Publicité

Mpox, Chikungunya, Leptospirose

Maurice renforce sa vigilance sanitaire

25 avril 2026

Les autorités multiplient les actions pour contenir plusieurs maladies potentiellement graves présentes dans le pays.

Alors que les autorités sanitaires tentent de contenir plusieurs maladies qui circulent actuellement sur notre territoire, elles rappellent l’importance que chaque Mauricien agisse avec prudence et responsabilité.

Le message des autorités est clair et sans ambiguïté. Les Mauriciens doivent plus que jamais faire preuve de prudence et agir ensemble pour limiter la propagation des maladies sans pour autant céder à la panique. Alors que plusieurs maladies circulent actuellement dans le pays, notamment le Mpox, connu comme la variole du singe, la leptospirose et le chikungunya, les officiers du ministère de la Santé gardent les yeux rivés sur leur évolution, suivant la situation de près afin de contenir tout risque de propagation.

D’abord, concernant le Mpox, deux cas importés ont été confirmés chez des hommes revenus récemment de voyage à Madagascar. Âgés de 31 ans et de 46 ans, l’un est un Mauricien et l’autre, un étranger. Hospitalisés à l’hôpital de Souillac où ils sont en isolation, leur état de santé est stable. Les autorités, qui ont immédiatement lancé le contact tracing, assurent que la situation est sous contrôle et que tout est fait pour éviter la propagation de la maladie. Pour rappel, le Mpox se transmet par contact rapproché et provoque de la fièvre, de la fatigue ainsi que des lésions cutanées. Le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé, nous donne plus de détails : «Nous sommes allés voir les personnes en contact avec le cas mauricien et, pour le moment, leur état de santé est stable. Elles sont en isolation chez elles et nous les suivons au quotidien. Pour le deuxième cas, qui est un étranger, nous menons toujours l’enquête. Il souhaite rentrer chez lui, mais nous ne pouvons pas le laisser partir sans le feu vert du dermatologue car le Mpox se manifeste par de la fièvre et des lésions cutanées sur les mains, les pieds et même les parties intimes. Il faut que ses tests soient négatifs d’abord.»

La leptospirose, maladie d’origine bactérienne qui se transmet par de l’eau contaminée et l’urine de rats reste, pour sa part, préoccupante. Deux nouveaux cas ont été enregistrés portant à 18 le nombre total de cas dont deux cas actifs. Un quatrième décès lié à la leptospirose a été confirmé par les autorités le mardi 21 avril. Il s’agit d’un homme de 63 ans, habitant Roche-Bois, qui présentait, selon le ministère, des comorbidités. Les deux cas actifs n’inspirent pour l’heure aucune inquiétude, affirme le Dr Fazil Khodabocus. Il est toutefois important, insiste-t-il, de garder son environnement propre. «Ce que nous remarquons, c’est que ce sont surtout les personnes âgées ou les travailleurs manuels qui sont touchés, notamment ceux qui n’utilisent ni bottes ni gants. Il ne faut pas marcher pieds nus lorsqu’il pleut et il ne faut surtout pas laisser les rats proliférer dans votre environnement. Si vous avez de la fièvre, consultez un médecin : il vous prescrira des antibiotiques pour traiter la maladie et éviter les complications.»

Il en va de même pour le chikungunya, maladie virale transmise par les moustiques, qui poursuit sa progression avec 68 nouveaux cas recensés le jeudi 23 avril, portant à 1 645 le nombre de cas enregistrés depuis le début de l’année, dont 129 cas actifs à ce jour. Si jusqu’ici, les cas se concentraient dans la région de Rose-Hill, ils semblent désormais se déplacer vers d’autres localités comme Quatre-Bornes, Vacoas, Palma et Bassin, qui ont enregistré une hausse des contaminations. Il y a aussi quelques cas isolés à Port-Louis, dans le Nord et dans le Sud, souligne le Dr Fazil Khodabocus. *«Tous les jours, nous recensons entre 40 et 50 cas. Les chiffres augmentent. C’est assez conséquent. Nous restons très vigilants.» *En ce qui concerne la dengue, poursuit-il, un cas local a été détecté à La Caverne, Vacoas. «Toutes les mesures de santé publique autour de ce cas ont été prises. La patiente se porte bien.»

En alerte, les autorités appellent à la responsabilité collective. Une personne infectée par le chikungunya peut transmettre la maladie pendant plusieurs jours si elle est piquée par un moustique ; c’est pour cela qu’il est important qu’elle reste chez elle. «Nous devons continuer à prendre nos précautions contre les piqûres de moustiques. Il fait encore chaud et nous avons encore des pluies, il faut donc être prudents. Utilisez des répulsifs et, surtout, éliminez toute eau stagnante autour de vous.» Sur le terrain, les autorités sont à pied d’œuvre. «Nous avons beaucoup d’aide de la police qui a renforcé ses équipes pour le traitement larvicide. Nous travaillons aussi avec Mauri Facilities et le ministère de l’Environnement pour des actions dans différentes régions», avance notre interlocuteur.

Face à la situation sanitaire générale du pays, la vigilance est plus que jamais de mise. Pour autant, il n’y a pas lieu de paniquer. Les autorités multiplient les actions pour contenir la situation. «Nous avons mis en place plusieurs groupes de travail techniques et le ministre lui-même a présidé quatre réunions intersectorielles de gestion, en concertation avec les autres ministères concernés, les parties prenantes, les collectivités locales et les municipalités. Nous avons aussi renforcé notre système de contrôle des rongeurs. Nous sommes tous concernés et devons agir.» Voilà l’appel des autorités.

Publicité