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15 juin 2015 13:23
La découverte macabre de Belle-Rive mobilise plusieurs unités de la police. Pour le moment, les éléments de la Major Crime Investigation Team et leurs collègues privilégient la thèse accidentelle. Plusieurs faits accréditent cette thèse, notamment la découverte d’un générateur dans la pièce où se trouvaient les défunts et les rescapés. Les enquêteurs ont toutefois recueilli tous les autres objets se trouvant sur le site. Ceux-ci ont été envoyés au Forensic Scientific Office pour des analyses.
L’histoire débute le vendredi 12 juin vers 17h30, lorsque des personnes sont retrouvées inconscientes au kalimaye Chinamastha Maha Kali Sthann à Belle-Rive. Elles sont toutes transportées à l’hôpital de Flacq où le décès de quatre d’entre elles est constaté. Le rapport des autopsies pratiquées par les docteurs Gungadin, Monvoisin et Chamane indique que les victimes sont décédées d’intoxication au monoxyde de carbone.
Les rescapés sont admis à l’hôpital où ils sont placés en observation. Interrogé à chaud, le guru Devanand Mannick explique aux policiers qu’il a organisé et commencé une séance de prières le jeudi 11 juin vers 19h30 au kalimaye. Après deux heures de cérémonie, les participants se sont reposés à même le sol car ils ne se sentaient pas bien. Ils se seraient ensuite tous endormis.
Le guru souligne que c’est Sanjay Seebarrun qui les a tous transportés à l’hôpital. Cet habitant de Saint-Julien-d’Hotman serait un proche d’un des disciples. Il s’était rendu sur place avec d’autres volontaires. La version du guru correspond à celles de sa fille Pouspam, de Salonee Ramnath et de Girish Hemraz, trois autres rescapés. Dans leurs dépositions respectives, les deux femmes expliquent qu’elles ne savent pas comment elles ont perdu connaissance. Elles affirment seulement qu’elles étaient en pleine séance de méditation lorsque cela s’est produit.
Tout laisse croire que c’est le générateur qui est à l’origine du drame. Ce soir-là, l’engin avait été placé à l’intérieur de la pièce qui n’est pas pourvue en électricité. Comme il faisait froid, toutes les fenêtres et la porte en aluminium étaient restées fermées. L’intoxication des personnes présentes s’expliquerait ainsi par les émanations de monoxyde de carbone venant du générateur. Les enquêteurs vont toutefois effectuer des analyses sur l’appareil pour être fixés. Ils n’écartent aucune piste, y compris la thèse d’un éventuel suicide collectif.
Ce gaz indétectable est émis lors de la combustion incomplète de bois, gaz, charbon ou essence. Il est inodore, invisible et non irritant. Après avoir été respiré, il prend la place de l’oxygène dans le sang et provoque maux de têtes, nausées, fatigue, malaises ou encore paralysie musculaire. Son action peut être rapide ; dans les cas les plus graves, il peut entraîner en quelques minutes le coma, voire le décès. Il est ainsi conseillé de ne jamais placer de groupe électrogène et autres équipements comme les chaudières et les générateurs, dans un lieu fermé – maison, cave, garage. Ceux-ci doivent impérativement être installés à l’extérieur des bâtiments.
Tout s’est enchaîné. Vendredi soir, les choses ont évolué très vite à partir du moment où la police est arrivée sur les lieux où quatre personnes sont mortes pendant une séance de méditation. Les corps des victimes ont été acheminés à l’hôpital de Candos pour y être autopsiés, pendant que les six rescapés du drame étaient conduits à l’hôpital de Flacq. Vers minuit, le Scene of Crime Office (SOCO) a quitté le site après l’avoir mis sous scellés. Un peu plus tard, les autopsies pratiquées par le département médico-légal de la police ont attribué la cause des décès à un empoisonnement au monoxyde de carbone.
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