Publicité

Arrestation de Vimen Sabapati pour trafic de drogue par la Special Striking Team - Son entourage : «Nou les la zistis fer so travay»

9 mai 2023

L’ex-entraîneur national de la Fédération mauricienne de muay-thaï fait l’objet d’une accusation provisoire de trafic de drogue.

Les premières images de lui après son arrestation sont celles d’un homme tout sourire aux Casernes centrales, en compagnie des officiers de la Special Striking Team (SST) menés par l’ASP Jagai. En ce mercredi 3 mai, Vimen Sabapati, 39 ans, vient d’être arrêté car un sac contenant 10 kilos d’une poudre blanchâtre, soupçonnée d’être de l’héroïne d’une valeur marchande de Rs 150 millions, a été retrouvé dans sa Ford Raptor alors qu’il se trouvait à Port-Louis. Lors d’une première rencontre avec son avocat Siddhartha Hawoldar 24 heures plus tard, l’ex-entraîneur national de la Fédération mauricienne de muay-thaï a assuré à celui-ci qu’il était victime d’un complot.

 

«J’ai pu parler à mon client pour prendre des instructions de lui après son arrestation car il était détention incommunicado avant. Il clame son innocence. Il affirme qu’on l’a piégé. Il avait déjà des informations depuis quelque temps à ce sujet. C’est la raison pour laquelle il avait fait plusieurs dépositions à la police où il dit craindre pour sa sécurité. Sa défense repose sur ses sources au sein de police qui l’avaient informé qu’il allait être arrêté avec de la drogue. Il a des recordings de ces conversations», souligne Me Hawoldar. Il précise que son client a déjà donné son accord pour que les limiers de la SST recueillent son téléphone portable ainsi que les images des caméras de vidéosurveillance de sa maison pour les besoins de l’enquête. «Mon client n’a pas été réticent. Il collabore avec les enquêteurs. Ces derniers ont également recueilli un échantillon de son ADN et de ses empreintes. Il devra se rendre aux Casernes centrales ce lundi 8 mai pour assister à l’examen de son téléphone portable», précise Me Hawoldar.

 

Ramen Sabapati, le frère de Vimen, a été le premier à clamer que ce dernier a été victime de «planting». Il a toutefois dû s’expliquer aux hommes de l’ASP Jagai à cet effet. «Il avait fait cette déclaration à chaud. La police voulait l’arrêter pour Breach of ICTA. Je suis intervenu pour calmer les esprits», précise Me Hawoldar. Toutefois, l’entourage de Vimen Sabapati persiste et signe : il aurait bel et bien été victime d’un complot. «Nou les la zistis fer so travay», martèle un proche.

 

Le principal concerné se trouvait à Port-Louis le mercredi 3 mai dans un but précis. Son entourage avance également qu’il avait déjà reçu des informations selon lesquelles la SST allait lui jouer un mauvais tour ce jour-là. Est-ce que Vimen Sabapati savait déjà qu’il allait se faire piéger ? «Li ti dan Porlwi sa zour-la pou al get avoka kan SST inn aret li. Li ti deza an kontak ek de ofisie sa lekip-la. Zot ti call li. Li ena recording pou sa. Sa mem zour ki sa bann la polis-la inn plas enn tracker anba zelron so 4x4», affirme un de ses amis. Après son arrestation, le principal concerné avait déclaré aux journalistes présents aux Casernes centrales que les officiers de la SST avaient manipulé sa voiture et que la scène figurait sur des images d’une caméra de vidéosurveillance. Une vidéo dans ce sens, publiée sur les réseaux sociaux le jour de son arrestation, a d’ailleurs fait le buzz.

 

«Enn sinp marsan roti»

 

Les Casernes centrales ont, par la suite, confirmé que cet équipement avait effectivement été placé sous le véhicule du suspect afin que les enquêteurs puissent le suivre depuis Vacoas où il habite. Mais ces derniers nient en bloc les allégations de «planting». Ils précisent que les portières de la Ford Raptor étaient verrouillées et qu’elles n’ont pas été forcées lors de l’arrestation du suspect. Or, le sac contenant 10 kilos d’une poudre blanchâtre soupçonnée d’être de l’héroïne a été retrouvé à l’intérieur du 4x4. Sur ladite vidéo qui fait le buzz, on ne voit pas les policiers ouvrir les portières de ce puissant tout-terrain.

 

Vimen Sabapati répond d’une accusation provisoire de trafic de drogue. Son entourage précise qu’il n’a jamais eu de démêlés avec la justice pour délit de drogue, qu’il a un «clean record» : «Seki nou kone seki li ena zis enn ti case assault.» Selon son entourage toujours, le principal concerné peut justifier son train de vie extraordinaire. Certains se demandent comment «enn sinp marsan roti» a pu gravir ainsi les échelons. D’ailleurs, les images de sa belle maison à Vacoas, publiées après son arrestation, font beaucoup jaser. Ainsi que le fait qu’il roule en Range Rover et en Ford Raptor. Vimen Sabapati est aussi quelqu’un qui soigne son look. Il ne porte que des vêtements griffés et des chaussures de marque.

 

«Eski sa bann dimounn ki pe koz move koze lor Vimen-la kone ki piti-la inn mari trase pou li arive dan lavi ? Li ena enn fast-food. Li donn kour muay-thai. Li dan enn konpagni sekirite ki spesialize dan proteksion bann VVIP. Sa konpagni lamem abitie gagn tou gro kontra kan bann gran artis vinn sante dan Moris. Li ousi ena labitid zwe. Li ena plizier resi kot linn gagn gro gro kas dan zwe lekours ek betting football», precise son entourage. Depuis qu’il se savait surveillé par la SST, Vimen Sabapati avait également pris ses distances de l’équipe qui assurait la garde rapprochée de Navin Ramgoolam lors de ses sorties publiques.

 

En tout cas, aux Casernes centrales, les bruits courent selon lesquels les limiers de la SST «pa pe kas latet ek bann palab ki dimounn pe fer lor planting». Selon nos sources toujours, les images de Safe City de Port-Louis devraient permettre d’établir toute la vérité sur la question.

Publicité