Happy ? Les jours sans bobo ? Sans genoux qui grincent, sans dos qui tire ? Peut-être ! Ou alors : un appel des petits-enfants, un jardin qui fleurit, un café partagé entre amis.es, le plaisir d’être encore utile ou simplement la santé qui permet de profiter de la journée.
Les relations avant tout. Une clé essentielle au bonheur ? Les liens humains, tout simplement. C’est ce que dit la Harvard Study of Adult Development. Il s’agit d’une des plus longues études jamais réalisées sur le développement humain. Elle suit des participants depuis 1938. Sa conclusion est sans appel : ce ne sont ni la richesse, ni la célébrité qui prédisent une vie heureuse, mais la qualité des relations entretenues avec les autres. Le psychiatre Robert Waldinger, actuel directeur de cette étude, résume ce constat en une phrase devenue célèbre : «De bonnes relations nous rendent plus heureux et en meilleure santé.» Il l’a dit en 2015 lors du TED Talk : What Makes a Good Life? Lessons from the Longest Study on Happiness. 11 ans plus tard, cela semble encore d’actualité ! Les chercheurs ont également montré que les personnes entourées vivent généralement plus longtemps, présentent moins de risques de dépression et conservent plus longtemps leurs capacités cognitives. Appeler un.e ami.e, déjeuner en famille ou rejoindre une association ou un club de troisième âge, c’est un véritable investissement dans son bien-être.
Donner du sens à ses journées. La retraite offre du temps. Beaucoup de temps. Encore faut-il savoir quoi en faire. Selon le psychologue américain Martin Seligman, le bonheur durable ne repose pas uniquement sur les émotions agréables : «Le bien-être ne consiste pas seulement à se sentir bien, mais aussi à vivre une vie riche de sens.» Dans son modèle PERMA, il identifie cinq piliers du bien-être : les émotions positives, l’engagement, les relations, le sens et l’accomplissement. Continuer à apprendre, faire du bénévolat, transmettre son savoir-faire, cuisiner pour sa famille ou s’occuper d’un potager peuvent nourrir ce sentiment d’utilité qui contribue fortement au bonheur.
Accepter que la vie change. Vieillir, c’est aussi composer avec des pertes : un conjoint.e disparu.e, un corps moins agile, des enfants partis.es vivre loin... Pourtant, les psychologues observent que beaucoup de seniors développent avec l’âge une meilleure capacité à relativiser les difficultés. La psychologue Laura Carstensen, professeure à l’Université Stanford, explique ce phénomène grâce à sa théorie de la sélectivité socio-émotionnelle. En prenant conscience que le temps est limité, les personnes âgées choisissent davantage les expériences qui leur procurent du bien-être et accordent moins d’énergie aux conflits ou aux préoccupations secondaires : «Les personnes âgées sont plus heureuses parce qu’elles régulent mieux leurs émotions.» Cette capacité à savourer davantage le moment présent explique en partie ce que les chercheurs appellent la courbe en U du bonheur : dans de nombreux pays, le niveau de satisfaction dans la vie tend à remonter après la cinquantaine.
Bouger... même un peu. Se sentir pump it up, ça passe aussi par le corps. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que pratiquer une activité physique régulière réduit les risques de dépression, améliore le sommeil, stimule les fonctions cognitives et augmente la qualité de vie. Il n’est pas nécessaire de courir un marathon. Une marche quotidienne pour aller acheter son pain à la tabagie du quartier, quelques exercices d’assouplissement, de la danse, de l’aquagym ou du jardinage suffisent déjà à libérer des endorphines, les hormones associées au bien-être. Le best ? C’est pratiquer du strength training ! Il est possible de retrouver des chaînes sur YouTube dédiées à l’exercice pour les seniors. Un exemple à découvrir absolument : @yes2next.
Continuer à apprendre. À la une, à la deux… Il faut muscler son cerveau. Découvrir une langue, apprendre à utiliser un smartphone, suivre un atelier de peinture ou se lancer dans la pâtisserie permet non seulement de stimuler les capacités cognitives, mais aussi de renforcer l’estime de soi. La psychologue Carol Dweck rappelle que les capacités ne sont pas figées : «L’important n’est pas d’être, mais de devenir.» Et on «devient» à tout âge !
Le bonheur se cultive. Plusieurs études en psychologie positive montrent que certaines habitudes simples augmentent durablement le niveau de bien-être. Tenir un carnet de gratitude, savourer les petits plaisirs du quotidien, passer du temps dans la nature, rire davantage ou pratiquer la pleine conscience sont autant de stratégies qui favorisent les émotions positives.