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Centre de formation agricole Frère Rémi

Un appel du cœur face à la précarité alimentaire

28 avril 2026

L'association accueille actuellement 25 bénéficiaires.

À Rodrigues, le Centre de formation agricole Frère Rémi lance un appel à la solidarité pour assurer deux repas par jour à ses 25 jeunes bénéficiaires. Une aide alimentaire essentielle pour leur permettre de poursuivre leur apprentissage dans de bonnes conditions.

Ce n’est pas un simple appel à l’aide, mais un véritable cri du cœur. Rs 100. Que représente ce montant de nos jours ? Pas grand-chose, diront beaucoup de Mauriciens. Une somme dérisoire pour beaucoup, une somme vite dépensée et vite oubliée. Pourtant, à une époque où elle passe presque inaperçue dans notre quotidien, cette même somme prend, au Centre de formation agricole Frère Rémi à Rodrigues, une tout autre dimension. Oui, dans cette association située à Camp du Roi, ces Rs 100 peuvent faire toute la différence pour un jeune. Elles permettent d’offrir à un élève deux repas essentiels dans la journée : un petit-déjeuner et un déjeuner équilibrés, complétés par des fruits cultivés sur place. Un apport simple, mais crucial, pour des adolescents qui, comme tout le monde, ont besoin d’avoir le ventre plein pour pouvoir apprendre.

Cependant, faute de moyens suffisants, ces repas se limitent parfois, désormais, à du riz et du beurre. Une situation préoccupante qui affecte directement la concentration, la motivation et, à terme, la scolarité des 25 bénéficiaires de l’ONG. Face à cette dure réalité et au manque cruel de ressources, le Centre de formation agricole Frère Rémi a récemment lancé un appel à l’aide urgent sur la plateforme de crowdfunding Small Step Matters, afin d’appeler le public mauricien à le soutenir en contribuant au moins Rs 100.

Pour cette association, offrir un repas à ses bénéficiaires s’est imposé comme une évidence. Comme l’explique la directrice, Verlaine St-Pierre : «En 2009, un bénévole a découvert que les jeunes du Centre Frère Rémi n’avaient rien à manger à midi. Les enseignants ont alors tenté de pallier ce manque en cotisant eux-mêmes pour acheter des fournitures et préparer des repas, qui coûtaient à l’époque Rs 5. Mais cela ne suffisait pas toujours à résoudre les problèmes d’approvisionnement. Nous avons ensuite fait appel à des personnes de bonne volonté pour financer des repas chauds. Aujourd’hui, les dons se font rares et les jeunes risquent de ne plus avoir de quoi manger le matin et à midi».

Ce qu’il faut comprendre, souligne notre interlocutrice, c’est que la majorité des bénéficiaires de l’association viennent de milieux précaires. «La plupart d’entre eux vivent avec leurs grands-parents. Or, la cohabitation multigénérationnelle, bien que solidaire, peut engendrer des tensions budgétaires et alimentaires, surtout lorsque les revenus couvrent à peine les dépenses essentielles. Les petits-déjeuners et déjeuners que nous offrons permettent ainsi d’alléger le repas du soir», explique Verlaine St-Pierre.

Aujourd’hui, poursuit-elle, le manque d’alimentation adéquate n’est pas sans conséquences sur le parcours de ces jeunes. Sur le plan scolaire, il se traduit par une hausse de l’absentéisme et des retards, mais aussi par une baisse de la capacité d’apprentissage. Mal nourris, les élèves souffrent de fatigue et d’un manque d’énergie, ce qui affecte directement leur concentration en classe. «Au quotidien, les effets sont tout aussi préoccupants. La faim peut engendrer une détresse psychologique, des troubles du comportement et des difficultés d’interaction sociale, compromettant ainsi leur intégration scolaire. À plus long terme, elle peut également impacter leur croissance et favoriser l’apparition de troubles alimentaires, émotionnels et psychologiques.»

C’est donc fort de ces besoins urgents que le Centre de formation agricole Frère Rémi lance un véritable appel du cœur au membres du public ainsi qu'aux entreprises afin que ces derniers puissent les soutenir et leur permettre de poursuivre leur engagement auprès de leurs bénéficiaires. «Les contributions recueillies serviront principalement à l’achat de provisions nécessaires à la préparation des repas. Nous avons vraiment besoin de soutien. Soutenir cette initiative, c’est contribuer à une mission essentielle : former les plus vulnérables, leur transmettre un métier noble et de résilience, tout en leur garantissant un repas chaud au quotidien.»

Une seconde chance

C’est la mission première de cette association qui existe depuis 38 ans et qui a vu défiler, au fil de ces années, de nombreux jeunes venus apprendre un métier. Verlaine St-Pierre nous rappelle l’histoire derrière cette ONG : «Le Centre de formation agricole Frère Rémi (CFAFR), situé à Camp du Roi, à Rodrigues, est une institution fondée en 1988 par le frère Rémi Carosin et placée sous l’égide du Vicariat apostolique de Rodrigues. Elle accueille des jeunes âgés de 15 à 20 ans en difficulté scolaire, avec pour objectif de leur offrir une nouvelle voie. Le centre propose une formation à la fois pratique et théorique dans plusieurs domaines agricoles, notamment l’élevage porcin, l’horticulture, l’aviculture et l’apiculture. À cela s’ajoutent des matières académiques de base telles que le français, les mathématiques, l’anglais et les technologies de l’information.»

Ainsi, après deux ans de formation, les élèves peuvent prendre part au National Certificate (NC) niveau 2 en agriculture, un diplôme d’introduction qui atteste des compétences fondamentales qui leur permettra de travailler sous supervision dans le secteur agricole. Aujourd’hui encore, le Centre de formation agricole Frère Rémi reste fidèle à sa mission d’offrir une seconde chance aux jeunes Rodriguais en difficulté scolaire, en leur proposant une formation technique et des bases solides pour construire un meilleur avenir.

Mais cela ne s’arrête pas là. Il est aussi question de leur transmettre des compétences concrètes favorisant leur autonomisation, à travers une formation technique combinant enseignement pratique et théorique. Enfin, le centre œuvre pour l’insertion des jeunes en promouvant une agriculture durable ainsi que les métiers liés à l’élevage. Aujourd'hui, il a besoin de soutien pour pouvoir poursuivre sa mission qui est de former, encadrer et accompagner ces jeunes vers un avenir plus stable.

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