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Greenpeace Africa lance sa première action à Maurice

Au cœur de la mangrove, le choc des déchets

5 août 2026

Greenpeace Africa a franchi une étape importante à Maurice avec le lancement de sa première campagne officielle baptisée «Protez nou manglie, protez nou bouse manze».

En une heure à peine, plus de 500 kilos de déchets plastiques ont été retirés d’une petite portion de la mangrove à Rivière-des-Créoles. Un constat aussi spectaculaire qu’inquiétant, qui met en lumière la fragilité de cet écosystème indispensable à la protection du littoral mauricien. À travers cette première campagne officielle à Maurice, Greenpeace Africa lance un appel à une prise de conscience collective : préserver les mangroves, c’est protéger notre biodiversité, notre lagon et l’avenir des générations futures.

Au premier regard, la mangrove à Rivière-des-Créoles semble paisible. Ses racines entrelacées plongent dans une eau calme où viennent s’abriter poissons, crabes et oiseaux. Mais en s’approchant, le décor change brutalement. Entre les racines s’accumulent des centaines de bouteilles en plastique et d’autres déchets emportés par les rivières ou abandonnés dans la nature.

Ce sanctuaire de biodiversité est peu à peu étouffé par les déchets humains. Une réalité inquiétante qui a poussé Greenpeace Africa à passer à l’action. À l’occasion de la Journée internationale pour la conservation de l’écosystème des mangroves, l’organisation a lancé sa toute première campagne officielle à Maurice avec une opération de nettoyage à Rivière-des-Créoles.

En une heure, une trentaine de bénévoles ont retiré plus de 500 kilos de déchets plastiques, révélant l’ampleur de la pollution qui menace cet écosystème fragile. Baptisée «Protez nou manglie, protez nou bouse manze», cette initiative s’inscrit dans le cadre du mouvement mondial Plastic Free July. Armés de sacs 100% biodégradables et compostables, les volontaires ont nettoyé une petite portion de mangrove.

Près de 80% des déchets collectés étaient des bouteilles en plastique à usage unique, principalement issues de l’industrie locale des boissons. Pour Greenpeace Africa, cette pollution ne représente que la partie visible du problème. Les mangroves jouent un rôle essentiel dans la protection des côtes contre l’érosion, absorbent d’importantes quantités de carbone et servent de refuge ainsi que de zone de reproduction à de nombreuses espèces marines.

Lorsque ces forêts côtières sont envahies par le plastique, c’est tout un écosystème qui est mis en péril. «Ce que nous avons extrait n’est que la partie émergée de l’iceberg. Retirer 500 kilos de plastique d’une si petite bande de littoral prouve que nos barrières écologiques naturelles s’étouffent. Si la mangrove meurt, c’est toute la biodiversité du lagon mauricien qui s’effondre, impactant directement les moyens de subsistance des communautés locales», souligne Akash Seetaram, coordinateur des volontaires de Greenpeace Africa.

Au-delà de cette opération de nettoyage, l'organisation souhaite ouvrir un débat sur la responsabilité des producteurs de plastique et la gestion des emballages à usage unique. Elle estime que les industriels doivent être davantage impliqués dans la réduction de la pollution qu’ils contribuent à générer. Cette première action marque aussi le début d’une présence plus active de Greenpeace Africa à Maurice.

L’organisation entend multiplier les campagnes de sensibilisation et plaider pour une meilleure protection des espaces marins du pays. Pour son chargé de campagne Shaad Chellapermal, l’urgence dépasse largement la seule question des déchets. «Avec une Zone économique exclusive de 2,3 millions de kilomètres carrés ne bénéficiant d’aucune protection formelle, Maurice doit agir. Cette mobilisation est la première étape d’un plaidoyer en faveur d’une meilleure gouvernance de nos espaces marins, d’une protection renforcée de l’océan et d’une gestion partagée des ressources avec les pêcheurs artisanaux.»

Cette journée de nettoyage rappelle une réalité souvent ignorée : ce qui est abandonné sur nos plages, dans nos rivières ou dans la nature finit souvent dans les mangroves, avant de rejoindre le lagon et l’océan. Préserver ces écosystèmes, c’est protéger la biodiversité, mais aussi l’avenir des communautés qui vivent de la mer.

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