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9 août 2016 14:54
5 août 2016. Guiyanni Clémentine fête son 19e anniversaire. Il est heureux, insouciant, le regard tourné vers l’avenir. Pour l’occasion, sa tante Christine Clémentine lui a préparé un bon déjeuner qu’il partage gaiement avec ses amis les plus proches. «Il voulait avoir un bon salmi de poulet à table ainsi que des fruits de mer. Et c’est ce que j’avais préparé. Il était très heureux avec ses amis ce jour-là. Il avait des rêves plein la tête», confie Christine Clémentine, d’une voix sourde. Les larmes aux yeux, elle n’arrive pas à croire que c’était l’un des derniers moments qu’elle passait avec ce jeune homme débordant d’énergie. Guiyanni Clémentine a succombé suite à un terrible accident dans la soirée du vendredi 5 août, à Route de Pamplemousses, Sainte-Croix.
Orphelin de mère, Guiyanni était allé rendre visite à son père à Baie-du-Tombeau et rentrait à Sainte-Croix, chez sa tante et son oncle, chez qui il habitait, lorsque le drame s’est produit. La moto sur laquelle il se trouvait avec son ami et voisin Jean-Paul Ricaud, bientôt 16 ans, a terminé sa course contre un parapet. «Le cousin de Guiyanni était avec eux ce jour-là. Il était sur une autre motocyclette et les avait devancés car ils avaient dû s’arrêter à un feu rouge. Le cousin en question les attendait plus loin. Mais plusieurs minutes après, ne les voyant pas arriver, il a fait demi-tour et c’est là qu’il les a vus gisant inertes sur le sol», raconte Christine Clémentine qui n’arrive toujours pas à croire que son neveu n’est plus de ce monde. Mandé sur les lieux, le personnel du SAMU n’a pu que constater le décès de Guiyanni Clémentine et de son ami Jean-Paul Ricaud.
À Le Cornu, Sainte-Croix, d’où sont originaires les deux jeunes, la petite localité est sous le choc de ce double drame. Tous se préparent à dire adieu à ces deux amis, qui étaient très proches de leur vivant, ce dimanche 7 août à 11 heures, à l’église de Sainte-Croix. Pour les familles de Guiyanni et Jean-Paul, la peine est insurmontable depuis le drame.
Chez les Clémentine, la terrible nouvelle a eu l’effet d’une bombe quand elle est tombée vers 23h15. Brisant en miettes les cœurs de tous les membres de cette famille, qui adoraient Guiyanni et ne pouvaient croire qu’il soit parti si jeune. Pratiquement au même moment chez les Ricaud, des amis du jeune homme frappaient à la porte afin d’annoncer la terrible nouvelle à ses parents. «Ils nous ont dit qu’il était grièvement blessé. Ma fille est allée sur place en compagnie de son époux. Elle a vu mon fils inconscient au sol. Il gisait dans une mare de sang et avait déjà rendu l’âme», souligne Edley, le père de la victime, tristement. Il s’efforce tant bien que mal de contenir ses émotions afin d’épauler sa famille dans cette dure épreuve.
Ce soir-là, relate-t-il, son fils Jean-Paul avait quitté la maison vers 22h30 pour aller s’acheter un kebab. «Il y avait du poisson pour le dîner. Comme il n’en est pas très fan, il m’a demandé la permission de sortir pour aller acheter un kebab. Il m’a simplement demandé de lui donner une pièce de Rs 10. Ensuite, son ami Guiyanni est venu le récupérer à la maison. C’était la dernière fois que je voyais mon fils. Notre famille est anéantie», lâche ce père complètement dévasté.
Étudiant en Form III au collège Bhujoharry, à La Tour Koenig, Jean-Paul Ricaud croquait la vie à pleines dents. «Il ne savait pas encore dans quoi il allait se lancer à l’avenir et quel métier il allait choisir. Il étudiait tout simplement et profitait de la vie», explique le père du jeune homme. Dans la journée du 5 août, Jean-Paul avait rendu visite à sa grand-mère qui habite la même localité et l’avait aidée à accomplir quelques tâches ménagères. «Une fois rentré, il avait pris sa douche et était allé voir des amis pour une partie de ‘‘carrom’’. Il profitait pleinement de ses derniers jours de vacances avant la rentrée scolaire.» Benjamin d’une fratrie de trois enfants, il allait fêter ses 16 ans le 9 août. Mais la vie en a décidé autrement.
Guiyanni Clémentine, lui, avait un avenir tout tracé devant lui. Le jeune homme, qui travaillait dans le domaine de l’aluminium, voulait monter sa propre affaire dans ce même secteur. «C’est l’un de ses oncles qui l’avait initié à ce métier. D’ailleurs, ils travaillaient ensemble. Et Guiyanni suivait même des cours dans ce domaine afin de se perfectionner avant de monter son atelier de travail. D’ailleurs, il devait obtenir son diplôme en décembre de cette année»,précise Christine Clémentine, les larmes aux yeux.
La police a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes, cet énième accident de la route mortel. Entre-temps, les proches des deux jeunes hommes tentent en vain d’accepter l’horrible drame qui les touche en plein cœur.
Il appelle le public en général à être plus responsable sur la route. Lors d’une cérémonie de distribution d’insignes à 571 policiers pour long service méritoire, le samedi 6 août, aux Casernes centrales, le commissaire de police Mario Nobin a déclaré que la police mène actuellement une campagne intense à travers l’île concernant la sécurité routière. Cette campagne, dit-il, se fait avec la collaboration des policiers qui sont déployés dans des zones stratégiques et sensibles du pays afin de faire respecter le code de la route. Il a cependant attiré l’attention de l’assistance sur le fait que les piétons doivent également redoubler de vigilance sur la route. «Les automobilistes ainsi que les piétons doivent se montrer du respect et de la courtoisie les uns envers les autres pour éviter les accidents», a-t-il déclaré.
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