Les faits, rappelons-le, remontent au samedi 27 juin, dans la région de Mananara-Avaratra, un district situé sur la côte est de Madagascar. Ce matin-là, le Mauricien Rajiv Jeebodh, âgé de 40 ans, a été abattu par balles par les forces de l’ordre malgaches. Soupçonné du meurtre de sa compagne – une ressortissante Malgache âgée d’une trentaine d’années –, il aurait opposé une vive résistance et refusé d’obtempérer lors de son arrestation, ne laissant d’autre choix à la police que d’ouvrir le feu pour le neutraliser.
Dans la région de Deux-Frères – petit village à l’embouchure de Grande-Rivière-Sud-Est –, d’où est originaire Rajiv Jeebodh, les spéculations vont bon train depuis l’annonce du drame. «Pou ki rezon li'nn fer enn zafer koumsa ?» se demandent des habitants de la localité, qui discutent entre eux. Tous cherchent à comprendre le déclencheur de cette folie meurtrière, même si absolument rien ne pourrait légitimer l’horreur de ce féminicide. D’ailleurs, les clichés du corps sans vie de sa compagne, qui ont fuité sur les réseaux sociaux après son meurtre, témoignent de la brutalité extrême de l’agression et illustrent l’horreur de ses derniers instants. Agressée à coups de machette, la trentenaire présentait plusieurs plaies profondes et larges, notamment au niveau des épaules, des bras et au visage.
À la rue Mathieu, à Deux-Frères, la maison qu’occupait Rajiv Jeebodh est vide depuis son départ pour la Grande Île. Un habitant de la localité, qui l’a connu, nous confie : «Plus jeune, il a été marié à une Seychelloise, puis s’est séparé. Il a ensuite partagé la vie d’une autre femme, une Mauricienne, avec laquelle il a eu deux fils, mais leur relation n’a pas duré parce qu’il était violent. Il a ensuite fait la connaissance de cette Malgache ici, à Maurice, et elle s'est installée avec lui dans le village.» Toujours selon notre interlocuteur, «Rajiv était skipper, et il a fait affaires avec des individus peu recommandables. Nous avons appris que ces derniers lui auraient remis des millions pour effectuer une transaction il y a environ deux ans, mais il aurait pris l’argent et se serait envolé vers Madagascar avec sa compagne. Nous ne l’avons plus revu depuis». Comme tous les habitants du village, poursuit-il, «j’ai été choqué d’apprendre ce qu’il avait fait. Même s’il avait des antécédents de violence, je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse en arriver là».
D’après nos renseignements, ce sont des voisins du couple à Madagascar qui ont contacté la police le jour de l’agression, alertés par les cris de la jeune femme. Avant leur arrivée, le meurtrier présumé avait pris la fuite vers le sud, en direction de Tamatave, au volant d’un véhicule. Les forces de l’ordre se sont donc déployées sur les différentes routes susceptibles d’être empruntées par le quadragénaire. Après l'avoir intercepté dans les environs d’Androkaroka, la police aurait cherché à le conduire vers ses locaux, mais il serait parvenu à fuir et se serait dirigé vers Mahambolona – une zone de broussailles et de forêt. Lorsque les forces de l’ordre ont tenté de l’arrêter, il aurait opposé une forte résistance en faisant usage d’un couteau qu’il avait en sa possession. Malgré les tirs de sommation effectués par les officiers, il aurait continué de leur faire face, ne leur laissant d’autre choix que d’ouvrir le feu sur lui. Il n’a pas survécu.
Les autorités poursuivent leur enquête afin de faire la lumière sur cette affaire. À savoir qu'un paquet de cigarettes contenant des résidus de cannabis a aussi été découvert parmi ses effets personnels.