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Kennan Martin, 12 ans, fait une chute mortelle d’un autobus

Son père : «Ziska ler nou pa kone kouma sa laport bis-la inn ouver»

20 septembre 2026

Steven Martin réclame des réponses sur les circonstances entourant la chute mortelle de son fils.

Il venait de fêter ses 12 ans et se préparait à prendre part aux examens du PSAC. Kennan Martin rêvait déjà d’intégrer le SSS de Triolet que fréquente déjà son frère aîné. Mais le lundi 14 septembre, alors qu’il rentrait de l’école à bord d’un autobus du Triolet Bus Service, une chute par la porte de secours s'est transformée en drame. Trois jours plus tard, il a succombé à ses blessures.

Il devait simplement rentrer chez lui après l’école. Un trajet ordinaire qui restera à jamais associé à son départ tragique. Le lundi 14 septembre, vers 16 heures, Kennan Martin se trouvait à bord d’un autobus de Triolet Bus Service assurant le transport des élèves de la Pointe-aux-Piments Government School lorsqu'il est tombé par la porte de secours arrière, qui se serait soudainement ouverte. Le véhicule circulait alors sur la route principale de Grande-Pointe-aux-Piments.

Grièvement blessé, l’écolier a été transporté à l’hôpital SSRN dans une ambulance et admis aux soins intensifs, où il a été placé sous ventilation artificielle. Pendant trois jours, ses parents ont espéré une amélioration de son état. Mais tout a basculé jeudi matin lorsque l’hôpital les a appelés. «Ti admet li direk dan ICU. Li ti fer enn scan ek x-ray avan. Li ti fini perdi konesans. Zordi gramatin (Ndlr : le 17 septembre) lopital inn call nou pou anons nou so lamor zis avan ler vizit», raconte Steven Martin, le père de Kennan, la voix chargée d'une émotion indicible.

Le jeune garçon a succombé a des blessures cranio-cérébrales. Laissant derrière lui des parents et un frère de 14 ans complètement anéantis par son départ subit et tragique, ainsi que tous ses rêves et projets. Élève en Grade 6, il devait bientôt participer aux examens du PSAC. «Li ti pe debrouy bien lekol», confie son père. Kennan avait également déjà imaginé la suite de son parcours scolaire. «Li ti anvi al SSS Triolet ansam ek so gran frer.» Il avait célébré son 12e anniversaire le 25 juillet dernier. Et comme beaucoup d’enfants de son âge, il aimait jouer au football et profiter des moments passés avec sa famille. Pour ses parents, ces souvenirs prennent aujourd’hui une tout autre dimension.

Steven Martin, 34 ans, est opérateur dans une scierie. Sa compagne Corine Cupidon, 30 ans, travaille comme Packing Officer chez Princess Tuna. Avec leurs deux enfants, ils avaient emménagé dans leur nouvelle maison de la NHDC à Pointe-aux-Piments le 22 août dernier. La famille, originaire de Sainte-Croix, avait auparavant vécu dans une maison mise à sa disposition par Caritas dans la même localité. À peine quelques semaines après cette nouvelle étape de leur vie, les Martin doivent faire face à une absence impossible à combler dans leur nouvelle maison.

Les interrogations d'un père

Au milieu de son immense chagrin, Steven Martin souhaite aussi comprendre ce qui s’est exactement passé à bord de l’autobus. Pour essayer de donner ne serait-ce qu'un peu de sens à cette innommable épreuve. «Mo'nn gagn nouvel sa aksidan-la par mo gran garson ki ti dan enn lot bis. Ziska ler nou pa kone kouma sa laport bis-la inn kapav ouver.» Steven ne sait pas non plus si son fils était assis ou debout lorsque la porte s’est ouverte. «Enn zanfan ki ti dan bis ansam ek mo garson inn zis dir nou ki li'nn tonbe kan laport-la finn ouver.»

L’enquête policière devra établir les circonstances exactes de l’incident. Le véhicule était équipé d’une caméra CCTV et le chauffeur a expliqué aux enquêteurs que le mécanisme de la porte de secours ne se trouvait pas à l’intérieur de l’autobus. Le chauffeur, âgé de 56 ans, ainsi que le receveur de l’autobus ont été entendus.

Les tests d’alcoolémie et de drogue effectués sur le conducteur se sont révélés négatifs. Une prise de sang a également été effectuée pour analyse. Après le décès de Kennan, le chauffeur, un ressortissant étranger qui vient de prendre de l’emploi chez nous, a été arrêté puis libéré contre une caution de Rs 50 000. Pour Steven, l’enquête doit permettre de comprendre ce qui s’est passé, mais aussi d’éviter qu’un autre enfant ne connaisse pareille situation. «Pa premye fwa ariv sa. Sa kalite insidan-la bizin pa repete ankor.»

Le 18 septembre, la famille et les proches ont accompagné Kennan dans son dernier voyage. Dans leur nouvelle maison, où ils venaient à peine de commencer une nouvelle vie, les Martin doivent désormais apprendre à vivre avec l’absence de leur fils. Kennan avait 12 ans. Il avait des examens à préparer, un collège qu’il espérait intégrer, un frère avec lequel il voulait poursuivre son chemin et encore tant de rêves à réaliser. Hélas, le destin en a décidé autrement...

Lekhram Nundlall, Managing Director de Triolet Bus Service : «Nous sommes nous-mêmes intrigués par ce qui s’est passé»

Le Managing Director de Triolet Bus Service (TBS) Lekhram Nundlall a réagi au décès de Kennan Martin. «Nous sommes attristés par la nouvelle du décès de ce jeune garçon. Nous tenons à présenter nos sincères condoléances à la famille endeuillée», déclare d'abord Lekhram Nundlall. Il ajoute qu’à ce stade, la compagnie ne souhaite pas se prononcer sur les circonstances exactes ayant mené à ce terrible incident. «Notre autobus est toujours entre les mains de la police. C’est uniquement après l’avoir récupéré pour faire des analyses que nous allons pouvoir savoir ce qui s’est réellement passé ce jour-là.»

Une enquête est en cours pour savoir comment la porte de secours arrière de cet autobus s’est ouverte.

L’autobus concerné, dit-il, est un véhicule importé équipé d’un système de sécurité qu’il décrit comme «très efficace». Selon Lekhram Nundlall, la porte de secours située à l’arrière ne peut s’ouvrir que de deux façons : soit en brisant la vitre de l’extérieur pour permettre son ouverture, soit depuis l’intérieur. Dans les deux cas, précise-t-il, une alarme se déclenche automatiquement. Il souligne également que le véhicule dispose de toutes les autorisations nécessaires pour circuler sur les routes mauriciennes. «Nous sommes nous-mêmes intrigués par ce qui s’est passé causant la chute mortelle de ce jeune garçon.» La compagnie souhaite également visionner les images des caméras de vidéosurveillance installées à l’intérieur de l’autobus. «Nous attendons de récupérer notre véhicule pour pouvoir visionner les images et comprendre ce qui s’est passé.»

Le Managing Director revient par ailleurs sur le soutien que la compagnie avait envisagé d’apporter à la famille après l’incident. À un certain moment, TBS devait prendre en charge les frais médicaux du garçon, après que sa famille l’avait approchée pour envisager son transfert dans une clinique privée. Cette démarche n’a finalement pas été poursuivie, selon lui. La compagnie avait également proposé une aide financière de Rs 30 000 à la famille pour contribuer aux frais funéraires. «La famille n’est jamais revenue vers nous pour cela», affirme Lekhram Nundlall. Il insiste enfin sur le fait que l’indemnisation éventuelle de la famille dépendra des conclusions établissant la responsabilité dans cet accident. «La famille du garçon sera dédommagée par notre assurance si c’est prouvé que cette chute mortelle est de notre faute», affirme-t-il.

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