouveaux Démocrates, au sein duquel évolue Véronique Leu Govind, s’est, lui, fendu d’un communiqué : «Les Nouveaux Démocrates réaffirment leur attachement indéfectible au respect de l’Etat de droit, notamment au principe fondamental de la présomption d’innocence (…) réitère son soutien total aux institutions et aux services de l’Etat engagés dans la lutte contre le trafic, la consommation et la distribution illicites de drogues (…) Les Nouveaux Démocrates sont pleinement conscients de que cette situation représente une situation particulièrement difficile pour Madame Véronique Leu-Govind, tant sur le plan personnel que dans l’exercice de ses responsabilités publiques (…) Le parti se réserve le droit de prendre, en temps utile et à la lumière des éléments établis, toute décision qu’elle estimera appropriée, dans le respect des principes de justice, de responsabilité et de l’intérêt général.»
En tout cas, les réactions ont été nombreuses durant la journée de ce samedi. Plusieurs ont, par ailleurs, réclamé la révocation de la Junior Minister, à l'instar d’Adrien Duval et de Jameel Peerally.
Rappelons que l’arrestation du Gulshan Govind, déjà fiché pour trafic de drogue, a eu lieu le vendredi 31 juillet sur la base d’une enquête sur un réseau de trafic de drogue entre Maurice et La Réunion. Cela fait suite à la saisie d’une cargaison de 100 kilos de cannabis par les autorités réunionnaises il y a une semaine à l’embouchure de la Rivière du Mât, à Bras-Panon, à l’île sœur. À ce stade, les enquêteurs soupçonnent Gulshan Govind de complicité en facilitant un drug trip entre Maurice et La Réunion et comptent l’interroger en ce sens.
Aussi, lors d’une perquisition de son domicile, à Case-Noyale, une fiole de méthadone et quatre plants de cannabis, qui se trouvaient dans des pots sur le toit de sa maison, ont été saisis. Un autre suspect a également été appréhendé dans le cadre de l’enquête sur cette saisie d’envergure, soupçonné d’avoir fait partie de l’équipage ayant effectué ce trajet. Il s’agit de Ravindra Chimajee, qui habite également à Case-Noyale. Admis dans une clinique pour des raisons de santé, son interrogatoire aura lieu ultérieurement.