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Sylvio Giovanni, entraîneur national des sourds : «Ces jeunes nous ont grandement impressionnés»

Souvent dans l’ombre, les athlètes souffrant de surdité ont été projetés sur le devant de la scène sportive la semaine dernière, grâce à leurs exploits réalisés aux Championnats d’Afrique d’athlétisme des sourds qui se sont déroulés du 16 au 22 septembre à Nairobi, au Kenya. Giovanni Sylvio, l’entraîneur national, revient sur ce brillant résultat réalisé par ses protégés dans l’interview qu’il a accordée à 5-Plus dimanche.

Une médaille d’or, deux d’argent et une de bronze, les athlètes sourds ont fait de très bons résultats lors de ces championnats d’Afrique

 

Les performances de ces jeunes sportifs sont plus que satisfaisants. Ils nous ont grandement impressionnés. Nous sommes partis avec sept athlètes et ils ont ramenés quatre médailles. Vincent Duval a obtenu l’or au saut en longueur. Shleysha Lokheeram a elle décroché l’argent au saut en longueur. Ouweish Emmande s’est lui aussi offert l’argent au lancer du poids alors que l’équipe de relais 4 x 100 avec Vincent Duval, Yasheem Sumun, Diano Ravina et Christopter Durhone a ramené le bronze. Ces médailles nous ont permis de prendre la quatrième place au classement des médailles derrière le Nigeria, troisième, et devant l’Algérie, cinquième, alors que le Kenya a terminé en tête devant l’Ethiopie. Nous nous réjouissons de ce résultat étant donné que nous sommes un petit pays avec seulement un peu plus d’un millier de sourds alors que ces grandes nations en ont des millions.

 

Qu’est ce qui a permis aux handisportifs mauriciens de faire aussi bien au Kenya ?

 

C’est le fruit d’un long travail, entamé depuis 16 ans avec de jeunes handicapés. Certains sont partis et d’autres sont restés mais nous n’avons jamais perdu de vue notre objectif. Il y a cette collaboration entre la fédération des sourds et les écoles qui s’occupent de malentendants qui nous permet de recruter de jeunes sportifs. Notre société aussi joue un grand rôle. Il faut dire que Maurice fait partie de ces pays où on se soucie de ces personnes autrement capables et nous avons des fédérations sportives qui militent pour ces personnes alors qu’il y a des états où ces structures n’existent pas. Bien sûr, ce serait bien d’avoir un peu plus de soutien afin de motiver davantage ces jeunes.

 

Comment s’est déroulée la préparation ?

 

Notre préparation a commencé en 2018 avec les Jeux des îles en ligne de mire et après les Jeux nous avons poursuivi jusqu’aux Championnats d’Afrique. C’est une longue saison mais la préparation que nous avons eue pour les JIOI a été d’une très grande aide pour ces championnats. Nous avons beaucoup progressé durant cette année, notamment lors du stage que nous avons effectué en Belgique au mois de mai avec Carlos Beaulieu.  Cela nous a beaucoup enrichis.

 

Pour une première édition des Championnats d’Afrique, comment trouvez-vous le niveau de la compétition ?

 

C’est un très bon niveau que nous avons vu à Nairobi. Bien sûr, ce n’est pas le même que sur le plan mondial, mais c’est supérieur à celui de l’océan Indien. Maintenant, il faudra que cette première édition des Championnats d’Afrique serve de tremplin pour ces athlètes et les motivent à progresser et à revenir encore plus forts dans deux ans lors de la prochaine édition. En même temps, cette compétition a permis aux pays participants de prendre leurs marques et cela va aider à faire progresser encore plus la discipline afin d’être en mesure se rapprocher un peu plus du niveau mondial. C’est là où l’Afrique a du retard. Mais ce n’est pas notre faute, les pays européens ont une culture sportive et ont une avancée d’une cinquantaine d’année dans la matière, cependant avec du travail, nous pouvons nous rapprocher de leur niveau.

Que pensez-vous que Maurice a besoin pour faire encore mieux ?

 

Il n’y a pas de secret. Tout est question d’argent aujourd’hui et le sport n’y échappe pas. Si nous voulons atteindre le niveau mondial, il faut investir et aussi avoir les facilités indispensables à disposition. Beaucoup de ces athlètes habitent loin et se déplacent par leur propre moyen pour les entraînements. Ils ne bénéficient d’aucune facilité. Je pense aussi qu’il faut mettre en place des structures, voire des écoles d’athlétisme, pour prendre en main ces sportifs beaucoup plus tôt. Plusieurs de ces athlètes je les ai eus à l’adolescence, mais il faut commencer l’encadrement à un plus jeune âge. J’ai eu la chance d’avoir eu Christopher Durhone bien avant. Je l’ai placé dans une école d’athlétisme. Il a suivi le même parcours qu’un sportif valide et aujourd’hui c’est un jeune qui monte en puissance. Dans quelques années, il fera très bien en décathlon. Mais il faut les moyens pour continuer.

 

Vous croyez beaucoup en ces jeunes sportifs ?

 

Je sais qu’il y a des gens qui ne nous prennent pas au sérieux, mais je sais à quel point ces jeunes se sacrifient. Ma plus belle récompense sera de voir ces athlètes réussir dans la vie. Je les ai pris sous mon aile à leurs débuts et je veux les voir arriver au sommet.

 

Maintenant quelle est la prochaine étape ?

 

La prochaine étape ce seront les Championnats du monde qui se dérouleront au Brésil, l’année prochaine. Nous attendons, toujours, que la date de la compétition soit finalisée mais entre-temps nous allons poursuivre notre préparation.  Nous avons trois qualifiés avec Vincent Duval au saut en longueur et au 200m, Shleysha Lokheeram au 100m et 200m, Evans Moothen au 400m et probablement l’équipe de relais 4 x 100m. Ce sera un tout autre niveau qui nous attend, mais nous y allons avec la ferme intention de faire un bon résultat.