Entre ferveur, tradition et présence de personnalités de l’État, la cathédrale Saint-Louis a une nouvelle fois vibré au rythme d’une célébration vieille de plus de deux siècles. Ainsi, la tradition ne se démode pas. Ce mardi 25 août, la cathédrale Saint-Louis a retrouvé toute sa solennité à l’occasion de la messe de la Saint-Louis, présidée par Mgr Jean Michaël Durhône. Un rendez-vous religieux, mais aussi un moment fort de la vie de la capitale, qui a réuni autour de l’autel fidèles, membres du clergé et autorités du pays.
Patron du diocèse et de la cité de Port-Louis, saint Louis est célébré chaque année dans une cathédrale où la ferveur populaire se mêle au protocole. Une tradition solidement ancrée dans l’histoire de la ville puisqu’elle remonte à 1768.
Comme le veut la coutume, les bancs de la cathédrale se sont remplis de fidèles venus participer à cette messe solennelle. Dans une atmosphère empreinte de recueillement, la célébration a également rassemblé l’ensemble du clergé ainsi que plusieurs personnalités et officiels du pays.
Lors de cette célébration spéciale, Mgr Jean Michaël Durhône a placé son homélie sous le signe de la justice sociale, en faisant de la discrimination à l’emploi le «défi social» choisi cette année par l’Église. S’inspirant de Saint Louis, il a proposé «trois chemins» : «la vérité au cœur de la justice sociale, l’écoute et le discernement au service de la justice sociale et l’exercice du droit dans la justice sociale».
Pour l’évêque de Port-Louis, il faut d’abord «regarder la réalité à partir de faits, de données, d’études», en «sortant des impressions, des rumeurs, des généralisations et des perceptions parfois contradictoires». «La vérité ne doit faire peur à personne», a-t-il insisté, rappelant que Maurice dispose déjà d’un cadre juridique et institutionnel contre les discriminations, notamment avec la loi sur l’égalité des chances et les travaux de la Truth and Justice Commission.
Le diocèse veut désormais approfondir cette question. Une équipe conjointe de la Commission Justice et Paix et de la Commission pour la Cause Créole sera chargée d’étudier la discrimination à l’emploi «dans ses différentes dimensions», en s’appuyant notamment sur le rapport de la Truth and Justice Commission et les travaux antérieurs de l’ONG Affirmative Action.
Proposant un deuxième chemin : l’écoute, Mgr Durhône souhaite entendre «les personnes qui disent avoir été victimes de discrimination», leur histoire, leur souffrance et leur espérance. Cette démarche relève, selon lui, de la «synodalité : le marcher ensemble».
Enfin, l’Église veut réfléchir à la dimension juridique et institutionnelle, tout en insistant sur la nécessité d’un travail éducatif pour «changer les mentalités». Les lois, estime-t-il, doivent être accompagnées de sensibilisation afin que la discrimination à l’emploi «ne devienne pas un système normalisé».
Mgr Durhône a également annoncé la création d’une Commission diocésaine du monde du travail. L’objectif : accompagner les travailleurs face aux nouveaux défis sociaux. Son message final se veut résolument tourné vers l’espérance : «L’Église ne connaît pas d’ennemis à combattre, mais seulement des hommes et des femmes à aimer.»