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16 mars 2015 06:17
«À chaque grosse pluie, la maison se transforme en passoire.» Une situation qui dure depuis trop longtemps, déplore Sylvie Jérôme, 54 ans. Pourtant, elle a frappé à plusieurs portes en vue d’arranger les choses. En vain. Du coup, c’est vers la presse qu’elle se tourne pour raconter son calvaire. Lorsque nous la rencontrons à son domicile, à Tamarin, le jeudi 12 mars, elle n’a pas le cœur à fêter le 47e anniversaire de l’Indépendance de Maurice. D’ailleurs, le quadricolore ne flotte pas sur le toit de sa maison.
Serpillière en main, les vêtements complètement trempés, elle a passé toute la matinée à retirer l’eau de sa maison. Celle-ci, vieille de presque 25 ans, suinte de partout. «Le matelas est trempé. On n’a pas dormi depuis plusieurs jours à cause des averses», souligne Sylvie qui vit avec sa mère Gisèle et ses neveux, âgés de 8 ans et 4 ans – la quinquagénaire a recueilli ces derniers suite à la séparation de leurs parents.
Drain obstrué
À certains endroits de la maison, des trous énormes sont apparus dans le béton. «L’eau filtre à travers ces trous. Quand il pleut, on n’a aucune solution pour empêcher l’infiltration. Lorsque la terre est saturée, l’eau se fraie un passage et nous en souffrons terriblement. C’est aussi à cause d’un problème de drain obstrué», explique notre interlocutrice.
Elle a même eu à se débarrasser de quelques meubles abîmés par les fortes averses. C’est le cas de son armoire qu’elle a remplacée par un placard encastré dans du béton. «À cause de cette situation, je ne cesse de faire le va-et-vient à l’hôpital en raison d’un rhumatisme que j’ai fini par développer. Mes neveux sont souvent malades. Ils ont des problèmes respiratoires. Ma mère également en souffre. Nous vivons un vrai calvaire», soutient Sylvie.
Un scénario semblable se déroule quelques pas plus loin. La cour de Franchette Ducasse, 61 ans, est inondée. Et l’eau stagne pendant des semaines. «Les pompiers refusent de pomper l’eau qui se trouve dans la cour. Ils enlèvent uniquement l’eau des maisons», s’indigne-t-elle. Grand-mère de 20 petits-enfants qui vivent tous dans cette cour familiale, elle craint pour leur santé. Quelques-uns d’entre eux, que nous avons rencontrés, ont des boutons sur tout le corps : «Ils ont des infections de peau à cause de cette eau qui stagne et qui pue terriblement. On ne peut pas toujours les surveiller. Ils finissent par être en contact avec cette eau pleine de microbes. Nous prenons soin d’eux, mais la guérison prend du temps. Le pire, c’est qu’ils rechutent à chaque fois.»
Deux maisons en tôles sont plantées sur ce terrain qui a tout l’air d’un marécage. L’une d’elles est en très mauvais état. «Elle coule de partout. Il faudra la raser et construire une nouvelle maison. Mais nous n’avons pas l’argent requis», concède Franchette. Mais pour l’heure, son principal souci demeure l’accumulation d’eau dans sa cour.
La solution à ce problème ? «La construction d’un drain. Nous avons frappé à plusieurs portes, dont celles du président de village, du District Council, des députés de la circonscription, entre autres. On attend toujours», explique-t-elle.
Sylvie Jérôme a aussi fait appel aux autorités qui ont effectué une visite des lieux. Elle attend toujours qu’une solution soit trouvée. Pour l’instant, Franchette et elle bénéficient de l’appui de la travailleuse sociale Marie-Anne Laganne qui suit la situation de près. «Ces personnes vivent dans des conditions inhumaines. Elles ne sont pas les seules à faire face à ce genre de situations dans la localité. De Tamarin à Rivière-Noire, c’est le même problème en temps de pluie. C’est le moment d’agir», soutient Marie-Anne Laganne.
En attendant, Sylvie, Franchette et d’autres familles touchées par les fortes averses vivent un véritable calvaire.
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