Des bougies, des prières, des pas et beaucoup d’émotion :chaque année, les 8 et 9 septembre, entre autres jours durant ce mois, Sainte-Croix devient le théâtre d’une ferveur populaire qui défie le temps et aussi les générations.
Car chaque année, à la même période, l'endroit change de visage. Dans les rues qui mènent à son caveau, les pas se font plus nombreux, les prières plus ferventes, les regards plus recueillis. Des milliers de fidèles viennent ainsi rendre hommage à celui dont le nom résonne toujours avec la même force plus de 160 ans après sa mort : le bienheureux Père Jacques-Désiré Laval.
Missionnaire, médecin, prêtre et surtout homme de proximité, le Père Laval a consacré sa vie aux plus démunis. Arrivé à Maurice en 1841, il gagne rapidement le cœur d'une population marquée par la misère et les bouleversements de l'époque. Il soigne, écoute, réconforte, enseigne. Mais surtout, il se fait proche de ceux que la société laisse au bord du chemin. Sa mort, le 9 septembre 1864, ne mettra pas fin à son histoire. Au contraire. Autour de son caveau, à Sainte-Croix, la dévotion grandit au fil des années, jusqu'à devenir l'un des rendez-vous religieux les plus emblématiques de l'île, surtout depuis qu'il est devenu bienheureux grâce à un miracle qui lui est attribué. De génération en génération, la ferveur se transmet. Parents, enfants, jeunes et moins jeunes se retrouvent dans un même élan de foi.
Le Père Laval a marqué les cœurs et les esprits. Et son héritage dépasse largement les murs d'une église. Car si le Père Laval est associé à notre petite île, à Pinterville, en France, où son histoire a commencé, son rayonnement est tout aussi grand. C’est donc dans un petit village de l’Eure, à quelques kilomètres de Louviers, en Normandie, que résonne aussi le nom du bienheureux Jacques-Désiré Laval. Car là-bas, entre les murs de l’église, les souvenirs laissés par un jeune prêtre, s’écrivent les premières pages de l’histoire du futur «apôtre de Maurice», quand le 8 janvier 1839, Jacques-Désiré Laval est nommé prêtre-desservant de Pinterville, alors une petite paroisse de moins de 500 habitants. Pendant deux ans, il y découvre la vie des plus modestes, soigne, écoute, prie et se fait proche de ses paroissiens. Une expérience qui contribue à forger cette vocation missionnaire qui le conduira plus tard à l’île Maurice. C’est le 23 février 1841 qu’il quitte définitivement Pinterville. Quelques mois plus tard, il débarque à Maurice et se consacre aux anciens esclaves, aux pauvres et aux malades. Une mission qui fera de lui une figure majeure de l’histoire mauricienne.
Mais Pinterville n’a jamais oublié son ancien curé. Chaque deuxième semaine de septembre, le village devient à son tour un lieu de pèlerinage. Normands, Mauriciens et amis du Père Laval s’y retrouvent dans la prière, en écho au grand rendez-vous de Sainte-Croix. Procession, messe, chants et moments de partage font vibrer cette petite commune au rythme d’une ferveur qui traverse les océans.

Le rassemblement à Pinterville, c’est un rendez-vous que ne rate jamais notre compatriote Sheila Henry, installée en France. «Je suis née un 9 septembre et pour moi, c’est très important de participer à la messe en hommage au Père Laval. Ma mère m’a emmenée pour la première fois au pèlerinage à l’âge de 9 ans, depuis Henrietta jusqu’à Port-Louis. Le Père Laval a toujours été mon protecteur. Cela fait plus de 30 ans que j’habite en France et ça fait plus de 20 ans que je participe à la messe pour lui rendre hommage», nous confie Sheila Henry.
C’est un rassemblement annuel que la Mauricienne ne rate donc jamais. «Aujourd’hui, j’habite à 30 kilomètres de Pinterville et pour moi, c’est un bonheur d’être si près de l'endroit où a vécu le Père Laval. Les gens y sont très accueillants. L’organisation est très bien faite et la ville met à notre disposition des parkings gratuits et des guides pour les nouveaux arrivants. Il y a beaucoup de Mauriciens de toutes les religions et dont la plupart viennent de Paris, qui viennent participer à la messe», ajoute Sheila qui a un lien très spécial avec le bienheureux.
«Il y a certes ma date de naissance, un 9 septembre, mais il y a aussi le fait que j’ai appris que j’étais enceinte un 9 septembre alors que les médecins m’avaient dit que j’étais stérile», conclut notre compatriote qui, de Pinterville, en compagnie d'autres Mauriciens installés en France et dans les pays alentours, sera en communion les 8 et 9 septembre prochains avec les fidèles qui chemineront vers le caveau du bienheureux Père Laval à Maurice, dans la foi et la ferveur.
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Pour l'édition 2026, le pèlerinage est placé sous le thème «Ansam ek Per Laval pou enn sosiete pli zis ek fraternel». Ce thème invite à poursuivre, aujourd'hui, l'œuvre du Père Laval en faisant de la justice et de la fraternité un engagement concret dans notre société. Il s'inspire notamment du message de Carême 2026 de Mgr Jean Michaël Durhône, qui rappelle la mission de chacun à contribuer à la construction d'une société plus juste et plus fraternelle.
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Le 8 septembre, plusieurs espaces d'animation spirituelle seront proposés à Sainte-Croix, de 17h à minuit. Ces différents points permettront aux pèlerins de prendre un temps de prière et de recueillement tout au long de leur parcours. Le Renouveau Charismatique sera présent à plusieurs endroits : un point d'animation à Abercrombie ; deux points d'animation le long de l'Allée Père Laval ; un autre point d'animation sera installé près de la Grande Croix, devant l'église de Sainte-Croix.
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Les horaires des messes pour le mardi 8 septembre sont les suivants : 17h30 à l'intérieur de l'église. 20h : messe à l'extérieur de l'église - cérémonie télévisée. 23h : messe à l'extérieur de l'église. Les messes pour le mercredi 9 septembre : 6h, 8h, 10h, 12h, 14h, 16h et 18h.
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Le caveau du bienheureux Père Laval restera accessible aux pèlerins le 8 septembre jusqu'à minuit. L'enceinte de l'église de Sainte-Croix sera, quant à elle, fermée après la messe de 23h. Le caveau rouvrira le 9 septembre à 5h30 et restera accessible jusqu'à 18h.