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16 janvier 2026 16:56
L’auteur est un professionnel mauricien reconnu pour son expertise en ressources humaines et relations industrielles. Il combine savoir-faire et engagement social. Membre fondateur de cercles culturels et éducatifs à Rose-Hill et Stanley, il est également actif dans la vie politique et associative depuis les années 1970.
Cinquante-sept années après l’Indépendance, et trente-trois années après avoir été élevée au statut de République, l’île Maurice est prête pour une réforme électorale réfléchie. Cette réforme ne doit pas ignorer que le tissu social, harmonieux en apparence, est toujours fragile. Il ne faudrait pas perdre de vue que le système de meilleurs perdants fut, au début, le catalyseur de son décollage économique. Sans stabilité sociale et politique, l’économie et le développement en souffrent.
1. Le Best Loser System (BLS)
Il faut reconnaître que ce système permet le rattrapage des meilleurs perdants ; 8 sièges sont ainsi attribués à certaines communautés. Le but est de s’assurer que toutes les composantes de la société mauricienne soient représentées à l’Assemblée Nationale. Cela a aidé à consolider l’harmonie sociale et a créé la confiance dans la population durant ces 57 années. Malgré la note positive, le communalisme est toujours présent dans notre société multiculturelle. Alors, la prudence est de mise.
Oui, le système de Best Loser doit être revu et adapté avec les reformes à venir. L’éliminer complètement n’est peut-être pas la solution idéale en ce moment. Son élimination pourrait donner l’appétit à certains d’alimenter à nouveau le démon communal. Donnons au temps son temps pour l’enlever complètement de notre système électoral. Néanmoins une réduction du nombre de sièges est souhaitable.
RECOMMANDATION : Trois élus au système de Best Loser au lieu de huit, basé toujours sur le recensement actuel, avant son retrait complet de notre système électoral.
2. La parité des électeurs au niveau des circonscriptions
La démocratie se conjugue également par un nombre équitable de votants par circonscription. Actuellement, le nombre d’électeurs dans quatre des circonscriptions, est dans la fourchette de 30 545 à 36 734. Dans huit autres circonscriptions, il est entre 41 478 et 48 793, et dans les huit circonscriptions restantes, il est de 51 415 à 60 570. À Rodrigues, le nombre d’électeurs est de 33 660.
La consolidation de la démocratie passe essentiellement par un découpage des circonscriptions plus au moins juste. Nous devons augmenter le nombre des circonscriptions afin d’honorer ce principe fondamental de la démocratie.
Augmenter le nombre de circonscriptions à Maurice à 25 au lieu de 20, avec une moyenne de 39 700 électeurs, avec un écart de plus au moins 1 500 électeurs (et non avec une différence de 27 000 comme c’est le cas entre les circonscriptions no 2 et no 18). C’est important de réduire la disparité entre les circonscriptions.
RECOMMANDATION : 25 circonscriptions au lieu de 20.
3. Réduction du nombre d’élus par circonscription
Trois élus par circonscription, c’est trop. C’est aussi une perte financières et de ressources humaines pour le pays. Souvent, ça fait des cafouillages entre les élus. Certains reçoivent uniquement les personnes appartenant à leur communauté ou leur caste. Les élus ont, malheureusement, ce réflexe. Regardez les conseillers nommés par les ministres. Pourtant, les élus d’une circonscription sont les représentants de toute la circonscription. D’une part, deux élus par circonscription atténueraient ce sentiment partisan et faciliterait l’émergence d’une nation mauricienne, et d’autre part, l’argent ainsi économisé pourrait être utilisé à construire des maisons additionnelles pour les sans-abris, les enfants et les femmes battues.
RECOMMANDATION : Deux élus au lieu de trois par circonscription pour les 25 circonscriptions.
4. Qualifications académiques pour être candidates/candidats
Le renforcement de la démocratie se dessine aussi à travers la qualité des femmes et hommes qui représentent le peuple à l’Assemblée nationale. Avec l’éducation gratuite introduite par le Père de la Nation en 1976, déjà 49 ans de cela, le niveau intellectuel des Mauriciens a beaucoup progressé. La réforme électorale doit prendre cela en considération et établir les qualifications académiques minimales pour qu’une personne soit candidate.
La politique, jadis populaire, est devenue, au fil des années, une science qui demande beaucoup de qualité, telles que l’intégrité, le leadership, l’empathie, être visionnaire et proche de son électorat, y compris les opposants qui entretiennent des opinions différentes. D’ailleurs, nos élus sont très bien rémunérés. Cela devrait permettre d’attirer les meilleurs de nos intellectuels pour le bien du pays.
RECOMMANDATION : Minimum requis : un degré universitaire, appuyé d’un engagement communautaire et social reconnu.
5. La représentation proportionnelle (RP)
Faire toute justice à une démocratie digne de ce principe, le système doit la protéger contre une Assemblée nationale à 60-0 qui tue la vie démocratique d’un pays. La réforme doit s’assurer que dans le futur, JAMAIS la voix d’une minorité importante ne soit exclue de l’Assemblée nationale. Néanmoins, la dose de représentation proportionnelle ne doit en aucune mesure créer une situation ingouvernable dans le pays.
Les partis/groupements politiques doivent récolter 13% ou plus de votes au niveau national pour être éligible au RP, et tout % de plus de 0,5 résultant du calcul donnerait un élu à travers le system RP.
Afin, que le choix populaire soit maintenu, tous les partis/groupements politiques, y compris celui ayant emporté la majorité à travers le FPTP (First Pass The Post), doivent participer à la RP.
RECOMMANDATION : 13 élus sur la base de représentation proportionnelle
6. La représentation féminine aux élections
Le genre féminin représente environ 52% de la population. La réforme doit aussi s’assurer que les regroupements/ partis politiques choisissent au moins 35% des femmes comme candidates ou apparaissant sur leur liste de RP. Alors, il y aurait plus de représentes de femmes à l’Assemblée nationale.
7. Une réduction de nombre de représentants à l’Assemblée Nationale
Maurice est une petite île avec des ressources limitées, quoi que certains l’appellent l’île océan. Les ressources doivent être utilisées, à priori, pour le bien-être de ses habitants, au lieu d’être gaspillées en augmentant les nombre des élus à 80.
Il y aurait 50 élus pour les 25 circonscriptions de Maurice, deux élus de Rodrigues, 3 pour le BLS, 13 élus sur la liste de RP et un élu pour nos compatriotes d’Agaléga, de Diego Garcia et les îles.
Alors l’Assemblée nationale se constituerait de 69 parlementaires, qui est largement suffisant pour représenter une population de 1,2 million.
RECOMMANDATION : Une Assemblée nationale de 69 membres.
8. Droits de vote aux membres de la diaspora
Les critères d’éligibilité de droit de vote aux Mauriciens vivant à l’étranger doivent être considérés avec un certificat d’urgence. Ceux qui ont conservé leur nationalité mauricienne se sentiront plus proches de leur mère patrie.
9. Financement de partis politiques
C’est un sujet qui concerne l’argent des contribuables. Il ne faut pas aller vite en besogne. Il est essentiel de considérer toutes les implications et les risques de gaspillage avant d’aboutir à une formule raisonnable.
Ce gouvernement a une responsabilité de présenter la réforme du système actuel au moins 12 mois avant la prochaine échéance électorale afin que la population ait le temps de bien l’assimiler.
PAR JAY KOMARDUTH HURRY
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