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Les aventures de Mélanie Pérès en Jamaïque et en Espagne

6 juillet 2026

Notre compatriote a vécu de jolis moments dans ces pays, en compagnie de la conteuse mauricienne Véronique Nankoo et de plusieurs autres.

Notre compatriote a fait de jolis voyages avec de belles personnes tout en assistant à de belles choses. Mélanie Pérès, qu’on ne présente plus et qui fait actuellement son doctorat aux USA autour des langues créoles, a donc été en Jamaïque avec plusieurs autres artistes, notamment la conteuse locale Véronique Nankoo, suivi d’une autre aventure en Espagne, le tout autour de créolité, d’études francophones, de monde du spectacle, oui tousala ! Elle nous en dit plus.

La Jamaïque : «Suite à un appel à communication de la Carribean Studies Association dans le cadre de son 50e anniversaire, intitulé "Caribbean Vibes and Vibrations: Culture, Identity and Development in Transformative Times" qui se tenait à Kingston en Jamaïque du 1er au 5 juin, nous avons proposé un panel regroupant cinq artistes-chercheuses d’Allemagne, de France et de Maurice, afin d’ouvrir les perspectives autour du marronnage académique avec une conférence-spectacle. Le but étant de créer une passerelle entre la Caraïbe et les Mascareignes tout en proposant une nouvelle forme de performance académique dans les conférences. Avec un conte intitulé Noire – écrit par la conteuse et chercheuse mauricienne Véronique Nankoo – comme fil conducteur, nous avons parlé des liens historiques et humains qui lient les espaces insulaires, en y incorporant des papiers scientifiques autour du marronnage culturel et littéraire, des figures marronnes, de la toponymie et des formes de résistance et de résilience face à la domination coloniale. La conférence mettait aussi un accent sur les thématiques culturelles et géopolitiques. Nous avons assisté à des analyses scientifiques autour du rastafarisme, du reggae, du dancehall, du shatta, entre autres. Il était aussi question de repenser les îles au centre des débats géopolitiques qui sont très animés en ce moment.»

L’Espagne : «Comme nous sommes dans la saison des conférences internationales, j’étais aussi à Alcalá de Henares, à Madrid, dans le cadre du 40e Congrès internationale des études francophones. Là aussi, il était question de mettre en lumière les voix marginalisées. Dans ce cadre, j’ai proposé un papier sur la chanson chagossienne comme archive alternative. En effet, dans le débat autour de l’acquisition du territoire chagossien, peu de place est donné au récit des familles ayant vécu l’exil forcé entre 1965 et 1973. Dans les chansons de Charlesia Alexis et Lisette Talate (via Zonatan), j’ai souhaité démontrer comment la musique pouvait être un moyen de reconstruction de l’histoire face à ce que l’archive officielle démontre. Et qu’il est important d’écouter ces voix.»

Mes études aux USA : «Je me concentre en ce moment sur mon doctorat à la Pennsylvania State University. Il y a un réel engouement autour des études créoles aux États Unis ; ce serait très naïf d’encore se dire "Ki pou fer ar Kreol deor ?". Le monde créole est très vaste, il est étudié et valorisé à l’international. Si nous pensons que le Kreol Morisien n’a pas de valeur, nous passons à côté de belles opportunités de faire connaître la richesse de notre île. Quant à moi, comme je ne pense pas ainsi, je porterai notre histoire et notre quadricolore partout où je le pourrai.»

Et Maurice alors ? : «Si l’occasion m’est donnée, je reviendrai avec plaisir. J’ai des créations au four, en Kreol Morisien et en français, dans l’espoir de toucher le cœur des Mauriciens avant tout et de montrer au monde de quoi nous sommes capables.»

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