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Bradley Chan Tsun Ching

«Ma nouvelle mission comme jeune conseiller municipal à La Réunion...»

10 avril 2026

Des expériences, de l’apprentissage et... une nouvelle mission. C’est dans un climat politique tourné vers 2027 pour la présidentielle que les élections municipales françaises se sont tenues les 15 et 22 mars, mobilisant des millions d’électeurs en métrop

«Je serai un conseiller municipal à l’écoute, mais je veux surtout ouvrir des portes pour les jeunes de la commune...» C'est ce que nous confie le Mauricien Bradley Chan Tsun Ching, jeune conseiller municipal fraîchement élu au sein de la commune de Bras-Panon dans l'île Soeur.

Des expériences, de l’apprentissage et... une nouvelle mission. C’est dans un climat politique tourné vers 2027 pour la présidentielle que les élections municipales françaises se sont tenues les 15 et 22 mars, mobilisant des millions d’électeurs en métropole comme dans les départements et territoires d’outre-mer. Entre la campagne intense, la mobilisation des électeurs, et l’effervescence autour de ces élections, un jeune Mauricien a savouré pleinement cette belle aventure. À 27 ans, Bradley Chan Tsun Ching est ainsi devenu un jeune conseiller municipal, à la mairie de Bras-Panon à l’île de la Réunion, une mission qui lui tient à cœur et dans laquelle il a décidé de se donner à fond. C’est donc très motivé que le jeune homme a accepté de répondre à nos questions.

Et pour planter le décor, nous l’invitons à nous parler de son intérêt pour la politique : pourquoi avoir décidé de se lancer dans cette nouvelle aventure des municipales ? Point d’hésitation et sûr de lui, Bradley Chan Tsun Ching est gonflé à bloc. «Je suis arrivé à La Réunion et à Bras-Panon à l’âge de 12 ans. C’est une commune qui m’a adopté et qui m’a permis de vivre une vie d’adolescent comme tous les autres jeunes de cette ville même si je n’étais pas né ici. J’allais réviser et faire mes fiches pour préparer le brevet et le bac à la médiathèque municipale. J’ai bénéficié d’une aide financière de la ville pour faire mes études supérieures à la suite du bac. Et quand je suis parti pour Paris pour poursuivre mes études, j’ai toujours gardé en tête que j’allais un jour rentrer à Bras-Panon pour mettre au service de la commune tout ce dont j’avais appris durant mes études et mes expériences professionnelles dans les institutions à Paris. C’est ce qui m’a motivé à venir m’engager pour ma commune», nous confie le jeune homme qui a compris très tôt ce qu’il voulait faire dans la vie: «Quand j’étais chef de cabinet au sénat, j’ai eu l’occasion de croiser le maire Jeannick Atchapa qui m’a félicité et exprimé sa fierté de voir un jeune de sa commune dans les arcanes du pouvoir à Paris et il m’avait aussi rappelé que je ne devais pas oublier Bras-Panon. C’est là toute la genèse de ma volonté à venir m’investir pour la ville...»

Mais avant d’élaborer un peu plus sur son nouveau poste de conseiller, nous invitons Bradley à nous parler de son parcours: «J’ai fait des études de Sciences Sociales, après un baccalauréat littéraire. Par la suite, je suis devenu chef de rubrique pour le magazine féminin du Journal de l’île de La Réunion en correspondance à Paris. En parallèle, j’ai fait un double master en Communication politique et en Management des Affaires Publiques à l’European Communication School of Paris et à l’École des Hautes Études Internationales et Politiques.»

Avec Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle de 2027.

Pour le reste, il s’est nourri de toutes les opportunités qui se sont présentées à lui. Et pour son expérience politique pendant les dernières municipales, le jeune politicien ne retient que de belles choses : «J’ai appris que j’étais beaucoup plus résilient que je ne l’étais. J’ai appris qu’une campagne à l’échelle locale n’avait rien à voir avec une campagne nationale comme une présidentielle. J’ai surtout appris que rien ne valait un engagement personnel, un engagement vis-à-vis des individus. Car avant de devenir élu moi-même, j’étais dans l’ombre des hommes politiques...»

«Mon existence est politique»

Et quelles sont les raisons derrière sont penchant pour la politique ? Pour lui, il est surtout question d’engagement et de se mettre au service des autres. «J’ai grandi avec un grand-père Mauricien qui avait immigré en France dans les années 70 sous Giscard et qui avait vu de ses propres yeux des lois progressistes que votait le parlement français à l’époque, comme la loi Veil. Et il m’a beaucoup parlé de sa vie en France. À la maison, on regardait beaucoup plus la télé française. On suivait les questions au gouvernement du parlement français bien plus que l’actualité mauricienne. Je peux dire que j’ai été élevé comme un petit Français alors que je vivais dans un territoire étranger. Aussi, mon existence est politique. J’ai assumé très tôt mon homosexualité et j’ai connu des thérapies de conversion. J’ai aussi connu des discriminations en France du fait que je sois un immigré. J’ai donc toujours voulu m’engager pour une idée d’une France progressiste et libre. Et c’est la France qui m’a tout donné ! J’ai pu grâce à ce pays et à son système éducatif faire 7 ans d’études, dont deux masters dans de grandes écoles. Il faut bien que je rende à la France tout ce qu’elle m’a donné !», raconte le jeune homme avec conviction.

Aujourd’hui, il se sent investi d’une responsabilité qui lui apporte beaucoup tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel : «Sur le plan personnel, je souhaite aujourd’hui continuer mon combat pour l’émancipation de la jeunesse. Je veux que tous les jeunes de Bras-Panon puissent réaliser leurs rêves les plus chers comme j’ai pu le faire. Je n’ai pas vraiment une idée de carrière en politique. Je veux juste être utile à la société.»

Et des dernières semaines, il dit avoir tout vécu intensément : «Je retiens qu’une campagne locale est quand même plus violente qu’une campagne nationale, qu’il y a des attaques très personnelles. Mais je retiens surtout le soutien populaire, les rencontres avec les gens, la découverte du terrain. Et je retiens surtout un score de 70% dès le premier tour ! Comme on dit dans le milieu : c’est un score soviétique !»

Maintenant au travail, il n’a pas peur des défis à venir. Quel genre de conseiller sera-t-il ? La réponse fuse tout de suite: «Je serai un conseiller municipal à l’écoute, mais je veux surtout ouvrir des portes pour les jeunes de la commune. J’ai eu la chance, à travers mes études et mes expériences professionnelles, de pouvoir me constituer un réseau solide dans les institutions parlementaires, ministères, au parlement européen et dans les instances internationales. Et aujourd’hui, je veux mettre ce réseau au service de la ville.»

Des projets, il en a beaucoup. «Ma priorité sera de m’assurer que tous les jeunes de la ville puissent faire les études qu’ils souhaitent faire, vivre la vie qu’ils veulent vivre et que les Panonnais, comme les Réunionnais, soient traités comme des Français à part entière. Je veux placer Bras-Panon comme le joyau de l’est de l’île et qu’on parle de la commune jusqu’à Paris. Comme on dit, je veux plus que jamais que Bras-Panon soit placé sur la carte nationale...», dit celui qui espère plus que tout honorer la confiance que les électeurs ont placée en lui..

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