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Championne du monde à 13 ans

Nashita Hazareesing, l’étoile montante du ju-jitsu mauricien

17 août 2026

Elle n’a que 13 ans et est déjà championne du monde de ju-jitsu. Nashita Hazareesing a remporté la médaille d’or chez les moins de 14 ans, dans la catégorie des +57 kg, lors des Mondiaux d’Abu Dhabi.

Coup d’essai, coup de maître pour Nashita Hazareesing. Pour sa première participation à un championnat du monde de ju-jitsu, la jeune Mauricienne a gravé son nom dans l’histoire en décrochant le titre mondial chez les moins de 14 ans, +57 kg, en ju-jitsu fighting. C’était lors des Championnats du monde de ju-jitsu fighting, newaza, duo et para-ju-jitsu, organisés du 1er au 9 août à Abu Dhabi.

Encore peu connue du public sportif mauricien, Nashita Hazareesing se retrouve désormais propulsée sur le devant de la scène. Par la même occasion, elle contribue à placer un peu plus Maurice sur la carte mondiale du ju-jitsu.

Élève en Form 1 au collège Hindu Girls, Nashita Hazareesing faisait partie des cinq jujitsukas sélectionnés par la Mauritius Ju-Jitsu Federation (MJJF) pour défendre les couleurs du pays lors de cette compétition, qui a réuni quelque 1 300 athlètes issus de 40 pays.

Engagée chez les U14 +57 kg, soit la catégorie la plus lourde de cette tranche d’âge, Nashita Hazareesing a remporté ses deux combats face à des adversaires russes, considérées comme faisant partie des concurrentes les plus redoutables de la catégorie. Deux victoires qui lui ont permis de décrocher la première place et d’offrir à Maurice une précieuse médaille d’or.

«Je suis très fière et très heureuse de cette victoire, que j’ai acquise grâce au soutien de mon sensei Nuvin Proag, de ma mère, de ma famille, de mes amis, de mes compagnons d’entraînement, de mes entraîneurs et de tous ceux qui me soutiennent dans ma carrière», confie Nashita Hazareesing.

Ce sacre, obtenu dès sa première participation, constitue une véritable surprise pour la jeune championne. Elle avait déjà vécu une première expérience internationale lors des Championnats d’Afrique 2025 en Tunisie, mais s’était alors inclinée face à plus forte qu’elle. Un revers qui l’a poussée à redoubler d’efforts à l’entraînement afin de revenir plus forte sur la scène internationale.

Tester ses limites

Son père et mentor, Nuvin Proag, est particulièrement satisfait de son parcours. «Sa participation aux Championnats d’Afrique lui a fait du bien, car elle a connu la douleur de perdre dans un tournoi de haut niveau. Gagner dans les compétitions nationales n’est pas comparable à l’international. C’est là que l’on teste ses limites. Elle a pu mesurer à quel point le haut niveau est compétitif. Cette expérience continentale l’a grandement aidée et lui a permis de rebondir encore plus forte.»

Face à deux Russes, la tâche n’était pourtant pas simple. «Nashita a su dominer dans deux des trois compartiments durant ses combats, à savoir le pieds-poings et le travail au sol. C’est en partie dû à son grand gabarit», analyse Nuvin Proag.

Le technicien mauricien souligne également que, malgré ses 68 kg, Nashita Hazareesing a réussi à dominer des adversaires beaucoup plus robustes qu’elle. Selon lui, son gabarit fera qu’elle sera régulièrement confrontée à des concurrentes plus puissantes. Elle devra donc continuer à travailler dur et à se renforcer physiquement afin de pouvoir rivaliser avec les meilleures. Le dirigeant de la MJJF estime toutefois qu’elle possède les qualités nécessaires pour répondre présente face à ses futures adversaires.

Nashita Hazareesing a débuté le ju-jitsu à l’âge de six ans sous l’impulsion de Nuvin Proag, son mentor de toujours. La jeune fille ayant rapidement montré un intérêt pour cet art martial, ses qualités physiques naturelles, notamment son agilité et sa souplesse, n’ont pas échappé à son entraîneur, qui l’a aussitôt prise sous son aile.

Même si elle est encadrée par son père, celui-ci ne lui accorde aucun traitement de faveur. «J’ai commencé pour le plaisir et j’ai tout de suite aimé participer aux compétitions. Je m’entraîne quatre fois par semaine. Des fois, les entraînements sont faciles, mais parfois ils sont tellement durs que je finis par pleurer. Avec les encouragements de mon coach et de mes amis, je parviens toujours à me surpasser», raconte Nashita Hazareesing.

Après ce sacre mondial, l’athlète et son entraîneur n’ont qu’un seul objectif : construire l’avenir sur ce succès et aller chercher d’autres titres. Pour y parvenir, une seule recette : continuer à s’entraîner dur, accumuler de l’expérience et progresser encore afin de pouvoir tenir tête à la concurrence et faire flotter haut le quadricolore mauricien.

Les autres performances mauriciennes

Les Championnats du monde d’Abu Dhabi constituent le deuxième rendez-vous mondial de l’année organisé par la Ju-Jitsu International Federation (JJIF), après les Mondiaux de full contact disputés en Turquie en mai. Maurice était représenté par cinq jujitsukas.

Outre la médaille d’or de Nashita Hazareesing, Kilan Gougon, engagé chez les +94 kg messieurs en ju-jitsu newaza, a atteint les quarts de finale. Malgré un duel très disputé face à un Colombien, le médaillé de bronze des Mondiaux de Turquie s’est incliné au Golden Score.

Dans les autres catégories, Yuveena Hazareesing, la sœur aînée de Nashita, engagée chez les -70 kg féminins en U21, Jade Emy Watterston-André, alignée chez les -63 kg féminins en U18, et Jeyhan Parahoo, en action chez les -77 kg masculins en U18, ont tous réalisé de bonnes performances pour leur première participation à un Championnat du monde.

Cette expérience leur sera précieuse dans la perspective des Championnats d’Afrique, prévus du 14 au 21 septembre en Algérie.

Yuveena Hazareesing et Jade Emy Watterston-André sont par ailleurs doubles championnes d’Afrique en titre. Yuveena Hazareesing détient les titres en ju-jitsu fighting et en newaza, tandis que Jade Emy Watterston-André s’est imposée en ju-jitsu newaza. Dans quelques semaines, les deux jeunes Mauriciennes devront défendre leurs titres face à la concurrence continentale.

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