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JIOI 2023 - Les absents : loin des Jeux près du cœur

28 août 2023

Ils ne sont pas de la fête à Madagascar cette année. Les raisons sont variées pour la para-athlète Noemi Alphonse, le hurdler Jérémie Lararaudeuse, l’haltérophile Roilya Ranaivosoa et le footballeur Pascal Colin. Mais, une chose est sûre, tous auront les regards tournés vers la Grande île pour suivre et soutenir à fond les sportifs qui défendent le quadricolore mauricien lors de ces Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI).

 

Porte-drapeau quadricolore et médaillée d’or en para-athlétisme en 2019 à Maurice, Noemi Alphonse est actuellement en Suisse où elle peaufine sa préparation en vue de sa participation à la Diamond League, jeudi, à Zurich. Renoncer aux JIOI est un choix qu’elle devait faire, même si elle aurait aimé être présente à Madagascar. Elle a cédé sa place à Brandy Perrine pendant qu’elle tentera de faire honneur au pays à l’échelon mondial.

 

«Mes amis et l’ambiance au sein de la délégation me manquent, mais je ne pouvais être à deux endroits en même temps. Je souhaite bonne chance à Brandy, ainsi qu’à toute la délégation mauricienne. Les Jeux restent un moment important de votre carrière, profitez au maximum et donnez le meilleur de vous-même pour l’honneur de la patrie. Aux jeunes, ne dites pas que si ça ne se passe pas, c’est à refaire dans quatre ans. Il se peut, comme moi, que vous ne soyez pas de la partie, vous-vous êtes sacrifiés pour faire partie de cet événement, engranger le plus d’expérience possible pour la suite», lance la vice-championne du monde.

 

Malgré ses entraînements, la Mauricienne est impatiente d’entendre le Motherland résonner à Tana. «Malgré la distance qui nous sépare, je vais suivre le déroulement des compétitions. Je suis un peu triste de ne pas vivre ces émotions, mais je suis fière qu’après moi, une autre para-athlète, Anndora Asaun, ait été choisie pour être le porte-drapeau. Cela montre que les sacrifices des handisportifs sont reconnus», souligne Noemi Alphonse, qui sera au départ du 1500 T54 féminin jeudi à Zurich.

 

Il n’y a pas pire qu’une blessure pour tout chambouler. Jérémie Lararaudeuse en a fait les frais, dimanche dernier, aux Mondiaux d’athlétisme de Budapest en Hongrie. Une blessure au biceps fémoral prive le champion en titre du 110m haies de défendre son titre aux JIOI. «Je suis déçu de ne pas pouvoir vivre ces Jeux avec la délégation mauricienne. Ça fait un pincement au cœur de ne pas être en mesure de donner le meilleur de moi-même sur les trois compétitions majeures de cette année. Ça a été un peu la galère surtout avec cette blessure, mais je reste positif», commente le jeune homme.

 

De retour à Nantes en France, le hurdler mauricien se concentre sur sa guérison et espère être de retour, à partir du mois d’octobre, pour pouvoir se préparer en vue de la nouvelle saison avec en ligne de mire Paris 2024.

 

Entre-temps, il se met en mode «Allé Moris». «J’espère que le 110m haies sera remporté par un Mauricien même si la concurrence sera rude avec la présence du Mahorais Mohamed Raphael qui court dans les 13 secondes. J’aurais une attention sur mes amis Jeremy Cotte au 400m, Noa Bibi sur le 100m et 200m, Geremy Pierrus au 400m haies et Joshan Vencatasamy au 200m et 4x100m, entre autres», avance notre interlocuteur.  Il encourage ses pairs à profiter le plus possible de ces JIOI. «Ces Jeux restent un moment unique dans sa carrière. Il faut savourer ce plaisir de pouvoir représenter son pays. C’est aussi un palier à franchir parmi tant d’autres qui vont se suivre les uns après les autres», confie le Curepipien. 

 

Le douzième homme

 

Le footballeur Pascal Colin a, lui aussi, dû déclarer forfait pour cette compétition. La faute à une blessure à la jambe au pire moment. Lui qui rêvait de pouvoir participer enfin à ces Jeux pour deux raisons. D’abord pour aider le Club M dans sa quête de médaille d’or et d'être aux côtés de son frère aîné, le boxeur Richarno, qui dispute sans doute ses derniers JIOI. «C’est une blessure qui a surgi au mauvais moment, et c’est des choses qui arrivent dans la carrière d’un sportif. C’est donc la deuxième fois que je rate les JIOI, car, en 2019, l’heure n'était pas encore venue pour moi d'être en sélection. C’est la volonté de Dieu qui nous met à rude épreuve pour nous faire revenir plus fort. Je vais sortir grandi de cette déception. Je suis un soldat à terre,  mais d’autres soldats vont assurer la mission», souligne le footballeur du Cercle de Joachim.

 

Il sera donc devant les écrans pour suivre le parcours du Club M et aussi la performance des autres sportifs mauriciens. «Je serais le douzième homme à la maison. L'équipe de football a de bonnes chances d’aller très loin, car il y a eu beaucoup d'amélioration à partir du travail mis en place par le staff technique. Mo pan al Mada mais Mada pou vine vers moi. Enn Colin pa la mai grand Colin lamem. Je suis convaincu que Richarno va faire honneur au pays», martèle notre interlocuteur.

 

L’absence de l’haltérophile Roilya Ranaivosoa sera très remarquée en terre malgache. Les circonstances ont fait que cette légende du sport mauricien ne soit pas de la fête. «Toute chose a un commencement et une fin. Je suis fière de ce que j’ai accompli et fait pour le sport mauricien. Je continue à poursuivre mes rêves la tête haute. Ces JIOI sont pour moi une façon d’unir ma famille mauricienne et malgache dans la diversité et l’humilité du sport. Ça me touche beaucoup, car mes premiers Jeux des îles étaient à Madagascar en 2007. Même si je ne suis pas présente, je reste quand même fière et chanceuse d’avoir mon époux qui participe à ce beau rendez-vous», commente la multiple championne.

 

Elle sera à fond derrière les quadricolores. Elle demande aux sportifs de ne point se laisser intimider par l’adversaire et le public et de se donner à fond pour atteindre leurs objectifs. «Vous avez passé le plus dur avec les entraînements et vous êtes arrivés à Madagascar pour défendre vos couleurs. Ne vous laissez pas impressionner. Rester concentrés et donner le meilleur de vous-même avec courage et honneur car vous êtes des CHAMPIONS !» recommande la dame de fer. Un message repris en chœur par ces supporteurs pas comme les autres.

 

Qadeer Hoybun et Rehade Jhuboo

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