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Une joviale chorale papale

9 septembre 2019

Ils s’affairent. Depuis des mois. Près de 180 personnes composent la chorale qui sera en action pendant la grande messe papale ce lundi 9 septembre. Celle-ci regroupe pas moins de neuf paroisses de Port-Louis. Une décision de l'évêché qui a confié la responsabilité de cette chorale à Gilles Joomun qui a déjà officié lors de grands événements, comme en 2016 lorsque Maurice Piat est devenu cardinal. C’est un «honneur», une «grâce» aussi, pour le principal concerné : «C’est, à coup sûr, un des plus grands moments de ma vie.»

 

Pour Gilles Joomun, le pape est comme «le guide suprême de l'Église (…) en plus d'être quelqu'un de disponible». À l'occasion de la messe que le saint-père célébrera à Marie-Reine-de-la-Paix, notre interlocuteur et la chorale ont prévu une surprise : «Les psaumes seront en français, kreol morisien, tamoul et espagnol. Le comité liturgique a également travaillé sur une liste de chants connus des Mauriciens, aussi bien en français qu'en kreol.»

 

Ainsi, depuis début juin, l'équipe a enchaîné les répétitions au Centre Ming Tek, avant de mettre le cap sur Marie-Reine-de-la-Paix. Et à chaque fois, la rigueur est de mise. «Après plus de deux absences, on demandait de ne plus venir. C'est du sérieux, on parle tout de même d'une messe officiée par le pape», explique le responsable de la chorale. Et Clifford Grenade, chef d’orchestre qui officie comme bassiste, d'ajouter : «C’est un gros défi pour nous tous. Heureusement, tout se passe bien, je suis accompagné de musiciens tout aussi chevronnés et passionnés que moi.» 

 

En ce dimanche 1er septembre, les répétitions battent leur plein au Centre Ming Tek. Les soprano, basses, altos et ténors se séparent. Tout le monde se concentre. On profite de l'occasion pour se faufiler, histoire d'avoir les ressentis des uns et des autres. Du côté des soprano, on tombe sur Elisa Chicorée, 22 ans, habitante de Tranquebar et membre de la chorale de la cathédrale St Louis. Pour cette employée de banque, faire partie de la chorale de la messe papale «est excitant. Je me sens privilégiée en tant que jeune et catholique. Et bien sûr, au fil des répétitions, on en apprend pas mal sur les techniques de chant aussi. Des choses que je ne connaissais pas».

 

Plus loin, la bonne humeur est au rendez-vous chez les basses. «Quand le pape Jean Paul II est venu à Maurice en 1989, c'était un événement extraordinaire, se souvient Sylvin Moutou, 50 ans, habitant de Pointe-aux-Sables, qui fait partie de la chorale de St Mathieu. Imaginez donc ma joie quand je me suis retrouvé dans la chorale qui va chanter pour la messe célébrée par le pape François ! C’est aussi un défi. Il y a du stress aussi (rires). Mais avec la foi, l’entente et une sacrée bonne organisation, il y a de quoi être heureux, confiants, que nous allons assurer.»

 

Très vite, l'ordre de rassemblement est donné. Allez, un dernier mot de la part des ténors. Pas le temps, peut-être tout à l'heure. Les voix et les musiciens se lancent. Place alors à des titres comme Ouver laport to leker de Laurent Rivet, Laglwar lao pli lao et Mo anvi dir twa mersi. 

 

Entre-temps, un des ingénieurs du son, Frédéric François, nous explique la disposition technique prévue à Marie-Reine-de-la-Paix. «C'est un énorme challenge, peut-être l'un des plus gros de ma carrière. Mais on sait comment s'y prendre. Notre seul ennemi, pour le moment, c'est le temps qu'il fera», s'inquiète-t-il.  

 

Il fait heureusement beau ce dimanche 1er septembre lorsque l’énergique chorale se déplace et prend ses marques à Marie-Reine-de-la-paix. Mais l'équipe n'est pas seule sur place. Il y a du beau monde qui s’affaire. Ici, certains installent les haut-parleurs. Ah, voilà les pères Georgy Kenny et Jean-Claude Veder, sans oublier aussi les cérémoniaux envoyés du Vatican, Jan Dubina et Diego Ravelli ! Ces derniers déplacent la chorale. Pas à droite mais à gauche. «La pression retombera vers 15h30 lundi, confie Gilles Joomun. Mais pour le moment, il y a du boulot !»

 

Entre-temps, certains ont quitté la chorale, pris par d’autres obligations. N'empêche, le reste s'affaire ! Dans un coin juste au bas de l’autel, les musiciens de monsieur Grenade prennent place. «Il fait chaud», lâchent-ils. Ils règlent, cadrent, accordent les instruments. L’ingénieur Frédéric François est toujours aussi busy. Il n’a pas le temps de papoter, il nous fait juste une petite salutation.

 

Une petite heure plus tard, c’est reparti avec Ouver laport to leker, Laglwar lao pli lao et Kyrie Eleison. On sent que la chorale est un peu plus à l'aise, même si le stress des jours qui précèdent la visite papale est palpable. Ce dimanche 1er septembre, les parasols sont de sortie. Mais attention, les consignes sont strictes pour le jour J : ils ne sont pas autorisés pour les membres de la chorale mais tout le monde portera un petit chapeau. En cas de pluie alors ? Imperméables et autres K-Way seront de sortie. Et durant toute la cérémonie, les papotages sont interdits et les téléphones portables doivent être éteints.

 

N'empêche, les sourires sont là, la bonne humeur aussi. C’est dans cette ambiance joviale que l’on quitte cette grande chorale. Et comme dit leur berger Gilles Joomun : «Vous n'aurez pas la même ferveur si vous regardez à la télé. Donc venez, priez et écoutez notre chorale !»

 

L'invitation est lancée !

 


 

Une chanson pour accueillir le saint-père

 

 

Elle s’intitule La force la prière. Et cette chanson, composée dans le cadre de la visite papale, est bien partie pour devenir populaire puisqu'elle a été concoctée par les incontournables Big Frankii, Sylvain Kaleecharan, Lioness Stacy, Christopher Warren Permal et La Nikita. Le clip a également été lancé en grande pompe le 30 août à la municipalité de Port-Louis. Celui-ci a été réalisé par Sada Rajiah et Désiré Prévost – qui, dans le passé, nous ont offert le long-métrage Le coup parfait –, avec le soutien de la Mauritius Film Development Corporation.

 


 

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