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Discrimination ou déséquilibre ?

Les femmes policières à Rodrigues face à un plafond de verre

27 février 2025

Une injustice qu’il compte dénoncer. Aurélien J.R. Oudin (BSc,LLB,MBA Hons), juriste, met le doigt sur ce qu’il qualifie «d’atteinte au principe d’égalité des chances».

Dans la République de Maurice, l'île Rodrigues occupe une place unique, non seulement en raison de son autonomie relative, mais aussi par les particularités sociétales qui la distinguent. Parmi celles-ci, une réalité troublante attire l'attention : les femmes policières de Rodrigues n'ont pas accès aux mêmes opportunités de promotion que leurs homologues mauriciennes.

Alors que les policières de Maurice peuvent aspirer au rang d'inspecteur, leurs consœurs de Rodrigues voient leurs ambitions plafonner au grade de Woman Police Sergent (WPS). Ce constat soulève des questions fondamentales sur l'équité, l'égalité des chances, et la reconnaissance des compétences au sein de la fonction publique.

Une réalité paradoxale

Rodrigues fait partie de la République de Maurice et est régie par les mêmes lois nationales. Théoriquement, cela signifie que les mêmes critères de promotion devraient s’appliquer uniformément à toutes les policières, quelle que soit leur localisation géographique. Pourtant, sur le terrain, les Rodriguaises se heurtent à une réalité bien différente.

Les règlements en vigueur à Rodrigues limitent les policières au grade de sergent. Cette situation pose des questions cruciales : s’agit-il d’une absence de volonté politique, d’une discrimination systémique ou d’une insuffisance de formation disponible localement pour justifier cela ?

Le poids des mentalités et des structures

Le plafond de verre auquel font face les femmes policières de Rodrigues ne peut être compris sans examiner les facteurs culturels et structurels. Dans une société encore marquée par des normes patriarcales, il n’est pas rare que les femmes soient perçues comme moins aptes à occuper des postes à responsabilité. Cependant, cette perception est contredite par l’engagement et les performances des policières rodriguaises, qui se montrent tout aussi capables que leurs homologues masculins ou mauriciens.

De plus, les conditions géographiques et administratives propres à Rodrigues pourraient également jouer un rôle. L’insularité et la relative autonomie administrative peuvent engendrer des disparités dans l’application des politiques nationales, ce qui pénalise les femmes.

Une injustice qui interpelle

Le manque d’accès des policières rodriguaises au grade d’inspecteur n’est pas seulement une question de carrière individuelle. C’est une atteinte au principe d’égalité des chances garanti par la Constitution mauricienne. Cela envoie un message troublant à toutes les femmes de Rodrigues : leurs efforts et leurs compétences ne seront pas reconnus à leur juste valeur.

Vers une réforme urgente

Pour corriger cette injustice, il est nécessaire d’entreprendre des actions concrètes :

  1. Uniformiser les critères de promotion : Les règles appliquées à Maurice doivent être rigoureusement respectées à Rodrigues.

  2. Investir dans la formation : Assurer que les policières de Rodrigues aient accès aux mêmes programmes de formation que leurs homologues mauriciennes.

  3. Sensibiliser les autorités locales : Promouvoir une culture d’égalité et de reconnaissance des compétences au sein des instances administratives de Rodrigues.

Conclusion

L’égalité des chances est un pilier fondamental de toute société démocratique. En privant les femmes policières de Rodrigues de la possibilité de progresser au sein de leur carrière, la République de Maurice manque à ses principes fondamentaux. Il est temps de briser ce plafond de verre et d’offrir à ces femmes l’opportunité de réaliser leur potentiel, pour elles, pour Rodrigues et pour l’ensemble de la nation.

**PAR AURÉLIEN OUDIN **

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