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Jennifer Pélage

Un peu de l’île Maurice au Festival de Cannes

27 mai 2026

«C’est une belle aventure… C’est un sentiment de fierté d’avoir été présente au Pavillon indien au Festival de Cannes», nous confie la Mauricienne Jennifer Pélage, dont le teaser du documentaire sur lequel elle travaille en tant que Director & Delegate Producer a été diffusé ce mercredi 20 mai pendant le Festival de Cannes.

Silence, moteur, action ! Et place à de la magie, du rêve, de l’émotion, du suspense, du rire… et tout cela dans un lieu pas comme les autres. Car au cœur de cet événement où le cinéma épouse le glamour, les yeux pétillent d’étoiles. Chaque mois de mai, la Croisette se transforme en théâtre féérique. Sous les palmiers baignés de soleil et les flashs crépitants des photographes, le Festival de Cannes déroule son tapis rouge et fait de cette ville française l’épicentre mondial du cinéma, du prestige et du glamour.

Le temps de ce rassemblement pas comme les autres, tout semble suspendu dans une élégance presque irréelle. Les robes haute couture rivalisent d’audace, les smokings impeccables défilent sous les projecteurs et les plus grandes stars de la planète foulent les marches du Palais des Festivals dans une mise en scène savamment orchestrée. Mais Cannes, ce n’est pas seulement le luxe et les paillettes. C’est aussi la célébration du septième art dans ce qu’il a de plus noble. Entre projections exclusives, ovations interminables et révélations cinématographiques, le festival reste un rendez-vous incontournable pour les réalisateurs, producteurs et acteurs venus défendre leurs œuvres devant un public international exigeant.

Le coeur battant du cinéma

Ainsi, depuis des décennies, le Festival de Cannes continue d’incarner cette alliance fascinante entre création, prestige et glamour à la française. Le temps de quelques jours, le cinéma écrit donc sa légende et dépasse largement le simple cadre d’un événement mondain. La Croisette devient le cœur battant du cinéma mondial, un lieu où se croisent ambitions, talents et opportunités. Pour les réalisateurs et scénaristes, le festival représente une vitrine exceptionnelle. Être sélectionné, présenté ou récompensé sur cette scène mythique peut changer une carrière du jour au lendemain.

Du côté des producteurs, le festival est un immense marché stratégique, et pour les acteurs, fouler les célèbres marches du Palais des Festivals reste un symbole de reconnaissance et de prestige. Mais Cannes, c’est surtout une célébration de la passion du cinéma.

Le Festival de Cannes 2026 se distingue ainsi par une édition plus audacieuse, engagée et internationale que jamais. Cette 79ᵉ édition a mis en lumière un cinéma d’auteur puissant, porté par de grands noms comme Pedro Almodóvar, Park Chan-wook ou encore Asghar Farhadi. Au-delà des grosses pointures qui défilent et se succèdent à Cannes, le cinéma ne se limite pas à la compétition officielle. L’événement agit aussi comme un carrefour international où se construisent les futures collaborations et où les talents de demain trouvent enfin leur public. Chaque année, la Croisette, à Cannes, devient donc, également, une immense scène de découvertes, d’échanges et de créativité. Pour les jeunes scénaristes, réalisateurs et documentaristes, ce rendez-vous est une véritable rampe de lancement. Grâce au Marché du Film, aux rencontres professionnelles et aux espaces dédiés aux nouveaux talents, le festival offre une visibilité exceptionnelle aux projets indépendants et aux productions émergentes. Des pavillons nationaux, comme le Pavillon indien, mettent en avant des films, des documentaires et des récits culturels souvent absents des grands circuits commerciaux. Ces espaces deviennent alors de véritables vitrines pour les cinéastes venus défendre leurs histoires, leur identité et leur regard sur le monde.

Historique

Le documentaire Génération Sidambarom – A French Story Coming from India a ainsi été présenté le mercredi 20 mai au Pavillon indien, à travers la projection de son teaser. Le projet attire l’attention par son approche historique et mémorielle autour de l’héritage indien dans les territoires français. Le titre du documentaire fait notamment référence à Henry Sidambarom, figure historique connue en Guadeloupe pour son combat en faveur des droits civiques et de l’égalité des descendants d’immigrés indiens. Le choix de ce cadre donne au projet une visibilité internationale auprès des producteurs, distributeurs et professionnels du cinéma présents sur la Croisette. Associée à ce documentaire, il y a un peu de l’île Maurice, notamment à travers la Mauricienne Jennifer Pélage, installée en France, fondatrice de l’association Les Belles d’Âme, qui agit comme Director & Delegate Producer sur le projet. Réalisé par Jennifer Pélage et Keen de Kermadec, avec la collaboration de Jude Shaï, le documentaire retrace ainsi le combat historique d’Henry Sidambarom, figure majeure de la lutte pour les droits civiques en Guadeloupe au début du XXᵉ siècle. «À travers une approche mêlant mémoire familiale, archives, transmission et regards contemporains, Génération Sidambarom explore un chapitre longtemps méconnu de l’histoire française : celui des descendants des engagés indiens dans la Caraïbe française et leur combat pour la reconnaissance, la dignité et l’égalité», souligne Jennifer Pélage.

Un rêve

Produit par Taïnos Prod, coproduit par Rex Christy Fernando et D Production, Génération Sidambarom propose un voyage entre la Guadeloupe, la France et les héritages venus d’Inde, mettant en lumière les trajectoires humaines qui ont contribué à façonner la société française contemporaine. «Le projet est né à travers le rêve de mon époux, Rhold Pélage, que j’ai rencontré il y a 36 ans. Son rêve était de faire connaître le combat de son aïeul, Henry Sidambarom. C’est une histoire familiale mais aussi nationale, voire internationale, parce que cet homme s’est battu pendant 20 ans pour l’acquisition du droit de vote dans les Antilles françaises et au-delà. À travers son combat, tout un pan de la société a évolué et a changé. Il a, en fait, changé le cours de l’histoire. C’est à travers son rêve de petit garçon, quand il allait chez son grand-père où il voyait la photo d’Henry Sidambarom, que mon époux a appris qui était cet homme. Rhold, alors très jeune, n’avait pas pris conscience de la portée de sa lignée», nous confie Jennifer Pélage en nous parlant de cette belle aventure dans laquelle elle s’est lancée avec plaisir.

Voilà plusieurs années, raconte-t-elle, que le projet fait son chemin : «L’idée est là depuis 20 ans, parce qu’on devait faire un film historique sur le sujet, mais le chemin n’a pas été évident. Après plusieurs années, ce teaser est projeté au Festival de Cannes. Nous étions venus à Maurice au mois de février pour rencontrer le directeur de l’Aapravasi Ghat et d’autres acteurs de l’engagisme à l’île Maurice. Ce documentaire, on l'a réalisé avec Keen de Kermadec, que j’ai rencontré il y a plus de 20 ans à Trace Télé, où on travaillait ensemble. On a réalisé ce teaser à travers sa boîte de production, Taïnos Prod, grâce à laquelle il a déjà réalisé pas mal de documentaires avec son défunt mari Alain Maline, un grand réalisateur qui a fait des films de fiction, mais aussi des longs métrages et des fictions historiques sur Gaston Monnerville, par exemple. Là, on continue l’aventure avec Keen de Kermadec. On a créé un département dédié au documentaire.»

Aujourd’hui, notre compatriote, mère de trois enfants, a les yeux rivés sur l’avenir. «Ce premier documentaire est en cours de réalisation. On a pu collaborer avec l’Inde, même jusqu’à l’Himalaya. Ce sera très moderne. On a eu beaucoup de plaisir à réaliser ce teaser avec Rex Christy Fernando, qui nous accompagne au niveau de la coproduction.» Pour Jennifer Pélage, il s’agit d’un beau challenge qu’elle prend plaisir à relever. «C’est une belle aventure. C’est un sentiment de fierté d’avoir été présente au Pavillon indien au Festival de Cannes. C’est un événement prestigieux qui nous permettra de faire connaître ce grand homme, Henry Sidambarom, au niveau international, en mettant l’accent sur son parcours. La portée de son action a changé tout un pan d’une société», conclut Jennifer Pélage, heureuse d’apporter un peu de l’île Maurice à ce projet riche en histoire…

**D’autres Mauriciens sur la Croisette ! **

Eh oui, il n’y avait pas que Jennifer Pélage sur la Croisette en tant que présence mauricienne. Durant la semaine, on y a aussi vu, par exemple, le chanteur Christopher Warren Permal qui a été invité pour l’occasion par Universal France et était au Pavillon Afronova pour promouvoir la destination Maurice et le continent africain. Des représentants de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC) étaient également présents à Cannes, au Marché du film précisément, afin de vendre Maurice comme destination de tournage. Notons aussi la présence de notre acteur local Jake François, qui fait actuellement des études en acting en France. Il a assisté à plusieurs soirées et mis plusieurs de ses connaissances dans le domaine en contact avec la MFDC.

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