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Rayyan Deedarun, 13 ans, meurt deux semaines après un accident - Le douloureux adieu à un ado «populaire» et «débrouillard»

1 novembre 2022

Ses dernières paroles à son père ont été : «Pa, mo pe mor», la main posée sur son estomac. Ces mots, Rayyan Deedarun, 13 ans, les a prononcés peu avant d’être conduit à l’hôpital le 13 octobre. Il venait tout juste d'être victime d'un accident de la route et était encore allongé sur l’asphalte, grièvement blessé. Ce jour-là, il a perdu connaissance dans la voiture, en chemin vers la clinique, et a sombré dans un coma duquel il ne s’est jamais réveillé. Il a poussé son dernier soupir dans la matinée du samedi 29 octobre à l’hôpital Jeetoo, où il avait été transféré, n’ayant pu être réanimé après un troisième arrêt cardiaque. Lors de l’impact, il a eu la rate et le foie endommagés, et a reçu un violent coup à la tête.

 

Rayyan, qui allait célébrer son 14e anniversaire le 3 décembre, était très «débrouillard» et aimait rendre service, selon son entourage. Ce sont ces traits de caractère qui reviennent à chaque fois que ceux qui l'ont côtoyé parlent de lui. D’ailleurs, le jour de son accident, c’est toujours avec l’idée de faire plaisir aux membres de sa famille que le jeune habitant de Caro Lalo, Vallée-des-Prêtres, s’était rendu à la route des Pamplemousses, à Plaine-Verte, accompagné d’un ami. Nizam Vavra, le frère de sa grand-mère, qu’il considérait comme son grand-père, confie : «Nous étions en plein préparatifs pour les fiançailles de sa sœur. Nous étions en train de préparer du halim et des gato pima ; il s’était rendu à la boutique pour nous ramener du pain.»

 

Rayyan était le passager en croupe d’un deux-roues conduit par son bon ami Sultan, 18 ans. Tous deux suivaient ensemble des cours d’islam. L’accident s’est produit lorsque la moto a fait une sortie de route et terminé sa course contre une fourgonnette. Alertés, les membres de leur famille respective se sont aussitôt rendus sur place. Le conducteur, hospitalisé après le drame, s’en est sorti avec de légères blessures et a pu rentrer chez lui après avoir reçu les soins nécessaires, alors que l’adolescent a eu moins de chance. À l’heure où nous mettions sous presse, le motocycliste n’avait pas encore été informé du décès de son ami, laissait entendre la famille.

 

Les jours ayant suivi l’accident ont été très difficiles pour la famille de Rayyan. «Ses parents avaient gardé espoir qu’il s’en sorte jusqu’au bout mais j’étais déjà conscient que ses chances de survie étaient minimes. Cinq jours plus tôt, il avait fait deux arrêts cardiaques et les médecins avaient pu le réanimer.» Ce samedi 29 octobre, il a fait un troisième arrêt cardiaque et n’a, hélas, pu être sauvé. «J’étais à l’hôpital avec ses parents ainsi que ses oncles et tantes durant les heures de visite. Nous nous rendions à son chevet deux fois par jour depuis son accident. Nous nous trouvions sur place lorsque son cœur a lâché. Nou finn gagn enn sok», lâche Nizam Vavra. 

 

En Grade 8 au collège Labourdonnais, Rayyan était l’unique fils de Nooreen et Nagib, également parents de deux filles, âgées de 19 et 15 ans. Le couple avait fondé en leur fils beaucoup d’espoir. Leur famille, réputée pour la vente de poissons depuis plusieurs générations, espérait le voir reprendre le commerce familial à l’avenir. «Tous les dimanches, il aidait son père. Li ti pe fini prepar tou la vey. Li ti pou la relev dan biznes so fami. C’était un adolescent exemplaire, populaire, un véritable modèle, quelqu’un d’extraordinaire et brillant. Il était très présent pour sa famille et respectait ses aînés», confie Imran Vavra, l’oncle de son père, en larmes. «Lorsque je venais leur rendre visite durant les week-ends, il m’aidait toujours à laver la voiture et à passer l’aspirateur. Depi li ti admet, nou finn pas de semenn dan nwar, ale vini lopital toulezour. Li les enn gran vid dan nou fami.»

 

D’après l’entourage du jeune homme, les médecins ont fait de leur mieux pour le soigner. «Zot finn fer tou le neseser me pann kapav fer nanye. Bondie finn desid otreman, nou pa kapav lager kont nou kreater. Li difisil me nou bizin aksepte», lâche notre interlocuteur qui lance un appel pour que le gouvernement s’investisse davantage dans le domaine de la santé. Cela, afin que les premiers soins puissent être apportés à tous les blessés après un accident.

 

De son côté, Nizam Vavra tient à «remercier de tout cœur les membres du personnel médical de l’hôpital Jeetoo pour leur dévouement». «Nous savons qu’ils ont fait de leur mieux. Nous remercions également tous ceux qui nous ont apporté leurs encouragements et qui ont prié pour Rayyan durant son hospitalisation.»

 

Les funérailles de l’adolescent ont eu lieu le samedi 29 octobre. Il laisse derrière lui une famille terrassée par la douleur...

 

Elodie Dalloo et Stephanie Domingue

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