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Journée mondiale de la sage-femme

5 mai 2014

Rosy Alcide exerce le métier de sage-femme depuis presque 16 ans.

Elle parle de son métier comme on déguste un gâteau. Avec gourmandise et passion. Car pour elle, être sage-femme est avant tout une belle aventure qu’elle ne se lasse pas de vivre depuis plus d’une dizaine d’années. Pourtant, rien ne laissait  présager que cette ex-enseignante, originaire de Rodrigues, allait un jour, toucher la vie du bout de ses doigts ! «Après le secondaire, j’ai postulé pour plusieurs emplois dans le gouvernement. J’ai saisi la première opportunité qui s’est présentée à moi, être enseignante. Mais je n’avais aucun plaisir à faire ce boulot. Et lorsque j’ai été sélectionnée pour être sage-femme, j’ai tout de suite accepté. Après les cours à Maurice, je suis retournée à Rodrigues où j’ai exercé pendant six ans», confie Rosy Alcide, sage-femme à la clinique du Bon-Pasteur, à Rose-Hill. 

 

À l’époque, dit-elle, pratiquer un accouchement dans un centre de santé était chose courante. «Les accouchements ne se faisaient pas exclusivement dans les hôpitaux mais dans des centres de santé également. Et c’étaient les sages-femmes qui assuraient tout, de A à Z. Sauf en cas de complication où la présence d’un médecin était primordiale.» En ces temps-là, avoue Rosy, il fallait faire avec les moyens du bord, l’échographie étant pratiquement inaccessible dans l’île. «Un jour, j’ai fait accoucher une femme dont le bébé présentait une malformation. Ni la mère ni le personnel n’était au courant car il n’y avait pas d’échographie. Cela a été un choc énorme pour moi. J’étais très peinée pour la maman et le lui annoncer a été très dur», raconte Rosy qui, après s’être mariée à un Mauricien, a démissionné de son boulot pour s’installer à Maurice.

 

«J’ai repris le boulot quelques temps après avoir mis au monde mes deux enfants. J’exerce le métier de sage-femme à la clinique du Bon Pasteur, depuis presque 16 ans. J’accompagne les femmes durant leurs grossesses, lors de l’accouchement qui se fait en présence d’un médecin et après également.» Et c’est dans une ambiance familiale que Rosy Alcide exerce son métier. «On privilégie la chaleur humaine. On rassure la future maman, on la met en confiance avant l’arrivée du bébé. Et bien sûr, il y a tout un suivi après la naissance. On prend la maman et le bébé en charge. J’ai également eu la chance d’assister à un accouchement dans l’eau qui a eu lieu à la clinique l’année dernière. Le métier de sage-femme est noble, il faut le faire par vocation car il requiert une bonne dose de patience aussi.» Demain, elle sera à la maternité de la clinique du Bon Pasteur pour toucher une fois de plus à la vie… du bout des doigts. 

 

Yvie Mélisse, 69 ans, aujourd’hui à la retraite, n’a, quant à elle, pas oublié une miette de son expérience de sage-femme. Car pour elle, c’est avant tout une histoire de famille. C’est tout naturellement qu’elle a suivi les traces de sa grand-mère, de sa mère et d’une de ses tantes. «Elles faisaient toutes le métier de sage-femme. Très jeune, je les accompagnais et j’assistais aux accouchements. Je les regardais faire avec admiration. Puis, je leur ai emboîté le pas. J’ai suivi un cour de sage-femme à l’hôpital. J’ai fait accoucher plusieurs mamans de ma localité. D’ailleurs, je suis très fière lorsque je croise les enfants que j’ai aidé à mettre au monde», souligne Yvie, une habitante de Bambous. 

 

D’ailleurs, c’est à son domicile, aidée de sa mère et de sa grand-mère, qu’elle a mis au monde ses cinq enfants. «Je ne voyais pas la nécessité d’accoucher à l’hôpital car j’étais entre de bonnes mains chez moi. Ma grand-mère m’a aidée à accoucher de mon premier enfant et ma mère s’est occupée de moi lors de mes deuxième et troisième accouchements», relate-t-elle. Mais pour les deux derniers, elle s’est débrouillée seule. «J’ai accouché de mes deux derniers enfants, à la maison, sans aucune aide. J’ai accouché toute seule, sans avoir eu besoin d’aller à l’hôpital. D’ailleurs, je n’ai jamais eu besoin d’aller là-bas après mes accouchements. Ma mère et ma grand-mère se chargeaient de tout. Elles coupaient le cordon ombilical et s’occupaient du reste.»

 

Si aujourd’hui Yvie ne pratique plus le métier, elle en a gardé de merveilleux souvenirs. Car être une fée de l’accouchement n’est pas donné à tout le monde. 

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