Publicité

#ToPaTousel

Les jeunes d’ANFEN passent à l’action

13 juin 2026

Face à la détresse que ressentent de plus en plus de jeunes, ANFEN a choisi de placer la santé mentale au cœur de son accompagnement et de ses actions. Avec #ToPaTousel, les choses avancent dans la bonne direction afin de créer un véritable changement.

La santé mentale est essentielle. Plus on la néglige, plus les conséquences peuvent être graves. Le constat est alarmant. Ces derniers temps, plusieurs jeunes ont perdu la vie. Ces drames, qui attristent et interpellent, rappellent l’importance de parler de la détresse psychologique et de ne pas laisser ceux qui souffrent affronter seuls leurs difficultés qui, à leurs yeux, semblent insurmontables. Et ça, ANFEN (Adolescent Non Formal Education Network), présente dans 21 centres à Maurice dont trois à Rodrigues, l’a très bien compris. Depuis plus d’un an maintenant, l’ONG place la santé mentale au centre de son accompagnement des jeunes en rupture scolaire.

Grâce à cette initiative, 80 ambassadeurs de la santé mentale ont été formés jusqu’ici afin d’aider à briser les tabous et de promouvoir le bien-être chez les jeunes. Au-delà du suivi individuel, cette initiative, qui se décline en deux phases, s’aligne sur les Objectifs de Développement Durable en favorisant la santé, le bien-être et l’accès à une éducation inclusive et de qualité. Après une première phase qui consistait à mieux comprendre les réalités et les besoins des jeunes en matière de santé mentale avant de les former à devenir des Ambassadeurs de la Santé Mentale, la phase 2 du projet a été lancée récemment.

À cette occasion, une journée rassemblant tous les jeunes ambassadeurs a eu lieu récemment. Une campagne de sensibilisation est aussi prévue pour le dernier trimestre de cette année où ils entreront en action. En attendant, cette rencontre a permis au groupe de voter pour le slogan qui représentera cette campagne qui est #ToPaTousel. Bien plus qu’un hashtag, il agit comme un message fédérateur tout en appelant la solidarité, la bienveillance et l’écoute des uns et des autres. Alors qu’aujourd’hui encore, la santé mentale reste encore un sujet tabou et difficile à aborder, #ToPaTousel rappelle qu’avec une oreille attentive et une main tendue, il est possible de briser l’isolement et d’apporter un soutien précieux à ceux qui en ont besoin.

Aujourd’hui, la phase 2 confirme la volonté d’ANFEN de donner aux jeunes l’espace, le soutien, les outils et la confiance nécessaires pour s’exprimer librement, demander de l’aide et prendre soin de leur santé mentale. Il est surtout question de faire d’eux des acteurs du changement pour créer un environnement plus bienveillant, inclusif et non violent.

La parole aux jeunes

Léana, 13 ans, Atelier de Formation Joie de Vivre, Chemin Grenier : «Nous allons transmettre ce que nous avons appris à nos amis à l’école, sur le harcèlement, les tabous et l’entraide. Nous souhaitons aussi mettre en place quelques activités pour travailler sur l’entraide à l’école.»

Bérilise, 13 ans, Association Etoile de Mer, Roches-Noire : «Il est important de pouvoir identifier un adulte vers qui nous pouvons nous confier dans des cas de bullying. Nous réalisons que le bullying peut faire beaucoup de mal.»

Izzy, 12 ans, Mahebourg Espoir, Ville-Noire : «J’ai fait plein de rencontres et nous avons appris beaucoup de choses, notamment sur l’Amour et l’Amitié. »

Alexa, 13 ans, Mahebourg Espoir, Ville-Noire : «Nous avons parlé de la solitude et de l’importance d’exprimer nos émotions. Cela m’a fait réaliser que mes amis autour de moi peuvent vivre dans la solitude de par ce qu’ils vivent chez eux.»

Strella, 12 ans, To Rev Nou Vision, Beau-Bassin : «Le bullying peut mener au suicide chez le jeune. Le respect des autres dans leur différence est important.»

Saminta Arjoon, Psychosocial Lead : Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte de courage et de force»

La santé mentale des jeunes est aujourd’hui au cœur de nombreuses préoccupations. Quels sont les principaux défis ou difficultés que vous observez chez les adolescents que vous accompagnez ?

La santé mentale des jeunes est effectivement un enjeu majeur aujourd’hui. Suite à une étude psychosociale menée par ANFEN en 2024 auprès des jeunes, nous constatons, entre autres défis chez les adolescents que nous accompagnons, de l’anxiété et du stress liés aux pressions scolaires, aux attentes familiales et à l’incertitude face à l’avenir. Nous constatons également des difficultés liées à l’estime de soi et à l’image corporelle, souvent amplifiées par l’utilisation des réseaux sociaux et la comparaison constante avec les autres. De nombreux jeunes de notre réseau éprouvent aussi un sentiment d’isolement ou de difficulté à trouver leur place au sein de leur famille, de leur groupe d’amis ou de la société.

D’autres problématiques récurrentes incluent les conflits familiaux, les violences sous différentes formes (harcèlement scolaire, cyberharcèlement, violence domestique), les traumatismes, les comportements à risque ainsi que des symptômes dépressifs pouvant parfois conduire à des idées suicidaires. Beaucoup expriment également des craintes liées au jugement si leurs difficultés venaient à être divulguées. En parallèle, l’accès aux services de santé mentale constitue un obstacle important. Les services privés sont souvent hors de portée en raison des coûts élevés, tandis que les services publics font face à une forte demande, avec des délais d’attente importants et des rendez-vous parfois trop espacés. À cela s’ajoutent les préjugés et la stigmatisation qui freinent la recherche d’aide et retardent la prise en charge.

Quel bilan faites-vous de la première phase du Projet Santé Mentale Jeunes ?

Le bilan de cette première phase est très encourageant. Nous avons constaté une meilleure capacité des jeunes à exprimer leurs émotions, à demander de l’aide et à gérer certaines situations de stress ou de conflit. Le projet a également permis de sensibiliser les jeunes à l’importance de la santé mentale, de réduire certains préjugés et de renforcer leurs compétences psychosociales.

Nos ambassadeurs de la santé mentale ont pris conscience de l’impact de leurs paroles et comportements. Plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui plus à l’écoute de leurs pairs et encouragent ceux qui rencontrent des difficultés à demander de l’aide. Au-delà des participants, nous observons aussi une prise de conscience croissante dans nos centres éducatifs sur l’importance du bien-être des jeunes.

Pourquoi était-il important pour ANFEN de placer les jeunes au centre de cette campagne, notamment à travers le rôle d’ambassadeurs?

Il était essentiel de placer les jeunes au cœur de cette campagne, car ils sont les premiers concernés par les enjeux de santé mentale. En leur donnant un rôle d’ambassadeurs, nous leur permettons de devenir acteurs du changement, de porter un message positif et de contribuer à briser les tabous. Notre objectif est de permettre à chaque jeune de développer sa résilience, ses compétences psychosociales et sa capacité à faire face aux défis de la vie de manière saine et constructive. La tagline #ToPaTousel, définie par les jeunes eux-mêmes, reflète un message simple mais puissant : chacun peut traverser des difficultés, mais personne ne doit les affronter seul. Elle encourage la solidarité, l’entraide et la recherche de soutien, tout en rappelant aux jeunes qu’au sein du réseau ANFEN, ils font partie d’une communauté à l’écoute et présente pour les accompagner.

Quels sont les objectifs de cette deuxième phase et quel message souhaitez-vous transmettre aux jeunes qui pourraient traverser une période difficile ?

La deuxième phase vise à renforcer et amplifier les résultats de la première, en donnant encore plus de place à l’expression et à la créativité des jeunes. Nous souhaitons approfondir la sensibilisation à la santé mentale à travers leur engagement actif, notamment via la production de vidéos inspirées de leur réalité. Des ateliers de storyboard writing et de tournage sont prévus afin de leur permettre de construire eux-mêmes les messages qu’ils souhaitent transmettre. Ces activités, qui débuteront dès le 19 juin 2026, visent à valoriser leur parole et à renforcer la prévention par des messages portés par les jeunes, pour les jeunes.

Le message clé est simple : il est normal de ne pas se sentir bien parfois, mais personne ne devrait traverser ces moments seul. Nous encourageons les jeunes à parler, à demander de l’aide et à se tourner vers des personnes de confiance et des professionnels. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte de courage et de force.

Publicité