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Ligue des champions – demi-finale retour : Mohamed Salah, Ballon d’Or vraiment ?

30 avril 2018

Si le pharaon des Reds gagne la Champions League, il pourrait être en bonne place pour le Ballon d'or.

Il retient un peu plus d’attention depuis sa demi-finale aller contre l’AS Roma durant la semaine. Auteur de deux buts et deux passes décisives, l’attaquant de Liverpool, Mohamed Salah a convaincu certains sceptiques. Il peut porter une équipe à lui tout seul, comme Cristiano Ronaldo et Lionel Messi avant lui.

 

S’il gagne la Ligue des Champions, il n’y a pas de doutes que le Ballon d’Or devrait lui revenir. Mais ce n’est pas aussi simple. Ce sont un entraîneur national, un capitaine de la sélection nationale et un journaliste d’un pays qui votent. On sait déjà pour qui l’Egypte va accorder son vote, pas les 207 autres pays membres de la Fifa.

 

Une liste de cinq joueurs est établie. 6 points sont attribués au premier, 4 au second, 3 au troisième, 2 au quatrième et 1 au dernier. Pour faire leur choix, les votants doivent respecter trois critères : les performances du joueur et son palmarès sur l’année, la «classe» du joueur, son charisme et sa capacité à respecter les règles du fair-play ainsi que sa carrière.

 

Le palmarès sur l’année sera le point faible de Salah s’il ne gagne pas la Ligue des Champions. Car, même si l’Egypte est une belle équipe, ses chances à la prochaine Coupe du monde en Russie, sont limitées. Parallèlement, si le Bayern Munich élimine le Real Madrid au match retour dans l’autre demi-finale retour de la Ligue des Champions, Cristiano Ronaldo ne sera certainement pas Ballon d’Or lui aussi… à moins que le Portugal gagne le Mondial.

 

Il restera Lionel Messi. Barcelone est quasiment assuré de remporter le championnat. Ce ne sera pas suffisant pour décrocher le précieux trophée. Pour faire l’unanimité, il faudra qu’il porte l’Argentine vers les sommets en Russie. Or, les Argentins n’ont jamais rien gagné avec Messi. Pire, l’Argentine n’est plus un foudre de guerre. Elle a sué pour se qualifier pour cette Coupe du monde, et, lors du dernier match amical, elle s’est faite laminer par l’Espagne…6-1 !

 

Gérard Ejnès, directeur de la rédaction de France Football et ami de notre île, avait précisé que le futur gagnant d’un Ballon d’Or doit être aussi connu partout dans le monde. Messi et Ronaldo ont déjà une assise dans ce domaine-là. Avec Liverpool et la Premier League, Mohamed Salah bénéficie de cette exposition médiatique nécessaire. Liverpool, Manchester United, Real Madrid, Barcelone sont des noms aussi connus que Microsoft.

 

Ceux qui se trouvent dans des championnats qui ne sont pas retransmis à travers le monde, comme la Bundesliga en Allemagne et la Ligue 1 en France devront compter sur la Coupe du monde pour se faire «voir». On pense à des joueurs comme le Polonais Robert Lewandowski du Bayern ou le Brésilien Neymar du PSG. Il leur faudra un Mondial exceptionnel pour pouvoir déloger Salah, Ronaldo et Messi dans la tête des votants.

 

Si pour beaucoup d’observateurs, Salah mérite le Ballon d’Or, un autre critère entre en jeu. Le monde du football anglais est divisé en deux : Soit Manchester United, soit Liverpool. C’est comme choisir entre le blanc ou le noir. Si Salah a été élu, par ses pairs, joueur de la saison en Premier League, la même objectivité ne sera pas applicable dans le monde.

 

On a noté par exemple, que le contexte géopolitique, tout comme le chauvinisme, peut influer sur les votes, au même titre qu’un die-hard de Manchester United ne voudra pas voir triompher un gars de Liverpool. On ne peut pas l’expliquer. C’est viscéral !

 

Le Ballon d’Or est certes un trophée exceptionnel. Pendant les sept dernières saisons, ce sont Ronaldo et Messi qui ont fait l’unanimité. Mais Mohamed Salah vient s’incruster comme un cheveu sur la soupe. Mais même s’il possède toutes les qualités intrinsèques pour gagner ce trophée, il sait qu’il faut qu’il remporte une compétition. Même s’il marque des buts en pleine lucarne ou délivre une tonne de passes décisives, ce ne sera pas suffisant pour les votants exigeants.

 

A titre d’exemple, en 2006, Quand l’Italie avait remporté la Coupe du monde, c’est le défenseur Fabio Cannavaro qui avait été élu Ballon d’Or. Deux anomalies : les défenseurs gagnent rarement cette distinction et il fallait plébisciter un joueur de l’Italie, quitte à choisir n’importe qui. C’est dire à quel point, être vainqueur d’une compétition d’envergure fait pencher la balance.

 

Mohamed Salah, et par extension, Liverpool, sait ce qui reste à faire pour que le Ballon d’Or tombe dans l’escarcelle de l’Egyptien. Eliminer l’AS Roma et gagner la Ligue des Champions.

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