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Cyclisme

Tristan Hardy, sans détour

20 août 2026

«Je n’ai pas vraiment d’autre passion au quotidien. Ma vie tourne essentiellement autour du vélo»

À seulement 18 ans, le coureur de la Team MCB a remporté la 79e édition du Tour cycliste de La Réunion, devenant le quatrième Mauricien, après Gabriel Anazor (1975), Patrick Piat (1984) et Christopher Lagane (2017 et 2018), à inscrire son nom au palmarès de l’épreuve. Un succès construit autour de la puissance, du sang-froid et d’une parfaite maîtrise tactique, mais aussi grâce à un formidable travail collectif. Évoluant également en Europe sous les couleurs de la Team 31 Specialized, Tristan Hardy se livre sans filtre. De sa découverte du vélo pendant le confinement au rôle déterminant joué par Jean-Philippe Lagane à ses débuts, en passant par ses idoles, ses habitudes, ses objectifs et son rêve de devenir professionnel, découvrez le jeune champion au-delà du peloton.

AVANT LE CYCLISME

Vous avez des frères et sœurs ?

J’ai deux sœurs : Marine (20 ans) et Adèle (12 ans).

Avant de vous consacrer au cyclisme, pratiquiez-vous un autre sport ?

Je pratiquais pas mal d’autres sports, surtout nautiques, car mon père a toujours aimé la voile et la mer. J’ai fait du kitesurf, des sports tractés derrière un bateau, du ski nautique, du wakeboard… Bref, j’étais souvent dans l’eau ! J’ai également pratiqué un peu de tennis, de course à pied et de rugby.

Qu’est-ce qui vous a finalement poussé à choisir le cyclisme ?

Le déclic a eu lieu pendant le confinement. Mon père et moi n’avions pas grand-chose à faire, alors nous avons pris nos VTT pour aller rouler dans les champs de canne. C’est là que j’ai commencé à me passionner pour le vélo. Ensuite, j’ai participé à une course de VTT. C’est à ce moment-là que Jean-Philippe Lagane est venu me voir pour me dire : «Il faut que tu te mettes au vélo de route.»

Mes parents étaient un peu réticents au départ, notamment à cause de la dangerosité de la discipline, mais ils ont fini par accepter. C’est vraiment Jean-Philippe qui m’a poussé vers le cyclisme et qui m’a encadré à raison de trois séances par semaine. Par la suite, j’ai rejoint le KFC Faucon Flacq Cycling Team.

EN DEHORS DU VÉLO

Quels sont vos loisirs préférés lorsque vous n’êtes pas sur la selle ?

J’aime bien pêcher, passer du temps avec mes copains et pratiquer d’autres activités, comme le paddle ou simplement me promener à pied.

Comment aimez-vous passer votre temps libre après une longue semaine d’entraînement ?

J’aime sortir avec mes amis, manger un morceau ou faire un peu de tourisme. Comme je suis souvent en Europe, j’en profite pour découvrir les régions, visiter des villages ou aller en montagne. Sinon, je me repose tout simplement.

Avez-vous une passion ou un hobby méconnu du grand public ?

Je n’ai pas vraiment d’autre passion au quotidien. Ma vie tourne essentiellement autour du vélo. Dans la vie de tous les jours, je suis quelqu’un d’assez calme et tranquille.

VOS PRÉFÉRENCES

Quel est votre plat préféré ?

Ça tourne principalement autour des pizzas et du mine bouilli mauricien !

Y a-t-il un plat mauricien dont vous ne pourriez pas vous passer ?

J’adore un bon mine bouilli au poulet, surmonté d’un œuf au plat. Et j’aime beaucoup les boulettes aussi !

Quel type de musique écoutez-vous le plus ?

J’écoute pas mal de house music.

Avez-vous une playlist particulière pour vous motiver avant une course ou un entraînement ?

Oui, j’ai une playlist personnelle que j’écoute très souvent avant le départ des épreuves.

Quel est le morceau qui vous donne le plus d’énergie ?

Je dirais «Lose Yourself» d’Eminem.

LE CYCLISME ET LA PRÉPARATION

Combien d’heures par semaine passez-vous en moyenne sur votre vélo ?

J’essaie de ne pas en faire trop afin de garder une marge de progression sur le long terme. En catégorie junior, je roule en moyenne entre 12 et 15 heures par semaine, auxquelles s’ajoute un peu de renforcement musculaire. Cela représente environ deux heures de vélo par jour, même si cela varie selon le programme.

Quel est votre parcours préféré à Maurice ?

Sans hésiter, dans l’Ouest, avec les montées de Plaine-Champagne, Bassin-Blanc et Fantaisie. J’adore grimper et c’est le seul secteur de mon périmètre d’entraînement où ça monte vraiment.

Et à l’étranger, quel est le plus beau parcours que vous ayez découvert ?

C’était dans les Pyrénées, en France, lorsque j’ai grimpé le mythique col du Tourmalet. C’est un haut lieu du Tour de France et l’endroit est vraiment incroyable.

Pour préparer une compétition, quels aliments ou boissons devez-vous sacrifier ?

Je pense qu’il faut surtout éviter les plats trop gras : les pizzas, les burgers ou le fast-food en général. La clé, c’est de bien faire le plein de glucides avant les épreuves et de consommer suffisamment de protéines.

**Y a-t-il un coureur que vous considérez comme un modèle ou une source d’inspiration **?

Au niveau local, je suis très inspiré par notre trio phare : Kimberley Le Court, Alexandre Mayer et Christopher Lagane. Ils accomplissent un magnifique parcours dans le cyclisme international. Sur la scène internationale, mon coureur préféré est Mathieu van der Poel. C’est vraiment lui qui me fait le plus rêver.

Un mot sur l’encadrement qui vous a permis d’en arriver là ?

C’est vraiment Jean-Philippe Lagane qui m’a toujours soutenu. Il a été présent dès les premiers instants, en me prêtant un vélo et des tenues. Sans lui, je ne serai clairement pas là aujourd’hui. Je dois aussi beaucoup au soutien constant de ma famille et de mes proches.

LE TOUR DE LA RÉUNION

Remporter le Tour de La Réunion était-il un objectif affiché ?

Un mois avant la compétition, je ne savais même pas si j’allais pouvoir y participer ! Mais une fois sur place, c’est clairement devenu l’objectif numéro un. Je suis extrêmement heureux car, grâce au travail exceptionnel de toute l’équipe, nous avons décroché la victoire.

Que ressent-on à l’idée de devenir le quatrième Mauricien à remporter ce Tour ?

C’est une sensation géniale. On entre dans l’histoire de la compétition. Mais il faut souligner que, sans un collectif fort comme la Team MCB, je n’aurais jamais pu l’emporter. C’est tout autant leur victoire que la mienne : c’est leur Tour de La Réunion. Je leur suis immensément reconnaissant.

OBJECTIFS ET AVENIR

Quelle est votre prochaine échéance sportive ?

Il y a la Ronde de Saône-et-Loire U19 dans quelques jours, puis je vais enchaîner avec le Grand Prix de Plouay le 30 août. Après cela, cap sur les Championnats du monde de cyclisme sur route 2026, qui se dérouleront du 20 au 27 septembre à Montréal, au Canada.

Quel est votre grand rêve dans le cyclisme ?

Mon rêve ultime est de passer professionnel et de disputer les plus grandes courses de la planète. Mon objectif au quotidien demeure très simple : continuer à me faire plaisir chaque jour sur mon vélo.

Après vos titres en junior à Maurice et cette victoire à La Réunion, l’objectif est-il désormais de conquérir l’Afrique et le monde ?

C’est vrai que j’ai été champion de Maurice et que j’ai gagné le Tour de La Réunion. J’avais également remporté les Championnats de l’océan Indien chez les cadets ainsi que le titre de champion d’Afrique junior du contre-la-montre. Il y aura toujours d’autres magnifiques courses à aller chercher, mais décrocher un titre mondial reste évidemment le défi le plus difficile à relever.

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