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13 avril 2022 00:10
PASSION. Je suis peut-être un peu spéciale mais j’ai vécu plutôt bien ces deux dernières années, y compris les confinements. Ces moments d’arrêt m’ont donné l’occasion d’être plus près de la danse, cet art que je porte en moi tout le temps. J’ai pratiqué, j’ai vu et revu mes mouvements, comment m’améliorer davantage. Quand on est passionné par son art et qu’on le pratique à un niveau professionnel, on cherche toujours à se perfectionner, à apprendre de nouvelles choses.
FORMATION. Donc, rester enfermée à la maison complètement immergée dans la danse, c’était comme prendre un cours de formation intensif. D’ailleurs, j’étais aussi en contact avec mon guru en Inde, Shrimati Geetanjali Lal, et j’ai encore une fois beaucoup appris d’elle. J’aime apprendre. J'aime être une élève. J’aime aussi enseigner, faire des chorégraphies, m’occuper de tout ce qui a trait à mon art.
EXPO. Durant les confinements et les périodes de restrictions où je ne pouvais pas enseigner en présentiel, j’ai dispensé mes cours en ligne. Maintenant, ils ont repris sur place, à l’Art Academy, dans le respect des protocoles sanitaires, et c’est tant mieux. Dernièrement, j’ai aussi eu le bonheur de monter une chorégraphie pour l’Expo de Dubaï avec les meilleurs danseurs de l’île et c’était extraordinaire ! Covid, confinements, restrictions ou autres, je continue dans ce que je fais et je n’attends pas seulement que le gouvernement m’offre des opportunités, j’en crée moi-même.
DIFFICILE. Il est vrai que c’est difficile de faire des grands spectacles en ce moment car on ne peut pas accommoder beaucoup de spectateurs et que les sponsors ne suivent plus. Mais je fais ce que je peux en attendant que ça passe, en me concentrant sur ce que j’aime faire : la danse.
POSITIF. Je trouve que, malgré les difficultés et épreuves liées à la Covid, il y a tellement de choses positives qui sont nées ces deux dernières années. Nous avons changé en mieux, même si nous ne nous en rendons pas tous compte, nous avons appris beaucoup de choses : comment vivre mieux avec notre prochain, économiser et ne plus dépenser à tort et à travers d’autant que tout est tellement cher, faire les choses autrement, rebondir face à l’adversité, prendre soin de nous-mêmes, faire plus attention à notre hygiène pour diminuer les risques de propagation du virus. Nous avons également appris à vivre avec l’essentiel, que ce soit au niveau des choses matérielles ou de notre entourage proche.
LEÇON. En tout cas, la Covid et les autres catastrophes que nous avons vécus ces derniers temps, comme les cyclones et les pluies torrentielles, nous enseignent une bonne leçon. C’est un peu comme un rappel à l’ordre de Dieu face à un monde qui allait de travers, où chacun faisait ce qu’il voulait sans penser aux autres, à la nature, aux conséquences, en croyant pouvoir tout contrôler ! Or, tout cela nous montrent que nous n’avons pas le contrôle sur toutes les circonstances de la vie, le temps, la mort, entre autres. Par contre, nous avons tous la responsabilité de faire ce que nous pouvons à notre niveau pour améliorer notre vie individuelle et collective. Et prier pour avoir l’aide de Dieu.
SOINS. La Covid et tout le reste sont aussi venus nous montrer que nous sommes une société malade qui a besoin d’être soignée. Prenons la drogue, par exemple. On a l’impression que ces deux dernières années, la consommation a grimpé de manière drastique. Est-ce l’inactivité, le stress, la pauvreté ? En tout cas, il faut trouver des solutions pour endiguer cela et d’autres fléaux. Nous devons chercher les remèdes et faire ce qu’il faut pour soigner notre société de ses maladies.
AVANCER. Bien sûr, il y a du positif et du négatif qui sont sortis de la situation difficile que nous vivons depuis deux ans mais moi, je préfère me concentrer sur le positif, sinon ce sera difficile d'avancer.
DISCIPLINE. Je ne vois pas la situation s’améliorer de manière drastique tout de suite. Mais il y a certainement des choses que nous pouvons faire pour vivre mieux. Être discipliné, prendre toutes les précautions, se faire vacciner, renforcer le système immunitaire avec des vitamines, de l’exercice. Si nous pouvons au moins éradiquer ce virus, ce sera déjà extraordinaire. Ensuite, nous pourrons prendre le temps de reconstruire notre société bien comme il faut.
JOIE. Et puis, il faut que nous nous rendions compte que, malgré tout, nous sommes encore en vie. Nous devons nous en réjouir et vivre cette vie à son maximum, en lui donnant du sens. Ne la gaspillons plus à courir derrière l’argent, le matériel, comme avant. Satisfaisons-nous de ce que nous avons, même si c’est peu, et si on a plus tant mieux. Faisons ce que nous aimons, bien sûr pas de manière égoïste mais au contraire de manière généreuse, dans la solidarité et l’entraide.
SPECTACLE. Moi, je serai ravie quand le monde du spectacle reprendra vie, même si j’ai peu d’espoir de le voir retourner comme avant. Hélas, les gens ne veulent plus faire de l’art de manière professionnelle car cela ne rapporte pas beaucoup. Durant les deux dernières années, beaucoup d’artistes ont aussi été obligés de prendre d’autres emplois en gardant l’art comme un passe-temps. C'est dommage mais c'est comme ça...
VALEUR. La vie a une valeur inestimable. Je crois que nous en avons bien pris conscience en côtoyant la maladie et la mort au quotidien ces derniers temps. La vie est belle si nous prenons la peine de bien regarder, d’aller à l’essentiel, de vivre l’essentiel. Moi, depuis la Covid, je vis chaque moment de ma vie, chaque présent, à fond. Je fais ce qui me fait plaisir, je m’amuse, je profite de mon petit monde bien à moi. J’aime la vie, j'aime ma vie !
BELLE. Il y a tellement de belles choses mais il faut que chacun découvre ce qu’il y a de joli, de beau, dans son univers, souvent derrière le voile d’obscurité qui ne nous montre que le négatif. C’est une question de perspective. La lumière et le beau peuvent jaillir même des situations les plus difficiles. C’est comme le lotus, une des plus belles fleurs au monde, qui pousse dans la boue. Soyons tous comme des lotus…
Je vis ma passion pour la danse à fond. J’enseigne, j’apprends, je monte des chorégraphies. Après l’Expo de Dubaï récemment, pour laquelle j’avais monté une chorégraphie avec les meilleurs danseurs de l’île, avec des répétitions quotidiennes durant deux mois et une performance au top, je suis un peu fatiguée, donc je me repose aussi, je prends un peu de recul… pour mieux avancer ensuite. Il y a sept ans, après la mort soudaine de mon compagnon de danse et de vie, Sanedhip Bhimjee, j’étais effondrée, je me demandais comment j’allais pouvoir continuer ma vie et mon art sans lui. Après deux ans environ, j’ai pu trouver la force de tourner toute cette douleur en force pour avancer. Et aujourd’hui, je suis effectivement bien plus forte, j’ai beaucoup appris, je prends mes décisions, j'impose mes idées... Sanedhip est toujours bien présent dans ma vie, surtout s’agissant de l’inspiration pour les chorégraphies. Et aujourd’hui, notre école, Art Academy, roule toujours, je suis toujours amoureuse de mon art et je suis heureuse dans ce que je fais. La danse est une passion qui remonte à mon enfance, j’ai commencé à 4 ans, je suis allée en Inde pour me perfectionner vers 17/18 ans et je ne me suis plus arrêtée de danser depuis. Je ne m’arrêterai jamais.
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