Si l’île Maurice a survécu à deux guerres mondiales, la guerre du Golfe et les trois années sous les dictats du Covid 19, pour ne citer que ces troubles majeurs, pensez-vous qu’elle s’écroulera sous le conflit qui se déroule dans l’ancienne Mésopotamie? S’il est vrai que les retombées de ce combat armée risquent de nous perturber sérieusement, il n’est pas moins vrai qu’elles ne seront que passagères. Rien n’est permanent ici-bas. Tout passe et tout s’efface sauf le bien que nous faisons.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, nombreuses étaient les familles qui ne pouvaient manger à leur faim ici. Sans téléphones portables, sans internet, sans WhatsApp, sans télé, elles ont survécu à l’angoissante tristesse de la séparation de leurs proches engagés à l’étranger sur le front de guerre. Pourtant, dans la solidarité et la confiance en Dieu, autour de symboles de paix tels que Marie Reine de la Paix et Montmartre, construits à pendant cette période sous Mgr Leen, elles ont survécu.
C’est à cette même époque de trouble mondialisé que les trois principaux organes de presse du pays à savoir, Le Mauricien, Le Cernéen et Advance collaborèrent pour tirer un seul journal malgré leur lignes éditoriales opposées. La raison étant la rarification du papier en raison de la guerre. Ils avaient placé le droit à l’information au-dessus de leurs différences. Ils avaient trouvé dans la collaboration une arme contre la pression économique de la guerre.
C’est à cette même époque que Raoul Rivet, alors conseiller législatif, dénonçait la discrimination raciale au sein des recrues pour le service militaire, soumettant une motion contre cette pratique au conseil. Même si celle-ci n’a bénéficié que de 5 voix contre 20, Rivet a eu le mérite de démontrer qu’il est nécessaire de balayer devant sa porte avant de sermonner les autres.
A l’ère de la Covid 19, les Mauriciens ont démontré une solidarité fort admirable. Certains citoyens de bonne volonté qui détenaient des permis pour sortir se sont organisés pour préparer et livrer les repas aux vulnérables et nécessiteux, d’autres sont retourné à la terre pour produire plus de vivres et d’autres encore, surtout les religieux, ont conçu des programmes en ligne pour combler les besoins spirituelles car les lieux de cultes étaient fermés.
Alors que nous abordons le deuxième quart du 21e siècle, ce conflit certes majeur devrait, plutôt que nous inquiéter outre mesure, nous rappeler de serrer les rangs. Cette guerre est un appel au bon sens, à la bonne volonté, à la collaboration, au sérieux et surtout à la solidarité et à l’amour fraternel. Oui, ce conflit est là pour nous faire comprendre que chaque jour plus de 150 000 voitures de maître ne peuvent converger vers Port-Louis avec uniquement le chauffeur dans un habitacle qui compte cinq places.
Ce conflit nous fait réfléchir sur notre modèle de consommation. Oui, nous avons le droit au plaisir des bonnes choses mais doivent elles être obligatoirement importées ? Cette guerre est une occasion pour que nous renforcions nos troupes physiquement mais aussi psychologiquement et cela n’est pas possible si le fléau de la drogue continue à répandre ses tentacules. L’île Maurice a fait face à pire situation, n’ayons pas peur mais serrons nos rangs et agissons là où nous le pouvons. C’est le seul moyen pour que reculent les conséquences de ce fâcheux événement.
PAR ALAIN JEANNOT