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Par Rehade Jhuboo
22 février 2026 14:47
La température va grimper dans le nord de Londres pour ce derby historique. Le leader de la Premier League doit se méfier de la réaction d'un adversaire désormais emmené par un nouvel entraîneur aux méthodes rugueuses.
C’est une situation presque unique dans l’histoire moderne du club. Comment un tenant du titre européen a-t-il pu sombrer si bas ? La saison dernière, Tottenham soulevait la Ligue Europa, un sacre qui devait marquer le début d’une nouvelle ère. Pourtant, l’euphorie a été de courte durée. Malgré ce trophée, la direction a pris la décision radicale de limoger Ange Postecoglou, jugeant les performances en championnat insuffisantes. Un choix qui a ouvert une période d’instabilité chronique, voyant défiler Thomas Frank, puis désormais Igor Tudor (voir plus loin), sans que le club ne retrouve une certaine régularité.
Comme lors de la dernière campagne, Tottenham déçoit grandement. La formation londonienne pointe actuellement au 16e rang de Premier League, avec seulement 5 points d’avance sur la zone rouge. Les Spurs sont en plein doute, comme en témoigne leur unique succès lors des 11 dernières journées (pour 4 nuls et 6 défaites). Le revers subi à domicile contre Newcastle (1-2) a d’ailleurs entraîné le limogeage de Thomas Frank, remplacé par le volcanique Igor Tudor. Paradoxalement, Tottenham montre un tout autre visage en Europe, ayant déjà composté son ticket pour les 8es de finale de la Ligue des Champions.
Si, lors de la phase aller, Tottenham a été sèchement battu devant les fans d’Arsenal (4-1), les supporters espèrent une revanche ce soir lors de ce bouillant North London Derby. La réception du leader est le moment idéal pour frapper un grand coup. Cette confrontation est la bataille la plus légendaire de la capitale entre Arsenal et Tottenham Hotspur. Si leur première rencontre remonterait à 1887, c’est le déménagement d’Arsenal à Highbury, quelque 30 ans plus tard, qui a véritablement lancé les hostilités. Ce match a été le théâtre de buts emblématiques, a vu défiler les plus grands noms du football anglais et a même été le témoin de titres de champion remportés sur le terrain de l’adversaire.
À l’ère moderne, le duel s’est souvent défini par la course à la Ligue des champions. Bien que le titre national leur ait parfois échappé, décrocher une place européenne est devenu une obsession, donnant lieu à des rencontres électrisantes et riches en buts. En termes de pur spectacle, ce derby ne déçoit jamais, d’autant que les Gunners tentent de conjurer le mauvais sort dans la course au titre, face à une équipe hôte en mission sauvetage.
En face, Arsenal ambitionne de s’adjuger un titre qui fuit le club depuis la saison mythique des «Invincibles» en 2004. La bande à Mikel Arteta truste la tête du classement avec 4 longueurs d’avance sur son dauphin. Un peu moins souverains ces derniers temps (voir plus loin), les Gunners ont été tenus en échec à Brentford (1-1) avant de voyager chez la lanterne rouge, Wolves, en milieu de semaine (2-2). Entre-temps, ils ont rappelé leur puissance de feu en étrillant Wigan en FA Cup (4-0).
L’enjeu de ce derby historique est simple. Arsenal court après sa gloire passée et doit reprendre sa marche victorieuse, tandis que Tottenham, champion d’Europe en titre mais blessé, joue sa survie. En termes de pur spectacle, on est rarement déçus.
Les derniers matchs des Gunners
0-0 contre Liverpool FC 0-0 contre Nottingham Forest Défaite 3-2 contre Manchester United Victoire 4-0 contre Leeds United Victoire 3-0 contre Sunderland AFC 2-2 contre Brentford FC 2-2 contre Wolves
Igor Tudor, un coach en mission

Les supporters du Tottenham Hotspur Stadium ne risquent pas de s’endormir. Nommé le 14 février dernier comme entraîneur intérimaire pour succéder à Thomas Frank, le technicien croate Igor Tudor a pour mission périlleuse de sortir les Spurs de la zone de relégation en Premier League, une place indigne de leur statut, et redonner une âme à un effectif en perte de repères. Réputé pour son tempérament volcanique et son exigence physique extrême, «Il Gigante» arrive avec une réputation de bâtisseur éclair, capable de transformer une équipe en quelques semaines. Mais peut-il vraiment réussir là où ses prédécesseurs ont échoué ?
Igor Tudor n’est pas un homme de longs fleuves tranquilles. Son parcours d’entraîneur, débuté en 2013 à l’Hajduk Split (où il remporte la Coupe de Croatie), est une succession de défis relevés à haute intensité, mais souvent de courte durée.
Après des passages contrastés en Grèce (PAOK) et en Turquie (Galatasaray), c’est en Serie A qu’il s’est révélé. À l’Udinese, il réussit l’opération maintien à deux reprises. Mais c’est au Hellas Vérone (2021-2022) qu’il frappe un grand coup, faisant du club l’une des attaques les plus prolifiques d’Italie (65 buts marqués) grâce à un pressing tout terrain.
En 2022-2023, il mène l’Olympique de Marseille à une solide 3e place avec un taux de victoire de 56,3 %. Malgré un jeu séduisant, il quitte le club après un an, invoquant une fatigue mentale. Son passage à la Lazio (2024) a été bref mais efficace (qualification en Ligue Europa), tandis que son récent retour à la Juventus en mars 2025 s’est terminé brutalement en octobre dernier après une série de huit matchs sans victoire.
Le technicien de 47 ans est réputé pour sa tactique rigoureuse avec un système souvent articulé en 3-4-2-1, basé sur un marquage individuel agressif et une débauche d’énergie constante. «Le jeu prime sur le résultat», affirmait-il lors de son passage à l’OM. Pour Tottenham, ce changement radical pourrait être le remède au manque de caractère actuel. Igor Tudor va disposer d’un effectif de qualité avec des profils comme Micky van de Ven, Cristian Romero ou encore la recrue Xavi Simons. Sa capacité à faire progresser les joueurs individuellement est reconnue, mais son management «à la dure» peut aussi heurter les égos d’un vestiaire déjà fragilisé. Va-t-il pouvoir provoquer un électrochoc dès aujourd’hui dans le derby du nord de Londres avec la venue du leader, Arsenal ?
Arsenal vacille-t-il ?
10 points sur les 21 possibles lors des 7 dernières rencontres. C’est le bilan qu’affiche Arsenal, leader de la Premier League. Dans un match décalé disputé mercredi soir, les Gunners ont concédé un nul (2-2) de dernière minute face à la lanterne rouge, Wolves. Avec ces pertes de points, une question commence à se poser : Arsenal peut-il encore remporter la Premier League ? Après avoir mené de deux buts face aux Wolves, les hommes de Mikel Arteta ont totalement perdu le contrôle de la rencontre en seconde période, incapables de conserver leur avantage. Furieux au coup de sifflet final, le technicien espagnol n’a pas mâché ses mots. «En seconde période, nous n’avons été au niveau dans aucun aspect des standards requis pour gagner un match en Premier League. Maintenant, nous en payons le prix.» Un constat brutal qui traduit une réalité préoccupante. «Trop de choses ont mal tourné les unes après les autres. Nous n’avons jamais eu la moindre domination ni le contrôle du match.»

Au-delà du simple nul, c’est aussi un symbole fort. Pour la première fois de l’histoire de la Premier League, l’équipe débutant la journée à la dernière place a évité la défaite contre celle qui l’avait entamée en tête après avoir été menée de deux buts. Alors que la course au titre entre dans sa phase décisive, la marge d’erreur se réduit semaine après semaine. Et avec ce nouveau faux pas, les Gunners voient leurs poursuivants revenir avec insistance. Le doute est-il en train de s’installer au pire moment de la saison ?
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