Publicité
30 octobre 2022 14:06
Beaucoup d’émotions en ce vendredi 28 octobre. C’est ce jour-là qu’ont eu lieu les funérailles de Jacques Emmanuel Bill, plus connu comme Ras Mayul. Un nom incontournable du reggae et du seggae sur le plan local, qui nous a quittés le mardi 25 octobre des suites d’un cancer des poumons. Il avait 67 ans (il aurait eu 68 ans le 11 novembre) mais aussi et surtout une riche carrière qui s’étale sur près de quatre décennies, avec des chansons-phares comme Simin Laverite et Zenfan Toukouler.
Mais au-delà de l’artiste, il y avait l’homme, le père de famille (cinq enfants et sept petits-enfants) et l’époux de Marie-Noelle Bill. C’est de cet homme dont nous parle d’abord son fils Jacob Bill (nom d’artiste Solda Nast), 24 ans, qui est aussi dans la musique avec son grand frère Lion Man. «Il pouvait être sévère mais aussi doux, tout dépendait de la situation. Mais surtout, papa avait un code de vie et nous sommes fiers, nous, ses cinq enfants, de constater qu’il nous a toujours gardés sur un bon chemin. Il nous le disait très franchement s’il n’était pas d’accord avec nos choix, tout en nous guidant toujours vers les meilleurs.»
L’un de ces bons chemins est évidemment la musique. «Je dirais plus qu’il nous a partagé le goût et la passion pour la musique, vu que nous faisons un style différent du sien. Mais sur ce point aussi, notre père nous donnait toujours de bons conseils sur la direction à prendre musicalement, que ce soit au niveau des textes, de la musique ou autre», souligne Solda Nast.
Pas du tout un pied cassé dans le domaine ce Ras Mayul ! Il a fait ses premières armes avec un autre grand du seggae. Eh oui ! Avant de fonder son groupe Alpha Omega, on l’a surtout vu aux côtés de Ras Natty Baby et des Natty Rebels. Par la suite, c’est fort d’un gros bagage artistique et musical qu’il nous a proposé les albums Kantik, 10 Komandemen, Souvenir Mama et Flash Mizikal. Très porté par la culture rastafari, dénonçant sans cesse les méfaits de Babylone et prônant avec tout autant d’énergie le vivre-ensemble, Ras Mayul respirait les bonnes énergies, comme nous le constations à chaque fois que nous allions à sa rencontre.
Et puis, Ras Mayul, c’est énormément de collaborations avec tellement d’artistes : Tian Corentin, Blakkayo, Bruno Raya (qui le fera participer au Festival Reggae Donn Sa en 2006 et produira son album A nou viv en 2004) et tellement, tellement d’autres.
Il partagera ses bonnes énergies jusqu’à la fin, malgré la souffrance. Son fils nous le confirme en évoquant ses derniers instants, des mois très durs pour toute la famille. «C’étaient des va-et-vient incessants entre plusieurs hôpitaux, Candos, Medpoint, la maison, avec en plus des traitements durs et lourds pour combattre cette sale maladie. Et même si on voyait que papa faiblissait graduellement, il nous disait de tenir bon, de prendre courage. C’est ce qu’il disait aussi souvent à ma mère qui l’accompagnait tout le temps», continue Solda Nast. Il cite aussi le courage de son père lorsqu’il avait dû demander de l’aide après que sa maison à Richelieu avait été ravagée par le cyclone Gamede en 2007.
Malgré le deuil douloureux, les frères Solda Nast et Lion Man pensent au futur, surtout à l’hommage musical à venir pour ce père tant apprécié, sans oublier son nouvel album, Lil San Loi, qu’il a heureusement pu terminer : «Nous allons, bien sûr, lui rendre un bel hommage. L’année prochaine, mon nouvel album devrait sortir vers la St-Valentin, et même si nous faisons un style très différent de celui de notre papa, nous n’allons pas l’oublier ; nous devions d'ailleurs enregistrer un ou deux morceaux en studio pour son album. Cela n’a pu se faire compte tenu de sa santé devenue trop fragile mais il a tout de même pu finir ce nouvel album qui sortira bientôt, probablement le jour de son anniversaire.»
La relève Mayul semble bien assurée…
Publicité